Le secteur de l'habitat poursuit sa dynamique à un rythme soutenu, avec un vaste programme national qui traduit la volonté de l'État de répondre durablement à la demande en logements tout en accompagnant l'urbanisation par la réalisation de véritables villes intégrées. À l'occasion de la célébration du 64e anniversaire de l'indépendance, le président de la République, ; Abdelmadjid Tebboune, a donné le coup d'envoi d'une importante opération nationale de distribution de logements portant sur 179 168 logements et aides, répartis à travers les 58 wilayas du pays.

Cette opération comprend plus de 42 000 logements publics locatifs destinés aux familles dont les revenus sont inférieurs à 24 000 dinars, 11 914 logements en location-vente, plus de 76 000 aides à l'habitat rural, plus de 30 000 aides à la construction dans le cadre des lotissements sociaux, près de 9 900 logements promotionnels aidés ainsi que plus de 7 000 logements promotionnels libres réalisés par différents promoteurs.

Intervenant ce mercredi dans l’émission « L’invité du jour » de la chaîne 3 de la Radio algérienne, le directeur général du logement au ministère de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville, Mohamed Mordjani, a indiqué que « cette opération s'inscrit dans la stratégie nationale visant à garantir un accès équitable au logement sur l'ensemble du territoire », rappelant que « tous les programmes concernent indistinctement les wilayas du Nord, des Hauts-Plateaux et du Sud. »

Plus de 2,1 millions de logements livrés entre 2020 et 2025

Le responsable a souligné le bilan enregistré durant les dernières années, affirmant « qu’entre 2020 et 2025, plus de 2,1 millions de logements, toutes formules confondues, ont été livrés à travers le pays. Pour la seule année 2025, plus de 395 000 logements ont été distribués. L'objectif fixé pour la période 2025-2029 est particulièrement ambitieux avec la réalisation de deux millions de logements. Pour atteindre cette cible, les autorités comptent maintenir une cadence moyenne d'environ 400 000 logements livrés chaque année. »

Il a rappelé que « la loi de finances 2026 confirme cette orientation en consacrant un important programme comprenant 300 000 logements en location-vente, 10 000 logements publics locatifs et 40 000 aides à l'habitat rural. L'ensemble de ces programmes est entièrement financé par l'État, qui prend également en charge les travaux de viabilisation, les réseaux d'alimentation en eau, en gaz et en électricité ainsi que les infrastructures publiques nécessaires. »

« Créer des villes complètes offrant un cadre de vie équilibré »

Au-delà des chiffres, la nouvelle approche repose, selon lui, sur « une conception globale de l'aménagement urbain. L'objectif n'est plus seulement de construire des logements, mais de créer des villes complètes offrant un cadre de vie équilibré. »

Pour M Mordjani, cette vision s'est illustrée lors de l'inauguration du nouveau pôle urbain Taleb Ahmed Ibrahimi, à Rahmania, dans la nouvelle ville de Sidi Abdellah. Ce nouveau quartier comprend 10 507 logements en location-vente ainsi que de nombreux équipements publics, notamment des établissements scolaires, des structures de santé, des services de sécurité, deux centres commerciaux, des commerces de proximité et plus de 14 hectares d'espaces verts et de détente.

Pour M Mordjani, « ces équipements ne constituent pas un simple complément, mais une composante essentielle de la politique de développement urbain. Les commerces sont déjà attribués et pourront ouvrir progressivement dès l'installation des nouveaux habitants, tandis que plusieurs administrations ont déjà aménagé leurs bureaux afin d'assurer la continuité des services publics. »

Le coût de réalisation de ce pôle urbain illustre l'ampleur de l'investissement public. Les logements ont nécessité un financement de 42 milliards de dinars, auxquels s'ajoutent 17 milliards de dinars consacrés à la viabilisation et 3 milliards de dinars pour les équipements publics. Au total, le coût moyen d'une unité de logement, incluant l'ensemble des infrastructures, est estimé entre 5,5 et 5,8 millions de dinars.

« Nécessité de préserver ce patrimoine collectif »

Le directeur général du logement insiste également sur « la nécessité de préserver ce patrimoine collectif ». Il rappelle que « la gestion des parties communes des immeubles est encadrée par une réglementation spécifique » et appelle les bénéficiaires « à contribuer activement à l'entretien des cages d'escaliers, des espaces verts, des terrasses et des différents équipements afin de garantir la pérennité de ces nouvelles cités. »

Par ailleurs, il dira que « le ministère travaille à éliminer progressivement l'image des quartiers-dortoirs en assurant une synchronisation entre la réalisation des logements et celle des équipements publics. Les infrastructures éducatives, sanitaires, commerciales et administratives sont désormais programmées parallèlement aux projets immobiliers afin que les nouveaux quartiers soient pleinement opérationnels dès leur mise en service. »

Cette démarche repose, selon lui, sur « une meilleure maîtrise du foncier ». Le ministère prévoit la création de 47 nouveaux pôles urbains à travers le territoire national, dont plusieurs sont déjà en cours de viabilisation. L'objectif est d'offrir des réserves foncières suffisantes pour accueillir les futurs programmes de logements tout en garantissant une planification urbaine cohérente.

« L'accès au logement demeure fondé sur des critères transparents »

Enfin, M Mordjani rappelle que « l'accès au logement demeure fondé sur des critères transparents ». Les conditions d'éligibilité reposent essentiellement sur « l'absence de bénéfice antérieur d'une aide de l'État ou de la propriété d'un terrain constructible ». Les différentes formules proposées permettent ainsi de répondre aux besoins de toutes les catégories de citoyens, qu'il s'agisse du logement public locatif, de la location-vente, du logement promotionnel aidé, de l'habitat rural ou encore des lotissements sociaux.

Source: Radio algérienne