Les syndicats français observeront une grève nationale le 5 novembre prochain pour exprimer leur mécontentement face à la cherté de la vie et la dégradation du pouvoir d'achat, une action prévue dans la continuité des manifestations organisées samedi dans plusieurs villes françaises.
La grève du 5 novembre programmée à l'initiative de l'intersyndicale française, verra la participation de travailleurs représentant différents secteurs d'activité à travers le territoire français.
"La grande journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle du 5 novembre" est l'intitulé choisi pour cette action impliquant plusieurs syndicats dont la Confédération générale des travailleurs (CGT), la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Force Ouvrière (FO), l'Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) et la Fédération syndicale unitaire (FSU).
Dans un texte publié dimanche sur son site, la CGT assure que la situation difficile que vivent les ménages français est due à une politique gouvernementale favorisant les plus riches. "La situation actuelle n'est pas due au niveau des dépenses sociales, qui sont utiles pour toutes et tous, mais aux milliards d'euros de recettes dont on se prive en faisant des cadeaux aux ultra-riches et aux grandes entreprises, sans aucune utilité sociale", soutient le syndicat.
"Affaiblir les services publics c'est aussi préparer leur privatisation et quand c'est privé, c'est plus cher ! Hôpitaux, écoles, transports, petite enfance. Pour des services publics accessibles et de qualité, il faut plus d'emplois, de meilleurs salaires et des investissements. Réduire les moyens, c'est dégrader les services et les conditions de travail de celles et ceux qui les font vivre", ajoute le même texte.
La CGT estime que l'urgence actuellement est d'"augmenter le Smic (salaire minimum), le point d'indice dans la fonction publique, les pensions et les minima sociaux et d'indexer les salaires et les prestations sociales sur les prix".
"Alors que les entreprises bénéficient de milliards d'aides publiques, des milliers d'emplois sont supprimés", s'étonne la CGT. "Cet argent doit servir à maintenir et à créer des emplois de qualité, relocaliser notre industrie et investir dans la transition écologique, et pas à réaliser des licenciements boursiers", préconise le syndicat.
Samedi, des manifestations ont été organisées dans de nombreuses villes françaises. Et les participants représentaient des catégories très variées de la société française. La mobilisation, qui a réuni entre 550.000 personnes, selon le ministère français de l'Intérieur, et 800.000 personnes, selon les organisateurs, rassemblait des lycéens, des étudiants, des salariés et des sympathisants du mouvement des "Gilets jaunes", dans le prolongement de plusieurs semaines de mobilisation lycéenne.
Selon des médias locaux, la police a eu recours, à plusieurs reprises, au gaz lacrymogène contre des manifestants, dès le début de la manifestation à Paris, signalant que les forces de l'ordre ont fait usage de l'engin lanceur d'eau et de gaz lacrymogène.