Le massacre de Sakiet-Sidi Youcef, dont le 68e anniversaire sera commémoré dimanche, demeure l’un des crimes odieux perpétrés par les forces coloniales françaises à l’encontre des populations algérienne et tunisienne, mais aussi un symbole fort de la solidarité entre les deux peuples.
M. Yacine Khedaïria, enseignant-chercheur en histoire à l’Université Mohamed-Cherif Messaâdia de Souk Ahras, a rappelé, à ce titre, que ce village situé à la frontière algéro-tunisienne a été bombardé le 8 février 1958 par des avions de chasse, qui ont ciblé des civils innocents alors qu’ils se rendaient au marché hebdomadaire.
L’objectif de cette attaque était de punir collectivement les habitants de Sakiet Sidi-Youcef, pour leur soutien aux Moudjahidine de l’Armée de libération nationale (ALN) et pour avoir pris fait et cause en faveur de la lutte pour l’Indépendance de l’Algérie.
Il a souligné que ce massacre était aussi une vengeance de l’armée coloniale française, qui avait subi une défaite cuisante lors d’une bataille à Djebel El Ouasta, le 11 janvier 1958, au cours de laquelle 16 soldats français ont été tués.
En retour, a poursuivi M. Khedaïria, la machine barbare semant mort et désolation, mise en place par les forces coloniales françaises, a commis un crime contre l’humanité imprescriptible en bombardant le village de Sakiet Sidi-Youcef pendant un jour de marché.
De son côté, le chercheur en histoire moderne et contemporaine à l’université de Souk Ahras, Djamel Ouarti, a considéré que ces massacres constituent “un crime colonial odieux, d’une ignominie sans nom, qui a révélé à l’opinion publique internationale la brutalité et la sauvagerie du colonialisme français et contribué, de la sorte, à internationaliser la cause algérienne et à renforcer la sympathie internationale à son égard”.
Il a rappelé que ces massacres ont entraîné la mort de près de 79 civils, dont 20 enfants et 11 femmes, et occasionné des blessures à plus de 130 autres, en plus de la destruction totale des infrastructures vitales du village.
Cette attaque, qui visait à rompre les liens historiques et de lutte entre les peuples algérien et tunisien, et à influencer le cours de la Révolution aux plans militaire et moral, a constitué, selon M. Ouarti, un tournant décisif de la lutte pour la liberté, car elle a contribué à dévoiler la fausse rhétorique coloniale devant la communauté internationale.
Les défaites politiques et militaires de la France se sont poursuivies jusqu’à l’effondrement complet de la 4ème République française à la suite du coup d’Etat du 13 mai 1958, a-t-il relevé.
Quant à M. Mourad Bendjeriou, de la même université, il a considéré que les massacres de Sakiet Sidi-Youcef n’ont, en aucun cas, entamé la détermination du peuple algérien à poursuivre sa lutte, ni affecté les liens de fraternité qui unissent les peuples algérien et tunisien.
Les deux peuples frères mettent un point d’honneur à commémorer chaque année le massacre de Sakiet Sidi-Youcef, en hommage aux victimes innocentes et pour renforcer les liens mémoriels et de solidarité entre les deux pays.