Par Fatma Zohra Hamza
L’Elysée a délibérément choisi de rester inerte et ne pas répondre aux revendications de centaine de milliers de français en colère -agriculteurs, fonctionnaires, gilets jaunes et lycéens- sorties pour l’acte II de la grogne sociale ; un choix mais surtout une tactique macroniste de pourrissement qui pourrait bien compromettre la survie de la V république.
Le président français Emmanuel Macron est accusé de mener une politique du pire, pour plonger la France dans le chaos, dans le but d'annuler les élections et de se maintenir au pouvoir. Sa stratégie du pourrissement consiste à laisser la situation s'envenimer sans réponse politique, tout en instrumentalisant la répression et en promulguant des lois discriminatoires.
Durant des années, le gouvernement, sous les ordres du président sortant Emmanuel Macron, pousse le mouvement social au pourrissement. Cette stratégie vise, selon les observateurs à fragiliser le processus électoral traditionnel et à légitimer au nom du retour à l'ordre constitutionnel, le maintien au pouvoir de la minorité présidentielle.
Les accusations explosives de l’ancien commandant de police Guy Sartory, ne laisse planer aucun doute ; « Tout ce qui est fait dégénérer les choses c’est du pain béni pour Macron c’est ce qu’il veut. Son objectif c’est de paralyser la France dans chaos général et de dire puisque c’est un tel chaos on va annuler les élections, il va nous faire du Zelensky et rester au pouvoir » c’est ce qu’il n’a cessé de marteler dans plusieurs sorties médiatiques.
La réponse sécuritaire, le choix de Macron et du gouvernement Lecornu pour réprimer la colère de la rue, se conjugue à un changement d’une doctrine historique traditionnelle pour le maintien de l’ordre.
L’Etat ne considère plus le manifestant comme un citoyen exerçant un droit constitutionnel, mais à ses yeux c’est un adversaire « asymétrique ».
Lors de la crise des Gilets Jaunes, alors que des millions de manifestants sont sortis pour réclamer la justice fiscale et la démocratie participative, les autorités ont opéré un tournant stratégique ; la militarisation de la gestion des foules, l’usage de la force proactive et les armes à létalité réduite, transformant ainsi l'outil de maintien de l'ordre en un outil de dissuasion par la terreur physique aux lourdes conséquences (parmi les Gilets Jaunes, des mains arrachées, mutilations et yeux éborgnés…).
Un changement de doctrine inspirée des techniques et doctrines d'intervention sionistes contre les civils en Palestine occupée, illustrées par ces unités mobiles comme les BRAV-M, similaires dans ses techniques et ses missions à l’unité antiémeute et de contrôle des foules Yasam de la police d’occupation sioniste, qui recrute les anciens militaires de l'armée sioniste Tsahal.
La copie française de la répression sioniste, n’est pas un simple ajustement technique, loin de là, il s’agit d’une stratégie politique délibérée pour maintenir le chaos.
Le même scénario se répète aujourd’hui, avec cette crise multidimensionnelle, enclenchée par le blocus des lycéens qui dénoncent la surcharge des classes, l’absence des professeurs ou encore la dégradation des écoles et rejoins par plusieurs mouvements syndicaux dénonçant la vie chère et l’injustice sociale ; le pouvoir macroniste a choisi encore une fois le pourrissement.
Les politiques se révoltent et dénoncent ; la cheffe des écologistes, Marine Tondelier, affirme que les revendications sont sur la table depuis un mois et que « ils ont choisis la stratégie du pourrissement ».
Un blocage voulu et bien rodé qui pourrait, selon les observateurs, sonner le glas de la Ve République d'ici la fin de l'année.
Une Ve République déjà effritée, par la succession de gouvernements inertes, une crise budgétaire avec une dette publique qui a atteint le sommet vertigineux de 3 595,5 milliards d’euros, soit 119% du PIB, à la fin du deuxième trimestre 2026 et la rupture de la confiance entre les français et les politiques.
La crise « démocratique française » a dépassé le stade du simple débat d'idées. La grogne sociale et la répression policière sont ce miroir reflétant des ambitions et des failles du macronisme dont le principal outil politique est le pourrissement.
A six mois des prochaines élections présidentielles, se posent alors ces questions aux enjeux géopolitiques majeurs : s’achemine-t-on alors vers VIe République française ? Quelle forme prendrait-elle et quelle place pour la démocratie?