du Nord à sa profondeur continentale, avec d''importantes retombées économiques, sociales et géopolitiques, ont affirmé mercredi à Alger des experts et des responsables. Ces déclarations ont été faites lors d''une conférence- débat organisée à l''Ecole nationale d''administration (ENA) sur le thème: "Le projet du siècle : la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset", à l''initiative du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE) qui s''est déroulée en présence du conseiller auprès du président de la République chargé des affaires économiques, M. Farid Kourtel, de la ministre, Haut-commissaire à la numérisation, Mme Meriem Benmouloud, du Directeur général des Douanes, le Général-Major Abdelhafid Bakhouche, ainsi que de représentants de plusieurs secteurs, d''experts et d''universitaires. Dans son allocution à l''ouverture de la rencontre, le président du CNESE, Mohamed Boukhari, a indiqué que ce projet dépasse le simple cadre d''une infrastructure majeure pour incarner une vision globale de développement visant à renforcer l''intégration nationale et à consolider la coopération africaine. Cette réalisation s''inscrit parmi les projets structurants traduisant la vision prospective du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, fondée sur le principe selon lequel l''investissement dans les infrastructures est un investissement dans l''avenir du pays, permettant de promouvoir le développement durable, de consolider la souveraineté économique et d''accroître la compétitivité nationale, a-t-il soutenu. Il a précisé que cette conférence vise à enrichir le débat sur les dimensions économiques, sociales, environnementales, logistiques et géopolitiques du projet, tout en explorant les moyens de garantir sa réussite et d''assurer l''ensemble de ses retombées en matière de développement. Pour sa part, le directeur général de l''Ecole nationale d''administration (ENA), Abdelmalik Mezhouda, a qualifié ce projet de l''un des plus importants projets ferroviaires en Afrique, estimant qu''il constitue l''un des principaux leviers de la transformation économique et un instrument de renforcement de l''intégration nationale, outre le fait qu''il représente une artère stratégique permettant de valoriser le potentiel économique des différentes régions du pays et de consolider la position de l''Algérie en tant que hub logistique et régional. De son côté, le directeur général de la mobilité et de la logistique au ministère de l''Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Abdelhadi Meziani, a souligné que ce projet représente un investissement structurant dont les retombées dépassent la dimension financière, le qualifiant de "projet de nation" appelé à redessiner la carte économique et démographique de l''Algérie. Ce projet constitue un instrument de souveraineté destiné à consolider le développement durable et à faire du Sahara algérien un pôle économique et industriel prometteur, au regard de son rôle visant à relier le commerce national à sa profondeur africaine, a-t-il ajouté. Cette ligne ferroviaire, longue de 2.006 km, est conçue pour accueillir des trains roulant à une vitesse pouvant atteindre 220 km/h, reliant Alger à Tamanrasset en passant par les wilayas de Blida, Médéa, Djelfa, Laghouat, Ghardaïa, El Meniaa et In Salah, précise M. Meziani, ajoutant que le projet repose sur des tronçons déjà mis en service, d''autres en cours de réalisation, ainsi que sur des sections dont les études techniques ont été achevées. Par ailleurs, l''universitaire Farès Boubakour a estimé que ce projet permettra de passer d''un système de transport qui s''appuie principalement sur le transport routier de marchandises à un modèle plus performant et plus durable, ce qui contribuera au développement du réseau national de transport et au désenclavement des différentes régions du pays. Il a expliqué que le transport ferroviaire contribuera à réduire les coûts d’acheminement des produits miniers et des marchandises lourdes, à l’instar du ciment et des produits agricoles, et soutiendra également l’activité touristique en offrant un moyen de transport confortable, sûr et régulier, tout en renforçant l’interconnexion entre les différentes régions. De son côté, le professeur Youcef Aibeche a indiqué que le projet constitue un nouveau modèle de développement territorial, à travers la création d’un corridor stratégique contribuant au développement des villes oasiennes, à l’amélioration des services logistiques et au renforcement du développement durable dans les régions du Sud. Sur le plan économique, le vice-président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Samir Yaici, a souligné que le projet permettra de réduire les coûts du transport de marchandises et de raccourcir les délais d’acheminement, qui passeront de plusieurs semaines à quelques jours, tout en améliorant la fiabilité des services de transport, ce qui favorisera l’accès des produits algériens aux marchés africains. Pour sa part, le vice-président du CNESE, Abdelmadjid Gueddi, a affirmé que les expériences internationales ont démontré que les grandes économies, à l’instar des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie, se sont appuyées sur des investissements massifs dans les réseaux ferroviaires, considérés comme une infrastructure stratégique pour soutenir le développement économique et relier les zones industrielles et agricoles.
Neuf prisonniers civils sahraouis du groupe de Gdeim Izik ont annoncé, aujourd'hui, le début d’une grève de la faim illimitée dans plusieurs prisons marocaines, pour protester notamment contre leurs conditions de détention et leur éloignement des villes du Sahara occidental. L’information a été rapportée par l’Agence de presse sahraouie (SPS), qui cite un communiqué signé par les détenus.
Les prisonniers, incarcérés depuis seize ans, affirment avoir décidé de recourir à la « bataille des entrailles vides » pour dénoncer ce qu’ils présentent comme une privation de leur droit à être transférés vers les villes du Sahara occidental. Ils demandent également la mise en œuvre des décisions et avis émanant de mécanismes onusiens concernant leur situation judiciaire et les conditions de leur détention.
Dans leur communiqué, les détenus affirment que leur mouvement vise notamment à attirer l’attention sur les conditions de détention des prisonniers civils sahraouis. Ils évoquent des accusations de mauvais traitements physiques et psychologiques, de placement prolongé à l’isolement ainsi que des difficultés d’accès aux soins médicaux. Ces accusations sont rapportées par SPS sur la base du communiqué des grévistes et n’ont pas été vérifiées de manière indépendante par l’agence.
Les prisonniers demandent également une implication accrue des mécanismes internationaux. Ils appellent notamment le Conseil de sécurité à élargir le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) afin qu’il puisse inclure, selon leur demande, le suivi et la documentation de la situation des droits humains dans le territoire.
Ils réclament par ailleurs un accès « immédiat et sans condition » du Comité international de la Croix-Rouge au territoire afin qu’il puisse, selon eux, exercer ses fonctions humanitaires et effectuer des visites dans les prisons et lieux de détention.
Les neuf détenus concernés sont répartis entre trois établissements pénitentiaires marocains. Il s’agit de Mohamed Bani, détenu à la prison d’Aït Melloul 2 ; Abdallah Abhah, Mohamed Lamine Haddi et Bachir Khadda, incarcérés à Tiflet 2 ; ainsi que Sidi Bachir Boutenkiza, Ahmed Sebai, Naâma Asfari, El Hussein Zaoui et Hassan Dah, détenus à la prison centrale de Kénitra.
Cette nouvelle grève intervient alors que la question des prisonniers civils sahraouis demeure au centre des préoccupations des organisations et structures sahraouies de défense des droits humains. La SPS avait déjà rapporté, les 21 et 22 septembre, des appels à la libération de prisonniers sahraouis ainsi que le lancement d’une grève de la faim préventive par un autre détenu.
La situation de ces prisonniers s’inscrit ainsi dans un contexte de tensions persistantes autour de la question du Sahara occidental et des conditions de détention des militants et civils sahraouis incarcérés au Maroc.