Par Hanane Ben

Face au mur des réalités diplomatiques à l'ONU, l'illusion s'effondre. Après le coup d'arrêt porté par la diplomatie russe et les récentes évolutions onusiennes, les réactions d'amertume et de colère se multiplient au sein de la société civile et des voix contestataires. Opposants, journalistes et citoyens dénoncent ouvertement le fossé entre le discours officiel du Makhzen et la réalité géopolitique, pointant du doigt une stratégie fondée sur des promesses trompeuses et des années de compromissions.

Six années de normalisation, de concessions en cascade et de gestes spectaculaires — à l'image de cette autoroute baptisée au nom de Donald Trump — n'auront finalement offert qu'un immense sentiment de vertige. Comme le souligne la journaliste Dounia Filali, après vingt-six années de règne de Mohammed VI, le constat financier et politique est lourd : des milliards de dollars auraient été dilapidés dans des valises noires, des circuits opaques et des mécanismes jugés défaillants.

Malgré les concessions consenties à tout prix sous couvert de défendre le « Sahara marocain » et le plan d'autonomie, le dossier se retrouve aujourd'hui ramené à la case départ, à la situation qui prévalait avant 1991. Pire encore, la MINURSO — initialement mise en place à la demande de Hassan II pour superviser le référendum d'autodétermination du peuple sahraoui — s'achemine vers une fin de parcours actée par les mutations onusiennes.

Malgré l'affichage de soutiens puissants — États-Unis, entité sioniste, France et autres partenaires — la diplomatie marocaine se voit reprocher par les opposants du Makhzen son incapacité chronique à s'emparer d'un Sahara qui ne lui a jamais appartenu, échouant systématiquement à imposer une prétendue souveraineté ou à obtenir la moindre légitimité internationale pérenne pour ses ambitions territoriales.

Dounia Filali pointe du doigt l'isolement croissant d'un pouvoir qui se retrouve de fait en dehors du cadre de la légalité internationale : « Même les réunions onusiennes et celles consacrées aux droits humains, que Nasser Bourita prétendait "épuiser" et dont il se réjouissait de ne plus assumer les obligations, ont pris fin. » Pour les critiques, le Makhzen apparaît désormais comme un acteur diplomatique en échec total, sortant de ce dossier bredouille.

Perte de repères, infiltration et contestation intérieure

Au-delà des échecs sur la scène internationale, c'est la cohésion interne et l'intégrité du pays qui volent en éclats. Les citoyens et opposants fustigent une ouverture des portes jugée irréversible ainsi que l'infiltration tous azimuts des sphères économiques et sociales par l’entité sioniste, une omniprésence vécue comme une menace existentielle pour l'identité nationale et comparée par certains aux heures sombres du colonialisme français.

Pour les voix contestataires, le compte n'y est pas. Plusieurs observateurs s'insurgent face à l'abandon des repères historiques et moraux au profit d'alliances unilatérales sans contrepartie réelle. En se coupant de ses voisins immédiats pour s'enfermer dans une spirale d'hostilités, la politique étrangère du pouvoir s'avère être un échec global, d'autant que des alliés traditionnels comme la France continuent de composer avec les intérêts espagnols, notamment sur le dossier de Ceuta.

La fuite en avant et la mascarade de la « démocratie » de façade

Malgré ces échecs cuisants et la déroute diplomatique enregistrée sur la scène internationale, la royauté poursuit sa fuite en avant à travers des artifices grotesques. Comme la pointe avec vitriol l'Agence de presse algérienne (APS), le Makhzen s'obstine à vouloir masquer la réalité par des mises en scène théâtrales, orchestrées sous la houlette du sioniste André Azoulay. À l'image de cette convocation de chambres parlementaires dépourvues de tout pouvoir réel — dans une tentative désespérée de singer des modèles démocratiques voisins —, le palais royal tente de détourner l'attention d'un peuple opprimé.

Cette « imposture d'Etat » et cette mascarade ultime, où aucun fondement constitutionnel ne vient légitimer une quelconque consultation du Parlement par le commandeur, illustrent le mensonge permanent d'un régime aux abois. Des artifices de communication qui, loin de tromper les citoyens, risquent de constituer la goutte d'eau faisant définitivement voler en éclats les illusions d'un royaume démocratique de pacotille.

Sur le terrain, la nervosité du régime s'illustre par une surenchère sécuritaire. De nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent d'importants déploiements de troupes et d'équipements militaires marocains acheminés vers les territoires sahraouis, comme en préparation d'un affrontement armé. Mais cette démonstration de force ne dupe personne.

Rappelons qu'avant le cessez-le-feu de 1991, la ferveur et la résistance des combattants sahraouis avaient poussé  Hassan II à réclamer l'intervention de l'ONU et l'installation de la MINURSO pour stopper les hostilités. Aujourd'hui, alors que les Sahraouis affirment leur détermination et leur disposition à reprendre les armes, le contraste est saisissant avec le moral des troupes marocaines. De nombreuses voix soulignent le refus grandissant des soldats de sacrifier leur vie pour préserver les intérêts d’une monarchie prédatrice, pendant que la population sombre dans la misère et la famine.

Le masque est tombé. Entre illusions mortifères, soumission affichée et isolement total, le verdict est irrévocable : le Makhzen a hypothéqué l'avenir du pays. Le régime n'a offert à sa jeunesse qu'une trahison de plus à léguer aux livres d'histoire. Ni Sahara conquis, ni honneur sauvegardé ; le Maroc du Makhzen achève sa course dans les abysses de la soumission et du discrédit.

Face à cette royauté qui aura bradé le pays au plus offrant, l'espoir d'un nouvel élan résiste : ils sont nombreux aujourd'hui à invoquer le souvenir d'un second Abdelkrim El-Khattabi pour briser les chaînes du Makhzen. Vivement l'avènement d'une République marocaine souveraine, libre et restaurée dans sa dignité !