Par Fatma Zohra Hamza

A l’heure où, l’Espagne a rompu toute coopération militaire avec Israël, l’entité génocidaire arme le Maroc. Madrid suit de très près les multiples acquisitions israéliennes, drones, défense antiaérienne et lanceurs de missiles et n’écarte pas un conflit armé plus conventionnel avec le royaume. 

Rabat accélère son réarmement non seulement avec des systèmes défensifs comme des boucliers anti-drones et l’achat du « David’s sling » le dôme israélien, la royauté, en proie à un effondrement financier, compte tenu du poids de la dette extérieure par rapport à son PIB,  dépense aussi des budgets colossaux - le Makhzen a dépensé 5,645 milliards d’euros en 2025 en dépenses militaires, selon le dernier rapport de l’institut de Stockholm pour les études internationales sur la paix (SIPRI)- dans les systèmes d’attaques avec l’acquisition des F-16 Block 72, des hélicoptères AH-64 E Apache, des chars Abram, des drones, artillerie de roquettes et dernièrement les missiles balistiques LORA  capables  d’atteindre des cibles situées à plus de 400km.

L’auteur de l’ouvrage autobiographique "Rey servido y patria honrada ", Fernando Alejandre, considère l’armement du Maroc comme une « une menace directe contre l’Espagne ».

Cet ancien chef d’état-major espagnol (en fonction entre 2017 et 2020), avait tiré la sonnette d’alarme -lors d’interviews accordées aux médias espagnols en début de l’année 2026- contre la matérialisation de cette menace marocaine en un conflit progressif. Il a toujours évoqué le scénario, d’une première vague de confrontation, par le biais d’assauts de migrants contre les deux enclaves espagnoles Mellila et Ceuta, évoluant par la suite « en un affrontement de haute intensité », soit un véritable conflit armé entre les deux royaumes.

Quelques mois après ces déclarations, ce scénario se concrétise, écartant tout doute quant à l’intention réelle du Maroc d’alimenter les tensions avec le royaume ibérique.

Le Maroc a usé de ses tactiques hybrides habituelles, en orchestrant l’assaut massif des marocains contre l’enclave de Ceuta, le 30 et 31 juillet dernier, dont le bilan est estimé à 100 morts . À travers ces tensions, le Makhzen tente de légitimer une possible confrontation militaire avec l’Espagne.

Les politiques espagnoles s’inquiètent particulièrement du rapprochement croissant entre les deux entités (Israël et Maroc), une dynamique géopolitique compromettant la sécurité de Madrid.

Le détroit de Gibraltar : au cœur des ambitions marocaines

L’armement massif marocain par Israël, notamment le système d’artillerie de roquettes à longue portée qui peuvent couvrir une partie du détroit de Gibraltar et le Sud de l’Andalousie, offre à Rabat une capacité de saturation et de frappe terrestre que l’Espagne n’a plus.

Cette capacité de déni d’accès et de pression autour du détroit de Gibraltar du Maroc, réduit de facto l’avantage conventionnel espagnol ; transformant ainsi ce détroit d’un simple passage maritime en un espace cristallisant les conflits aux conséquences imprévisibles.

Le détroit est un point de passage maritime majeur et toute crise, pourrait affecter non seulement le trafic commercial, les escortes navales mais aussi les opérations de surveillance.

Les observateurs, écartent certes une fermeture du détroit par le Maroc, mais évoquent des pressions marocaines pour rendre son utilisation militaire du détroit plus risquée pour l’Espagne.

C’est pourquoi les systèmes d’artillerie de roquettes à longue portée marocains suscitent autant d’attention et d’inquiétude dans la sphère politique ibérique.