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February 16, 2026

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Maître Amina Chemami: opérer le passage de la mémoire coloniale vers une qualification juridique universelle des crimes commis

La directrice du Centre d’appui à la technologie et l’innovation, professeure à l’École nationale supérieure de journalisme et avocate, Maître Amina Chemami, est revenue, ce lundi, sur les déclarations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, notamment celles relatives à la criminalisation des crimes coloniaux.

La directrice du Centre d’appui à la technologie et l’innovation, professeure à l’École nationale supérieure de journalisme et avocate, Maître Amina Chemami, est revenue, ce lundi, sur les déclarations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, notamment celles relatives à la criminalisation des crimes coloniaux.

Intervenant à l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, elle a souligné que la démarche algérienne dépasse désormais le simple devoir de mémoire.

« Aujourd’hui, l’Algérie n’est pas seulement dans une démarche de mémoire, l’Algérie participe à une transformation juridique internationale », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’« il s’agit d’opérer le passage de la mémoire coloniale vers une qualification juridique universelle des crimes qui ont été commis », inscrivant ainsi la question dans « l’ère de la responsabilité internationale des crimes coloniaux ».

Le droit, un véritable levier stratégique

Pour Maître Chemami, le droit constitue désormais « un véritable levier stratégique ». « Le droit aujourd’hui est devenu un instrument de souveraineté et l’Algérie l’utilise en agissant avec beaucoup de calme, mais aussi avec profondeur stratégique, faisant de la mémoire une architecture juridique », a-t-elle expliqué, précisant que « l’approche algérienne, fondée sur le droit international, privilégie la rigueur juridique à la confrontation politique. »

Cette stratégie s’articule autour de trois axes. Le premier concerne « la documentation et la collecte d’archives relatives aux crimes coloniaux ».

« On parle des archives militaires, des rapports officiels, mais aussi des témoignages documentés », a-t-elle détaillé.

Le deuxième axe porte sur « la qualification juridique », à travers un projet d’incrimination des crimes coloniaux examiné par les institutions nationales selon « des standards internationaux ».

Enfin, le troisième niveau vise « l’internationalisation du dossier via les mécanismes africains multilatéraux. »

À ce titre, elle a cité les principales instances continentales susceptibles d’être saisies, dont la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples et les mécanismes juridiques spécialisés de l’Union africaine. « Toutes ces instances doivent être saisies avec des preuves solides », a-t-elle insisté.

Ces preuves, a-t-elle précisé, incluent les archives, les témoignages vivants, les expertises démographiques attestant de la chute drastique de la population algérienne, les déplacements forcés et la politique de la terre brûlée. « Les archives sont irréfutables dans ce domaine », a-t-elle martelé, évoquant également « les massacres et la destruction systématique opérée durant la période coloniale. »

Interrogée sur une éventuelle saisine de la Cour pénale internationale, Maître Chemami a rappelé que « les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le génocide relèvent de sa compétence et sont imprescriptibles ». « Ce sont des crimes internationaux qui ne subissent pas de prescription », a-t-elle souligné, estimant que les éléments réunis pourraient avoir « du poids devant le bureau du procureur ».

L’Afrique passe d’un statut de victime à un statut de législateur international

Au-delà de la réparation, même symbolique, elle voit dans cette dynamique une évolution majeure du continent. « L’Afrique passe d’un statut de victime à un statut de législateur international », a-t-elle déclaré, saluant le travail de la Commission de l’Union africaine pour le droit international visant à qualifier le colonialisme de crime contre l’humanité.

« On ne considère plus le colonialisme comme un simple fait historique, mais comme un système organisé de domination », a-t-elle conclu, rappelant que la reconnaissance juridique internationale constitue une étape décisive vers l’établissement d’une responsabilité pleine et entière.

Maître Amina CHEMAMI – Avocate et professeure a l’école nationale supérieure de journalisme

Source: Radio Algérienne

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