En se rendant au cimetière de Sidi Embarek, pour rendre hommage aux dizaines de morts (des marocains et subsahariens) lors de l'assaut des 30 et 31 juillet dernier, à l'occasion de sa visite, en compagnie de son épouse la reine Letizia, ce mardi 13 octobre à Ceuta, le roi d'Espagne Felipe VI, a donné une leçon à Mohamed VI, le "commandeur" des croyants, indifférent au sort des victimes.
L'inclusion de ce point dans la visite du roi d'Espagne a suscité d'ailleurs l'ire du palais royal marocain et de ses sbires du régime du Makhzen, qui ont vu d'un mauvais oeil le recueillement et l'hommage rendu par Felipe VI aux 141 victimes, dont les corps de 9 seulement avaient été réclamés par Rabat.
En Espagne, certains ont critiqué l'inclusion de la visite du cimetière dans l'itinéraire du roi et de la reine lors de leur voyage à Ceuta. Cependant, des sources diplomatiques espagnoles assurent qu'un profond malaise règne au sein de leurs cercles à Rabat concernant ce point de l'agenda royal. Elles y voient une attaque directe contre Mohammed VI, précisément sur le point qui lui a valu le plus de critiques en interne concernant sa gestion de la crise de Ceuta. En résumé, on lui reproche d'avoir oublié les morts et d'entraver l'identification des dépouilles et leur restitution aux familles marocaines.
« Ils n’ont aucun respect pour leurs propres frères. Les corps de Marocains pourrissent à Ceuta parce que leur roi a refusé de les récupérer. » Ce message fait partie des centaines qui circulent sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines, accusant Mohammed VI d’indifférence. « Le roi d’Espagne prévoit donc un hommage officiel aux migrants décédés, contrairement au roi du Maroc », pouvait-on lire dans une autre publication publiée à la veille de la visite du roi Felipe VI et de la reine à Ceuta.
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