Le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies et coordinateur avec la MINURSO, Sidi Mohamed Amar, a adressé jeudi une lettre à l’ambassadrice de la Grèce auprès de l’ONU et présidente en exercice du Conseil de sécurité, Aglaia Balta, pour lui faire part de la position du mouvement sahraoui concernant le projet préliminaire de résolution distribué le même jour par les États-Unis aux membres du Conseil.
Dans cette correspondance, le Front Polisario estime que le contenu du projet ne peut constituer une base de discussion sur la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO) ni sur le processus de paix. Il prévient que son adoption sans modifications substantielles et significatives pourrait le conduire à se retirer de l’ensemble du processus de paix.
Dans une déclaration à Algérie 54, l’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en Afrique du Sud, Bah El Mad Abdallah, a exprimé des réserves concernant cette mouture américaine, estimant que certaines de ses orientations pourraient s’écarter des principes du droit international et porter atteinte au droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
Le diplomate sahraoui a notamment pointé le risque de marginalisation du principe de décolonisation, la place accordée aux résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies et le respect de la neutralité dans le traitement de la question du Sahara Occidental.
Bah El Mad Abdallah a également insisté sur la nécessité de maintenir l’indépendance parmi les options ouvertes au peuple sahraoui. Selon lui, toute démarche visant à écarter cette option reviendrait à prédéterminer l’issue du processus politique et à restreindre l’exercice du droit à l’autodétermination.
Il a rappelé que le Sahara Occidental figure toujours sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies. Il a également évoqué le vote récent de la Quatrième Commission de l’Assemblée générale, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, en faveur d’une résolution soutenant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
L’ambassadeur a, par ailleurs, souligné l’importance de préserver le mandat de la MINURSO et les prérogatives qui lui ont été confiées par les Nations unies. Toute modification de son rôle doit, selon lui, tenir compte du cadre juridique ayant présidé à sa création et des objectifs du plan de règlement élaboré par l’ONU et l’Organisation de l’unité africaine.
Le Front Polisario considère que le Conseil de sécurité doit prendre en compte l’ensemble des résolutions pertinentes sur le Sahara Occidental et non se limiter à la résolution 2797 (2025). Il estime que toute évolution du mandat de la MINURSO doit respecter le statut international du territoire et les principes qui fondent le processus de décolonisation.
Le mouvement sahraoui affirme rester attaché à la recherche d’une paix juste, durable et définitive. Il appelle les parties concernées à agir de manière constructive pour préserver le processus politique et les perspectives de stabilité dans la région.
Pour Bah El Mad Abdallah, toute solution au conflit du Sahara Occidental doit garantir au peuple sahraoui le libre exercice de son droit à l’autodétermination, conformément aux principes et aux résolutions des Nations unies.
Rasha Selmi