Dans une tribune publiée mardi par le quotidien espagnol El Independiente, Héctor Bujari Santorum critique la gestion du dossier du Sahara occidental par les Nations unies et met en cause la position de l’Espagne. Il dénonce notamment le traitement réservé à une plainte présentée devant la quatrième commission de l’Assemblée générale de l’ONU et appelle à l’organisation d’un référendum d’autodétermination.
 
Le dossier du Sahara occidental continue de soulever des interrogations sur l’application du droit à l’autodétermination et le rôle des Nations unies dans le processus de décolonisation. Dans une tribune publiée le 27 octobre par El Independiente, Héctor Bujari Santorum, militant pour le Sahara occidental, estime que les mécanismes onusiens ne permettent pas de donner une place suffisante aux revendications du peuple sahraoui.
 
L’auteur critique notamment le recours à la formule d’une « solution mutuellement acceptable », qu’il considère comme une approche ambiguë ne tenant pas suffisamment compte, selon lui, du droit à l’autodétermination. Il rappelle, à cet égard, la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée en 1960, qui consacre le droit des peuples coloniaux à disposer d’eux-mêmes, ainsi que l’avis consultatif rendu en 1975 par la Cour internationale de Justice sur le Sahara occidental.
 
Au cœur de sa tribune figure également le fonctionnement de la quatrième commission de l’Assemblée générale, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation. Héctor Bujari Santorum affirme avoir remis une plainte formelle signée par 27 pétitionnaires, qui n’aurait, selon son témoignage, été ni présentée en séance plénière ni suivie d’un accusé de réception. Il reproche à la présidence de la commission d’avoir refusé de donner lecture du document lors de la séance concernée.
 
L’auteur y voit un dysfonctionnement institutionnel qui, à ses yeux, illustre les difficultés rencontrées par les défenseurs de la cause sahraouie pour faire entendre leurs revendications au sein de l’organisation internationale.
 
L’Espagne également mise en cause
 
La tribune interpelle également l’Espagne sur ses responsabilités historiques et juridiques à l’égard du Sahara occidental. Héctor Bujari Santorum conteste les conséquences des accords de Madrid de novembre 1975 et soutient que le retrait espagnol du territoire n’a pas éteint les obligations découlant, selon son interprétation, de la Charte des Nations unies, notamment de son article 73 relatif aux territoires non autonomes.
 
Il critique par ailleurs les relations économiques entre Madrid et Rabat, en évoquant les projets d’investissement et les perspectives commerciales d’entreprises espagnoles au Maroc, notamment dans le secteur portuaire. Il cite, à ce titre, le projet du port Dakhla Atlantique, dont le coût est estimé à 1,3 milliard d’euros, pour dénoncer ce qu’il considère comme une contradiction entre les intérêts économiques et les engagements liés à la décolonisation.
 
Ces accusations constituent la position défendue par l’auteur dans sa tribune et ne sauraient, à elles seules, établir les responsabilités juridiques qu’il invoque.
 
Le référendum au centre des revendications
 
Héctor Bujari Santorum réaffirme que l’exercice du droit à l’autodétermination doit passer par l’expression libre de la volonté du peuple sahraoui. Il rejette, dans ce cadre, la proposition d’autonomie sous souveraineté marocaine, estimant qu’elle ne saurait se substituer à un processus de décolonisation fondé sur le choix des populations concernées.
 
L’auteur relève également que, selon les éléments qu’il rapporte, le projet de résolution relatif au Sahara occidental examiné en 2026 par la quatrième commission a été adopté sans consensus, avec sept abstentions et deux votes contre. Il souligne que les États-Unis et l’entité sioniste figuraient parmi les opposants au texte, tandis que le Maroc aurait voté en sa faveur.
 
Le militant appelle l’Espagne et les Nations unies à assumer leurs responsabilités dans le dossier sahraoui et à favoriser l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Sa tribune remet ainsi au centre du débat la question de l’effectivité du droit à la décolonisation et celle des moyens dont dispose la communauté internationale pour parvenir à un règlement du conflit.
 
Rasha Selmi