Le sous-directeur de l’innovation et de la veille technologique à la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT), au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Hichem Chorfi, a indiqué que le processus de préparation et de dépôt des dossiers pour l’introduction en Bourse de trois filiales relevant du ministère a atteint un stade avancé, précisant que leur cotation officielle interviendra dans un délai “très proche”.
Dans une déclaration à l’APS, M. Chorfi a souligné que la préparation des dossiers a progressé aux niveaux technique et administratif, les aspects organisationnels et techniques ayant été finalisés conformément aux exigences du marché financier.
Le travail se poursuit en coordination avec la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), afin de garantir la conformité juridique et comptable de ces établissements, soulignant que ce processus “a franchi des étapes importantes en très peu de temps, en prévision d’une introduction dans un avenir très proche”.
Il s’agit de la filiale économique du Centre de recherche scientifique et technique en analyses physico-chimiques (CRAPC), de la filiale économique relevant du Centre de recherche en technologies industrielles (CRTI), ainsi que de la filiale économique du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), lesquelles ont déposé leurs dossiers d’introduction à la Bourse d’Alger, dans une démarche qualitative “sans précédent” dans le processus de valorisation de la recherche scientifique et de son articulation directe avec la dynamique de l’économie nationale, a ajouté le responsable.
La Bourse d’Alger compte actuellement huit sociétés cotées, à savoir Alliance Assurances, Biopharm, Hôtel El Aurassi, Saidal, Crédit populaire d’Algérie (CPA), Banque de développement local (BDL), ainsi que la PME “AOM Invest” (spécialisée dans les investissements financiers) et la start-up “Moustachir”.
Dans ce sillage, la DGRSDT avait signé, en décembre dernier, une convention avec la COSOB afin d’encourager le financement des projets innovants et d’accompagner les trois filiales dans leur introduction en Bourse, en sus de contribuer à l’accompagnement de la transformation numérique du marché financier algérien.
Le responsable a souligné que l’introduction en Bourse de ces filiales à travers l’émission de leurs actions permettra de transformer la connaissance en valeur économique commercialisable et d’augmenter la part de contribution des résultats de la recherche scientifique à l’économie nationale. Il s’agit d’un “saut qualitatif” dans le processus de valorisation de la recherche scientifique et de son lien direct avec l’économie nationale, en passant d’une dépendance quasi totale aux modèles classiques à l’attraction de nouveaux investissements.
Cette démarche permettra également d’accroître “de manière tangible” la visibilité et la contribution des résultats de la recherche scientifique à l’économie nationale, ajoute M. Chorfi qui est également président de la commission nationale de suivi des filiales économiques au sein des établissements publics à caractère scientifique et technologique.
Il a précisé que l’introduction en Bourse imposera aux établissements une logique d’efficacité économique et les encouragera à orienter la recherche vers des solutions pratiques répondant aux besoins du marché.
Cela permettra de créer un lien “plus dynamique” entre les centres de recherche, les universités et le secteur industriel, tout en favorisant l’émergence d’une économie fondée sur l’innovation, génératrice d’emplois qualifiés et renforçant les exportations à contenu technologique, ce qui en ferait un “levier stratégique” pour l’intégration de la recherche scientifique au coeur du développement économique durable.
Selon les explications fournies par M. Chorfi, le financement par le biais de la Bourse de la filiale économique du CRAPC lui permettra de moderniser ses équipements de laboratoire, de créer une usine moderne et d’élargir la gamme de services analytiques à forte valeur ajoutée.
Quant à la filiale économique du CRTI, elle pourra accélérer le développement de prototypes industriels et le transfert de technologie vers le tissu économique, renforçant ainsi sa compétitivité.
De son côté, la filiale du CDER bénéficiera de ressources et de liquidités supplémentaires pour investir dans des projets d’innovation dans les énergies propres, élargir les expérimentations appliquées et développer des partenariats industriels, dans un contexte national et international marqué par une demande croissante pour ce type de solutions.