Par Mohamed El Abassi
Le processus de la construction européenne, depuis la Communauté Européenne du charbon et de l’acier (CECA) à l’Union Européenne (U.E), s’est faite grâce à deux institutions communautaires essentielles et déterminantes. La vision européiste originelle de Robert Schuman, voulait sacraliser deux éléments, le droit et la démocratie. Le premier à travers une Cour de justice européenne capable de dire le droit et d’en faire une jurisprudence et, le second, faire du Parlement européen, l’expression des peuples d’Europe, en lui conférant des pouvoirs législatifs et de contrôle à même de contrebalancer les pouvoirs exécutifs de la commission européenne et, surtout, d’un Conseil Européen résistant, d’où, la difficile mue de l’Europe, en tant que « Union » supranationale.
Ce rappel de l’histoire nous amène à nous interroger sur la validité de cet édifice institutionnel de nos jours quand le droit communautaire est ignoré par les Etats membres, et que le parlement européen est miné par la corruption. Celui-ci est sensé agir « en tant que colégislateur : il partage avec le Conseil le pouvoir d’adopter et de modifier les propositions législatives et d’arrêter le budget de l’Union européenne. Il contrôle également le travail de la Commission européenne et des autres organes de l’Union européenne et collabore avec les parlements nationaux des États membres ».
L’on se souvient des batailles juridiques et politiques que ce dernier, empli, aujourd’hui, de 705 eurodéputés de tous bords politiques de tous les pays d’Europe, a dû gagner pour pouvoir en arriver à cette position : Initier des propositions de lois et s’imposer dans une configuration incontournable et le voir céder, aujourd’hui, à une corruption de deux sortes :
- Une corruption endogène, Les emplois fictifs qui ont éclaboussé le « cénacle » populaire d’une Europe se disant allergique à ce genre de passe-droit ;
- Et tout récemment, une corruption exogène, à travers notamment l’influence marocaine dans les décisions et résolutions votées par le P.E.
Si les emplois fictifs sont appréhendés comme une sorte de privilège de certains eurodéputés, cette incursion des services de sécurité et de diplomates marocains, moyennant l’achat des consciences e certains eurodéputés pour faire passer des résolutions sans fondement juridique légal, porte un discrédit irréparable à cette institution. Ce discrédit interpelle de manière tout aussi alarmante, la cour européenne de justice pour qu’elle s’approprie d’une question de droit impliquant sa neutralité « irréprochable » et sa mission de « contrôle la légalité des actes des institutions de l’Union européenne », dont le Parlement européen.
Pendant que la presse européenne de renom, se focalise sur l’évènement dans une narration superficielle mettant en exergue « l’exploit » à la 007, les réactions timides de Ursula Von Der Leyen, présidente de la commission européenne, et de Joseph Borel, chef de la diplomatie européenne, en sont à supposer, évoquant des soupçons, voire de présumés actes de corruption alors que des coupables sont en prison et que les corrupteurs identifiés sont en fuite !