Par Fatma Zohra Hamza

Le dernier rapport d’Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, plante le décor d’une nouvelle phase de négociations, basée sur la préservation du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et sur la prorogation du mandat de la MINURSO, prenant de court le régime du Makhzen.

L’année 2026, pourrait bien s’achever sur le maintien du statu-quo dans le dossier de la décolonisation du Sahara Occidental. 

Le rapport du Secrétaire Général de l'ONU, Antonio Guterres, enterre le récit triomphaliste et délirant de l'occupant marocain et démonte pièce par pièce sa machination de propagande.

La principale recommandation du Secrétaire général de l’ONU est claire ; la prorogation du la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental, la MINURSO, pour un mandat d’une année tout en prenant en considération l’évolution du processus politique.

Le Maintien de la MINURSO au Sahara Occidental est indispensable à la préservation du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Antonio Guterres, dans son rapport- il s’agit de son dernier rapport sur ce dossier avant la fin de son mandat à la tête de l’organisation onusienne-, prévue la fin de l'année en cours,  a clairement écrit que toute proposition doit être soumise à un véritable processus de consultation du peuple du Sahara Occidental, pour leur permettre librement, comme garanti par le droit international, de l’accepter ou de la rejeter.

Un retour très brutal à la réalité pour le Maroc lequel ayant toujours soutenu, que l’autodétermination n’est pas synonyme de référendum de décolonisation ; ce qui est une ignominie au regard du droit international. L’ONU ainsi que la Cour Internationale de Justice (CIJ), ont envisagé le référendum comme le moyen concret permettant au peuple sahraoui de choisir entre plusieurs statuts politiques.

Et si la proposition marocaine d’"autonomie" est considérée, comme une des solutions pour le règlement du conflit, selon la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, par le Conseil de Sécurité de l’ONU- le régime du Makhzen l'a décrit frauduleusement et mensongèrement au lendemain de son adoption ; comme la seule issue du conflit, comme l'illustre la décision du commandeur de faire de la journée du 31 octobre, une journée nationale dans la royauté.

 Le rapport de Guterres, le secrétaire général de l’ONU, apporte les précisions nécessaires et fait voler en éclat le récit mystificateur du Maroc, dans lequel il occulte volontairement la proposition de l’indépendance du Sahara Occidental, toujours présente sur la table des négociations.

Le rapport du chef de l’ONU- transmis au membres du Conseil de sSécurité, lesquels tiendront une réunion à huit clos jeudi 8 octobre consacrée au Sahara Occidental- a aussi évoqué la reprise du dialogue entre le front Polisario (le représentant unique et  légitime du peuple Sahraoui) et le Maroc, en présence des deux pays observateurs, la Mauritanie et l’Algérie.

Après sept années d’interruption, ce retour au dialogue a été facilité par l’envoyé personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara Occidental, Staffan de Mistura avec l’appui et la coordination des Etats-Unis sous l’égide des Nations unies. Il s’agit d’une avancée majeure en vue d’établir un potentiel « accord cadre » et trouver une solution définitive après la consultation du peuple sahraoui.

Le statu quo du dossier du Sahara Occidental demeure !

En dépit de la reprise du dialogue, aucun accord ne semble se dessiner. Trois rounds ont bien eu lieu à Washington et à Madrid au début de l’année, néanmoins les positions fondamentales des deux camps, n’ont pas changé et aucun calendrier n’a été arrêté.

Plusieurs autres rencontres ont été rapportées, au mois de Septembre depuis New York en marge des travaux de l’assemblée générale de l’ONU, pour préparer la nouvelle « séquence diplomatique » avant le vote sur la MINURSO.

Le dialogue a bel et bien repris, entre le Maroc et le Front Polisario, sous forme de consultations séparées, menées par le conseiller américain pour les affaires arabes et africaines Massad Boulos. 

Le relais politique de Washington avait affirmé, que ces discussions n’ont pas abouti à une solution mutuellement acceptée ; réaffirmant toutefois, qu’aucune solution ne peut être imposée au Sahraouis.   

Le dossier n’est, certes, plus gelé diplomatiquement, mais présente des blocages. Le scénario le plus probable, à court terme, et contrairement aux prévisions illusionnistes marocaines, reste une reconduction aménagée du Statu quo ; autrement dit : aucun accord final immédiat, la prorogation d’une année du mandat de la MINURSO avec le maintien de la pression de l’administration américaine, au grand dam de la royauté.