Par Fatma Zohra Hamza
Le Front Polisario porte, le combat du peuple sahraoui contre l’occupation marocaine, à nouveau, devant la Cour de justice de l’union européenne, CJUE autour des accords de tourisme d’occupation au Sahara Occidental.
Ce nouveau combat fait suite à l’application de la clarification, apportée en septembre dernier par la commission européenne, qui stipule que le cadre juridique de l’accord aérien conclu entre l’UE et le Maroc, n’inclut nullement les liaisons aériennes desservant Dakhla et Laâyoune occupée.
Une mise au point de taille, inscrite, dans le prolongement des arrêts rendus par la CJUE concernant les accords entre l’Union européenne et le Maroc.
Le 4 octobre 2024 , la Cour de justice de l'Union européenne CJUE avait rendu un arrêt dans lequel elle reconnaissait que les accords commerciaux entre le Maroc et l'UE sur la pêche et les produits agricoles étaient illégaux suite à l’exploitation illégale des ressources naturelles sahraouies par le Makhzen.
Le Front Polisario avait utilisé alors cette peine au cours des deux années pour donner la bataille juridique à Rabat à Bruxelles.
Aujourd’hui, le Front Polisario, représentant légitime et unique du peuple sahraoui reconnu par les nations unies, se bat contre le tourisme d’occupation et contre le mensonge marocain.
Le Makhzen a établi des accords bilatéraux directement avec certains Etats membres de l’union européenne, comme la France ou encore l’Espagne, en incluant illégalement deux villes sahraouies colonisées (Dakhla et Laâyoune), comme destination marocaine.
Dans une première étape, le Front Polisario a présenté, devant le parlement européen, le rapport sur le Tourisme Occupation « Dakhla, du camp militaire à la ‘perle du désert’.
Cette étude approfondie - préparé par le groupe Amauta Coop en collaboration avec le groupe vert du Parlement européen - démontre la façon dont le Maroc a inclus dans ses plans de promotion touristique la ville sahraouie de Dakhla; le Makhzen la présentant comme le nouveau paradis des kitesurfeurs, dénature cette ville de son statut légal reconnu par la communauté internationale comme étant un territoire colonisé par le Maroc.
Dans ce dossier de tourisme d’occupation, les entreprises opérant dans les territoires occupés jouent un rôle central.
Le rapport souligne que des compagnies comme TripAdvisor, Booking Airbnb, Condé Nast, Royal Air Maroc, Binter Canarias... et Ryanair sont impliquées dans cette propagande à outrance afin de manipuler l’opinion publique.
Parmi les entreprises mises en cause, la compagnie aérienne irlandaise, propose des circuits low cost à destination de ces villes sahraouies occupées.
Ryanair a signé, en novembre 2024, un accord avec l'Office national marocain du tourisme, qui a entraîné des vols en provenance de Madrid et de Lanzarote. La société ne s’est pas seulement limitée à l'ouverture de ces itinéraires, mais se réfère également au territoire sahraoui comme une destination marocaine ; et elle la promeut en tant que telle.
Les autorités sahraouies en sont particulièrement critiques car avec ses vols vers Dakhla occupée, Ryanair a changé son "échelle d'accessibilité", faisant de la ville une destination directement accessible depuis l'un de ses principaux hubs urbains, comme Madrid, en totale violation des décisions de la cour de justice de l'UE (CJUE) qui, démontrent clairement que le Sahara Occidental et le Maroc sont des territoires "différents et séparés" et Rabat n'a aucune souveraineté sur le territoire sahraoui, ses eaux ou son espace aérien.
En ce sens, la Commission a officiellement informé les compagnies aériennes européennes que les liaisons avec le Sahara Occidental sont exclues de l'accord euro-méditerranéen sur l'aviation avec le Maroc. Cependant, la France et l'Espagne ont autorisé l'ouverture de routes aériennes de leurs frontières vers le territoire sahraoui.
La complicité de ces deux gouvernements, est particulièrement inquiétante puisque, selon le rapport, les pays de l'UE, dirigés par la France et l'Espagne, concentrent la grande majorité des visiteurs étrangers que le Maroc reçoit.
Les avocats du Front Polisario affirment que le représentant du peuple sahraoui, prévoit d'aller en justice pour mettre fin aux vols touristiques vers le Sahara occupé et dénonce un "activisme agressif" en faveur de Rabat par la France et l'Espagne.