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April 29, 2026

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L’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis: la guerre du pétrole et des corridors maritimes

En décidant de claquer la porte de l'OPEP et l'OPEP+, avant un éventuel retrait de la ligue arabe, les Emirats Arabes Unis optent clairement opté et sans aucune ambiguïté pour le renforcement du camp sioniste, au détriment de ses voisins du Golfe en particulier l'Arabie Saoudite.

En décidant de claquer la porte de l’OPEP et l’OPEP+, avant un éventuel retrait de la ligue arabe, les Emirats Arabes Unis optent clairement opté et sans aucune ambiguïté pour le renforcement du camp sioniste, au détriment de ses voisins du Golfe en particulier l’Arabie Saoudite.

Abou Dhabi a décidé de quitter le cartel de l’OPEP, pour s’affranchir de la politique des quotas, dans l’optique d’affaiblir l’influence de l’Arabie Saoudite, et par voix de conséquence servir les intérêts de Donald Trump et son allié sioniste.

En décidant d’opter pour ce divorce sans consulter ses partenaires et alliés du Conseil de coopération du Golfe, les EAU ont clairement affiché leurs intentions d’avenir loin de leur environnement. Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du Détroit d’Ormuz par l’Iran, ont été l’alibi, et le prétexte qui justifie l’accélération de la prise de cette décision, malgré qu’Abou Dhabi avait déjà annoncé la couleur en s’attaquant à la profondeur géostratégique et la sécurité de Ryad et Le Caire en soutenant la dissidence au Yémen , en Somalie et aussi la guerre au Soudan, au profit de l’hégémonie de l’entité sioniste, dans le cadre de ce qui est appelé, les Accords d’Abraham

Libérés des quotas du cartel, les EAU comptent profiter de la pénurie actuelle et maximiser leurs profits. Selon le Guardian, ce geste est avant tout un affront pour l’Arabie saoudite.

Le quotidien britannique explique que ce « divorce » affaiblit la capacité des Saoudiens à contrôler les prix et positionne les Émirats comme l’allié le plus proche de Donald Trump, un critique de longue date de l’OPEP. Bloomberg confirme que la nouvelle a pris le groupe par surprise.

Dorénavant, les partenaires de l’OPEP devront se battre pour garder leur influence. Le départ des Émirats affaiblirait la capacité du groupe à réguler les prix et transformerait Abou Dhabi en un joueur imprévisible, et nocif aux intérêts de l’OPEP et l’OPEP+.

La fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz, due à l’agression américano- sioniste contre l’Iran, réduit la production de tous les pays du Golfe : les anciens quotas n’ont plus de sens. Pourtant, comme le note Bloomberg, une fois la navigation rétablie, ce départ pourrait préparer des guerres de prix dévastatrices.

La fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz, due à l’agression contre l’Iran, réduit la production de tous les pays du Golfe, les vieilles quotas n’ont plus de sens. Pourtant, comme le note Bloomberg, une fois la navigation reprise, ce départ pourrait préparer des guerres des prix dévastatrices.

Selon le Washington Post, des rumeurs de départ circulaient depuis des années, à cause de désaccords avec les Saoudiens sur les quotas. Le journal américain souligne également que Donald Trump, qui traitait l’OPEP de « monopole », avait appelé en 2025 à baisser les prix.

Le corridor ferroviaire saoudien, comme réplique à l’estocade émiratie

Dans un monde marqué par des alliances conjoncturelles, et la guerre pour la concrétisation d’un monde multipolaire, l’Arabie saoudite passe à l’action pour contrer les plans hostiles la visant menés par les Emirats Arabes Unis à l’origine du relatif échec de la stratégie 2030, annoncée en grande pompe par le prince héritier Mohamed Bin Selmane, au lendemain de son intronisation comme l’homme fort de la monarchie saoudienne.

MBS espérait capter d’importants investissements financiers pour concrétiser sa stratégie et ses ambitions de faire du royaume, une plaque tournante du flux monétaire et économique, si ce n’est les plans hostiles d’Abou Dhabi et son allié sioniste.

Convaincus du rôle destructeur des émiratis, les saoudiens changent de stratégie en optant pour l’accélération de la reconfiguration des routes commerciales au Moyen-Orient. Il renforce l’axe Riyad- Doha et marginalise l’idée d’un passage via le port de l’entité sioniste Haïfa. L’Arabie saoudite a mis en service un nouveau corridor ferroviaire de 1 700 km, reliant ses principaux ports du Golfe à la frontière jordanienne via le réseau exploité par Saudi Arabia Railways.

Cette infrastructure permet d’acheminer plus de 400 conteneurs par train et de réduire de moitié les délais de transport par rapport à la route, marquant une avancée logistique majeure dans la région.

Ce projet s’inscrit dans une recomposition plus large des routes commerciales, alors que le corridor IMEC, Inde-Moyen-Orient-Europe annoncé en 2023, reste entravé par des blocages politiques et sécuritaires.

Plutôt que d’attendre sa concrétisation, Riyad adopte une approche pragmatique en développant ses propres infrastructures terrestres, articulées avec des flux maritimes régionaux. Reconfiguration des routes commerciales au Moyen-Orient

Dans cette nouvelle configuration, l’Arabie saoudite et le Qatar renforcent leur coopération logistique, notamment via des liaisons maritimes rapides et des projets communs de hubs de distribution. Les marchandises asiatiques transitent désormais par les ports du Golfe avant d’être redistribuées par rail vers la Jordanie, puis vers plusieurs débouchés méditerranéens, en Syrie, en Turquie ou potentiellement ailleurs.

Cette diversification réduit la dépendance à un seul itinéraire et renforce la résilience du système. Le rôle des Émirats arabes unis évolue dans ce schéma. Longtemps positionnés comme point d’entrée central du commerce régional, ils se recentrent davantage sur les points de sortie en Méditerranée, à travers leurs investissements portuaires en Jordanie et en Syrie.

Cette redistribution s’explique en partie par les perturbations du détroit d’Ormuz, qui ont fragilisé leur modèle logistique fondé sur la fluidité maritime. Quant à l’entité sioniste, sa place apparaît incertaine.

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