Des experts économiques ont salué, mardi, les conclusions de la réunion présidée lundi par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, mettant en avant les grandes dimensions de développement que portent le projet de phosphate intégré dans l’Est du pays, dont l’entrée en production est prévue en 2027, ainsi que le lancement des travaux de réalisation de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset au plus tard au cours du mois de septembre prochain.
Dans ce cadre, l’économiste Houari Tigharsi, a estimé dans une déclaration à l’APS que le projet de phosphate intégré constitue l’un des projets industriels stratégiques les plus importants en Algérie ces dernières années, dans la mesure où il ne se limite pas seulement à l’exploitation des ressources minières, mais vise la création d’une chaîne de valeur industrielle intégrée allant de l’extraction à la fabrication de produits à forte valeur ajoutée.
Après avoir salué les conclusions de cette réunion, l’intervenant a rappelé que l’entrée en production du projet en 2027 donnera non seulement un élan aux exportations algérienne d’engrais phosphatés et azotés, notamment à la lumière de la hausse de la demande mondiale liée à la sécurité alimentaire et à l’expansion agricole sur les marchés africains et asiatiques, mais permettra également de réduire la dépendance à l’exportation de matières premières et de s’orienter vers celle des produits transformés, ce qui augmentera les recettes et renforcera la valeur ajoutée locale, a-t-il dit.
S’agissant du projet de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, l’expert a indiqué qu’il permettra de refondre la géographie économique nationale, en reliant le Nord au Sud à travers un réseau logistique intégré permettant de réduire les coûts de transport et d’améliorer la circulation des marchandises et des personnes.
Evoquant l’impact de cette infrastructure stratégique à dimension nationale et continentale sur le développement, M. Tigharsi a souligné qu’elle favorisera la transformation du Grand Sud en un espace économique plus intégré, en facilitant le transport des produits miniers, énergétiques et agricoles vers les ports et les marchés nationaux puis internationaux, ce qui est à même d’ériger les villes du Sud en hubs logistiques et commerciales tournées vers l’Afrique.
M. Tigharsi a mis en avant la véritable importance de ces projets, qui réside dans leur capacité à créer des secteurs et des filières économiques hors hydrocarbures, faisant observer que l’investissement dans les industries manufacturières liées à l’énergie, à l’instar des engrais et de la pétrochimie, permet de transformer les ressources naturelles en produits industriels à plus forte valeur ajoutée, et que les grands projets d’infrastructures fournissent la base matérielle nécessaire au développement d’autres secteurs, tels que l’industrie, l’agriculture et le commerce.
Le succès de la politique de diversification économique ne signifie pas un abandon des hydrocarbures, mais plutôt l’utilisation de leurs recettes et de leurs capacités d’investissement en tant que levier pour bâtir une économie plus diversifiée et moins vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux, une orientation que l’Algérie s’emploie à concrétiser à travers l’accélération de la réalisation des grands projets structurants, a-t-il ajouté.
Pour sa part, l’expert économique Ishak Kherchi a salué la place centrale qu’occupent les projets de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset et du phosphate intégré, mettant l’accent sur le rôle de ce dernier, à court terme, dans la mise en place d’un système industriel intégré englobant les industries chimiques et de transformation ainsi que les services logistiques associés, ce qui ouvrira la voie au transfert de technologies et au développement des compétences nationales dans le domaine des engrais.
Ce projet, a-t-il dit, traduit la volonté de l’Etat de transformer les ressources naturelles en moteurs de développement industriel, ce qui est en accord avec la vision du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à bâtir une économie productive reposant sur la création de richesse au niveau national et l’encouragement des exportations.
Concernant la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, l’expert estime que ce projet ne doit pas être regardé comme une infrastructure de transport seulement, mais comme une infrastructure structurelle qui contribuera de manière directe à la réduction des coûts logistiques, à l’accélération des flux de marchandises et des personnes et à l’amélioration de l’attractivité des régions intérieures pour l’investissement.
Il a précisé que la dimension continentale du projet s’inscrit dans une orientation stratégique de l’Algérie visant le renforcement de son rôle et son intégration africain, en faisant du Sud un espace économique créateur de richesses, ajoutant que la ligne ferroviaire insufflera, à moyen terme, une plus grande dynamique aux exportations algériennes vers les pays du continent, notamment les produits hors hydrocarbures.
Le président de la République avait présidé, lundi, une réunion de travail consacrée aux projets structurants du secteur des hydrocarbures, portant sur le projet de complexe de production d’engrais phosphatés, ainsi que sur le projet intégré de phosphate pour la production d’ammoniac et d’urée, en plus de la production d’engrais phosphatés et azotés.
A cette occasion, il a été décidé que le projet intégré de phosphate entrera en phase de production au cours du premier trimestre de l’année 2027, parallèlement à l’achèvement du projet d’extension du port d’Annaba, qui sera prêt à exporter les premières cargaisons de phosphate durant la même période. Par ailleurs, la réunion a examiné le financement du projet de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset. Il a été décidé de lancer les travaux, au plus tard au cours du mois de septembre prochain.