Par Hanane Ben

Le média espagnol The Objective nous apprend que des négociations sont en cours entre l’État génocidaire Israël et l’Afrique du Sud. Israël ne désespère pas de retrouver son statut d’observateur au sein de l’Union africaine, un poste duquel il a été vite renvoyé par l’Algérie et l’Afrique du Sud. Et qui dit Israël en Afrique, dit son proxy le Maroc qui tenterait de rallier Pretoria à son fumeux plan d’autonomie du Sahara Occidental.

Selon la même source, la royauté du Maroc s’active à éroder le soutien africain au Front Polisario à la veille d'une nouvelle échéance clé au Conseil de sécurité des Nations unies, qui devra se prononcer avant l'expiration du mandat de la mission MINURSO le 31 octobre prochain.

Les Américains, qui font partie de ces négociations dites secrètes, veulent appuyer de tout leur poids dans cette machination – les relations entre Washington et Pretoria ayant été particulièrement compliquées ces derniers temps – afin qu’Israël retrouve ses entrées au sein de l’Union africaine et que Rabat rallie l’Afrique du Sud au profit de son plan foireux d’autonomie.

Malgré les spéculations de la presse sur un prétendu « glissement » du langage sud-africain, la position de Pretoria demeure en réalité totalement inébranlable. Si le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a évoqué une « solution politique juste, durable et mutuellement acceptable », il a surtout réaffirmé avec force devant l'ONU le « droit inaliénable à l'autodétermination » des Sahraouis et la « solidarité historique » de son pays.

L'utilisation du jargon onusien ne constitue en rien un renoncement : pour l'Afrique du Sud, une solution « mutuellement acceptable » passe impérativement par le consentement du peuple sahraoui et le respect du droit international, maintenant ainsi une ligne d'opposition ferme aux prétentions marocaines et aux manœuvres des puissances alliées.

Dans sa quête d'illusions, le régime du Makhzen va jusqu'à croire qu'un simple parti d'opposition ou des figures politiques déchues pourraient lui ouvrir les portes de Pretoria et concrétiser son rêve d'annexion. Rabat s'accroche ainsi à de pures gesticulations diplomatiques sans portée réelle.

L'accueil en grande pompe de l'ancien président Jacob Zuma en juillet 2025 – désormais chef du parti d'opposition uMkhonto weSizwe (MK) et en rupture totale avec le pouvoir en place – relève du pur mirage. Si Zuma a cru bon d'apporter son soutien au plan d'autonomie pour des raisons politiciennes, cette démarche n'engage en rien l'État sud-africain. D'ailleurs, le gouvernement officiel de Cyril Ramaphosa a immédiatement protesté contre l'usurpation des symboles nationaux lors de cette mascarade.

Quant aux tentatives des cercles de réflexion marocains (Policy Center for the New South) pour faire croire à une « recomposition » du débat politique sud-africain, elles relèvent de la méthode Coué. Qu'il s'agisse de démarches administratives de routine menées par une ambassade pour un ancien chef d'État ou des réunions d'appareil, la diplomatie officielle de Pretoria reste guidée par ses principes intangibles : l'alignement strict sur la légalité internationale et le soutien incontestable au droit à l'autodétermination du peuple sahraoui.

Face à cette réalité inamovible, The Objective s'adonne à de véritables girouettes verbales pour tenter d'imposer coûte que coûte le narratif d'un Maroc qui toucherait presque au but. Pour fabriquer une prétendue « passe difficile » pour la diplomatie sahraouie, l'article égraine les changements au Conseil de sécurité — la fin du mandat de l'Algérie, l'arrivée de pays alignés sur Rabat ou le virage colombien — et présente l'agitation marocaine comme une offensive décisive.

Mais après ce grand écart rhétorique destiné à survendre les ambitions de Rabat, le média est bien obligé d'en revenir aux faits et d'atterrir brutalement sur la version officielle : aucune avancée concrète n'existe. Pretoria continue de reconnaître pleinement la RASD, défend fermement l'autodétermination du Sahara Occidental et ne concède aucun changement d'orientation.

Forgée dans l'épreuve de la lutte contre l'Apartheid, l'Afrique du Sud est une nation consubstantiellement anti- coloniale. Il serait d'une naïveté déconcertante, voire d'une cécité politique totale, d'imaginer qu'un tel pays puisse un jour renier son ADN historique et cesser de soutenir les peuples en quête d'indépendance. Tout ce château de cartes journalistique s'effondre ainsi devant l'intangibilité de la position sud-africaine, ramenant le prétendu « exploit diplomatique » marocain à ce qu'il a toujours été : une pure opération d'intox et d'illusions.

Et pour parachever la déconvenue du régime marocain, les récentes déclarations de Massad Boulos sont venues doucher les derniers espoirs de Rabat : en précisant sans détour qu'aucune avancée concrète n'existe dans ce dossier tant la question est complexe, l'émissaire américain a définitivement sacrifié les prétentions expansionnistes marocaines sur l'autel de leurs propres illusions.