Le Réseau des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui a organisé, aujourd'hui, à Alger, un rassemblement de solidarité avec les prisonniers politiques sahraouis détenus dans les prisons marocaines.
Cette mobilisation, initiée à l'appel du réseau, visait à dénoncer les conditions de détention des militants sahraouis, à exprimer un soutien au prisonnier politique Naâma Asfari, en grève de la faim depuis le 8 juin, et à réclamer la libération de l'ensemble des détenus du groupe de Gdeim Izik.
Dans une déclaration accordée à Algérie 54, le responsable du réseau, Mustapha Aït Mouhoub, a expliqué que ce rassemblement s'inscrivait dans le prolongement de l'appel lancé par le réseau pour dénoncer les conditions de détention des prisonniers politiques sahraouis.
Il a indiqué que cette mobilisation constituait également une réponse au « cri d'alarme » lancé par Naâma Asfari, qui observe une grève de la faim depuis le 8 juin afin d'obtenir l'amélioration de ses conditions de détention, un traitement conforme aux normes humanitaires ainsi que son transfert vers une prison située dans les territoires sahraouis occupés afin de pouvoir se rapprocher de sa famille.
Mustapha Aït Mouhoub a rappelé que Naâma Asfari demeure privé des visites de son épouse, la militante française Claude Mangin, interdite d'entrée au Maroc depuis plusieurs années.
Il a souligné que cette dernière poursuit, depuis la France, de nombreuses initiatives en faveur de son mari, tout en regrettant le silence d'une partie de la presse occidentale face aux appels lancés par les détenus politiques sahraouis.
Le responsable du réseau a également évoqué la situation des dix-huit prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik, détenus depuis 2010.
Il a rappelé qu'après avoir été jugés par un tribunal militaire, ils ont été rejugés devant une juridiction civile qui a prononcé des peines allant jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité, tandis que d'autres ont été condamnés à trente ans de prison.
Selon lui, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu, dans un avis rendu en 2023, au caractère arbitraire de leur détention, estimant que les condamnations reposaient notamment sur des aveux obtenus sous la torture, en violation des garanties d'un procès équitable.
Mustapha Aït Mouhoub a également indiqué que vingt-six grèves de la faim avaient été observées par des prisonniers politiques sahraouis au cours de la seule année écoulée, sans susciter, selon lui, l'attention qu'elles méritent sur la scène internationale.
Il a estimé que cette situation traduit la volonté d'imposer un narratif favorable à la position marocaine sur la question du Sahara occidental, alors que le sort réservé aux détenus politiques, a-t-il soutenu, démontre l'absence de mesures concrètes susceptibles d'apaiser les tensions ou de favoriser une solution négociée.
À l'issue du rassemblement, le Réseau des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui a publié un communiqué dans lequel il exprime sa profonde inquiétude face aux conditions de détention des prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik.
Le réseau dénonce des violations répétées de leurs droits fondamentaux, qu'il considère contraires au droit international humanitaire et aux conventions internationales relatives aux droits de l'homme.
Le réseau condamne les conditions de détention jugées inhumaines et dégradantes et réaffirme son soutien total à Naâma Asfari, qui poursuit sa grève de la faim pour protester contre la privation de ses droits les plus élémentaires.
Il rappelle également les conclusions des mécanismes onusiens, qui ont appelé à la libération des détenus de Gdeim Izik ainsi qu'à la réparation des préjudices subis, invitant les autorités marocaines à respecter leurs engagements internationaux et les décisions des Nations unies.
Le Réseau des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui appelle, par ailleurs, les organisations internationales et régionales de défense des droits de l'homme, les médias ainsi que les organisations de la société civile à renforcer leur mobilisation afin de protéger la vie de Naâma Asfari, de mettre fin aux violations dénoncées et de soutenir l'ensemble des prisonniers politiques sahraouis.
Enfin, le réseau a annoncé la création d'un comité de suivi composé de journalistes, de professionnels des médias et de représentants de la société civile. Cette structure sera chargée de suivre l'évolution de la situation des détenus politiques sahraouis, d'assurer un suivi de la grève de la faim de Naâma Asfari et de renforcer la coordination avec les médias nationaux et internationaux dans le cadre du Réseau international des journalistes solidaires avec le peuple sahraoui, dont le secrétariat général est établi à Alger.
Le Réseau des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui réaffirme enfin sa détermination à poursuivre son action médiatique et son plaidoyer en faveur de la défense des droits de l'homme, de la justice et du respect du droit international et de la légalité internationale.
Dans une déclaration en marge du rassemblement, Khatri Addouh, ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en Algérie, a indiqué que la grève de la faim observée par le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari depuis près de vingt jours vise à faire entendre la voix des détenus politiques sahraouis et à interpeller la communauté internationale, en particulier les Nations unies ainsi que les organisations de défense des droits de l'homme.
Selon lui, cette action entend également attirer l'attention sur la situation des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, mais aussi sur les conditions de vie dans les territoires sahraouis occupés, qu'il qualifie de marquées par la répression, les poursuites, la torture et la marginalisation.
L'ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en Algérie a salué l'initiative du Réseau des journalistes algériens solidaires avec le peuple sahraoui, estimant qu'elle répond à cet appel et constitue un message adressé à l'ensemble de la communauté internationale afin qu'elle renforce sa solidarité avec les détenus politiques sahraouis et exerce une pression sur le Maroc pour mettre fin aux violations dénoncées.