Par Hanane Ben
Bis repetita pour la flottille pour Gaza. La Global Sumud Flotilla vient de subir le même sort tragique que ses aînées: un assaut militaire en règle et la capture de ses militants. Pris pour cible par des canons à eau et des tirs non létaux, le bateau Sirius a été violemment éperonné par un navire de l’entité sioniste. L’équipage et les passagers, désormais prisonniers, sont en cours de transfert forcé vers le territoire israélien pour y être incarcérés.
La flottille partie de Turquie comptait au total 54 navires. L’armée «la plus morale au monde» vient d’en intercepter 49 d’un coup dans les eaux internationales (dont le Sirius), tandis qu’une dizaine de bateaux tentent encore d’avancer.
Des centaines de participants civils ont été enlevés lors de l’assaut naval de l’entité sioniste en haute mer hier, mercredi 18 mai et sont actuellement transportés de force par les forces d’occupation vers un port situé en Palestine occupée, selon des confirmations publiées par la Global Sumud Flotilla dans un communiqué.
La Global Sumud Flotilla a informé que les participants enlevés représentent des médecins, des journalistes et des défenseurs des droits humains issus de plus de 40 pays, exigeant leur libération immédiate et inconditionnelle ainsi que celle des plus de «9 000 prisonniers politiques palestiniens détenus injustement et soumis à un régime codifié de terreur» sanctionnée par l’État Hébreu.
Face à l’assaut et à la capture de ses militants par l’armée génocidaire, la Global Sumud Flotilla a interpellé les dirigeants mondiaux pour exiger la libération des prisonniers et la fin du blocus de Gaza, se heurtant une fois de plus à l’inertie de la diplomatie internationale.
L’alerte est lancée sur le sort des militants de la GSF détenus illégalement par Israël, alors que les captifs du précédent assaut du 29 avril ont témoigné avoir subi des actes de torture, des violences physiques graves et des agressions sexuelles.
Blocage du convoi mondial Sumud aux portes de Syrte
En parallèle, le convoi terrestre mondial Sumud, une mission civile internationale réunissant plus de 200 participants venus de 25 pays, est actuellement bloqué et contraint de camper en urgence à neuf kilomètres du poste-frontière de Syrte (Libye). Cette caravane humanitaire se retrouve dans l’impasse après la violation des garanties de passage en toute sécurité qui lui avaient été accordées. La progression des civils est désormais totalement paralysée par l’augmentation brutale des risques sécuritaires et par un déploiement renforcé de forces armées barrant l’accès au poste-frontière.
Selon le communiqué de la GSF, le convoi transporte du matériel humanitaire de première nécessité, notamment des ambulances, des médicaments et des mobile-homes destinés à la population de Gaza. Le mouvement était pourtant en communication avec les autorités libyennes depuis des mois et avait reçu toutes les autorisations ainsi que l’assurance d’un passage en toute sécurité, avant que sa progression ne soit brutalement paralysée par le déploiement renforcé de forces armées.
La GSF a dénoncé le blocage du convoi depuis le 17 mai dans une zone neutre censée être sûre, à la frontière entre l’Est et l’Ouest libyens, s’alarmant d’un revirement des autorités, qui déploient une force militaire complète pour barrer la route à cette mission pourtant purement civile. La flottille a souligné enfin la rupture des promesses de passage sécurisé, les négociations menées par le Croissant-Rouge étant désormais au point mort.
Face au blocage, le convoi Sumud a envoyé une délégation à Syrte pour remettre ses exigences et tenter de relancer les pourparlers de passage. L’organisation a condamné vigoureusement le déploiement militaire de l’Armée libyenne, qualifié de manœuvre d’intimidation cruelle contre des civils humanitaires. «Nous condamnons la démonstration de force déployée par l’Armée nationale libyenne au passage de Syrte dans le but d’intimider les participants civils et de faire preuve de cruauté», a dénoncé la GSF, pointant du doigt la disproportion totale et la cruauté de la réponse armée face à une démarche purement humanitaire.
Prenant la communauté internationale à témoin, la GSF a rappelé que le droit est clair et sans ambiguïté. Selon la quatrième Convention de Genève, «bloquer des humanitaires et de l’aide destinés à une population assiégée est tout simplement illégal». Les arguments sécuritaires ou politiques de l’armée libyenne ne tiennent pas debout, d’autant plus que les autorités locales ont délibérément violé les promesses et les garanties écrites de passage sécurisé qu’elles avaient elles-mêmes accordées. En affirmant que «les responsables devront rendre des comptes», la GSF prévient que ce blocage constitue une violation du droit international humanitaire qui pourra être poursuivie en justice.