Des experts sécuritaires et des journalistes espagnols accusent le régime marocain de mener une guerre « hybride » et « clandestine » contre Madrid, en utilisant notamment l’immigration et l’espionnage pour exercer des pressions et atteindre des objectifs politiques et financiers.
L’expert en sécurité et ancien chef d’état-major de l’armée de terre espagnole, Fulgencio Coll, affirme que le Maroc utilise les flux migratoires comme un moyen de pression sur l’Espagne. Une stratégie qui, selon lui, s’inscrit dans une politique plus large visant à exercer des pressions sur Madrid par des moyens qui ne relèvent pas directement de l’affrontement militaire.
Le journaliste d’investigation espagnol José Bautista évoque, lui aussi, une « guerre clandestine » menée par les services marocains contre l’Espagne, à travers notamment l’immigration, l’espionnage et l’utilisation des instruments de coopération sécuritaire.
Le régime marocain multiplie ainsi les moyens de pression et de manipulation. Des experts sécuritaires et des journalistes espagnols évoquent une stratégie reposant notamment sur l’instrumentalisation de la question migratoire et le recours à l’espionnage.
À cette stratégie s’ajoute le rapprochement croissant avec l’entité sioniste, notamment sur les volets sécuritaire et militaire, qui constitue un autre élément de la politique suivie par le Makhzen pour renforcer ses capacités de surveillance et de pression.
Une orientation qui pourrait finalement produire l’effet inverse de celui recherché par le Makhzen. Car le recours à la pression, à la surveillance et à la répression contribue, au fil du temps, à renforcer les critiques visant sa politique, aussi bien au niveau régional qu’international.
Cette politique de pression ne se limite pas aux relations du Maroc avec ses voisins ou à ses partenaires étrangers. Elle trouve également son prolongement à l’intérieur du pays, où les voix critiques, les opposants et les mouvements contestant les orientations du pouvoir sont confrontés à différentes formes de pression et de répression.
Le recours à la surveillance, aux restrictions et aux mesures coercitives apparaît ainsi comme un autre volet d’une même politique, fondée sur le contrôle et la neutralisation des voix jugées gênantes par le régime.
Le Makhzen cherche à utiliser la pression et les moyens de coercition pour imposer ses choix à l’extérieur, il recourt également à la répression pour contenir les contestations à l’intérieur du pays.
Cette politique contribue cependant à alimenter les critiques contre le régime et à attirer davantage l’attention sur la situation des droits et libertés au Maroc.
Cette stratégie ne constitue donc pas une succession d’actions isolées, mais s’inscrit dans une politique plus large de pression et de répression qui touche également les citoyens marocains eux-mêmes. Les mêmes mécanismes de contrôle et de pression sont ainsi dénoncés par ses détracteurs comme étant utilisés contre les voix critiques, y compris celles qui contestent la politique du régime ou revendiquent davantage de droits et de libertés.
Rasha Selmi