Réunis au siège du Parlement danois à Copenhague, des responsables politiques, juristes et anciens responsables de l’ONU venus du Danemark, de Suède et de Norvège ont consacré une conférence à la question du Sahara Occidental, avec un accent particulier sur le droit à l’autodétermination et le rôle des Nations unies.
Une conférence des pays nordiques consacrée au Sahara Occidental s’est tenue ce mardi 29 septembre au siège du Parlement danois à Copenhague, à l’initiative de l’Association danoise des Nations unies. La rencontre a réuni des représentants du Danemark, de la Suède et de la Norvège, ainsi qu’une délégation sahraouie conduite par Sidi Mohamed Amar, membre du Secrétariat national du Front Polisario, représentant du Front auprès des Nations unies et coordinateur avec la MINURSO.
Dans son allocution d’ouverture, le président de l’Association danoise des Nations unies, Finn Riska Nielsen, a présenté la question du Sahara Occidental comme l’un des dossiers de décolonisation encore non résolus, rappelant le rôle joué par les Nations unies dans les processus de décolonisation à travers le monde. Il a également évoqué l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice et appelé à œuvrer en faveur d’une solution durable fondée sur le respect du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.
La députée danoise Trine Pertou Mach, membre du parti Alliance rouge- verte, a pour sa part dénoncé ce qu’elle a qualifié d’occupation marocaine du Sahara Occidental. Elle a appelé à soutenir le peuple sahraoui et le Front Polisario dans leur revendication du droit à l’autodétermination, tout en critiquant ce qu’elle considère comme une politique de « deux poids, deux mesures » dans les relations internationales. Elle a également affirmé que son parti entendait continuer à œuvrer pour que le gouvernement danois respecte le droit international concernant le Sahara occidental.
Ancien commandant des forces de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), le général Kurt Mosgaard est revenu sur l’histoire du territoire ainsi que sur la création et le mandat de la mission onusienne. Il a rappelé que la MINURSO avait été mise en place dans le cadre du processus visant à permettre l’organisation d’un référendum d’autodétermination.
Le général danois a également évoqué les ressources naturelles du territoire et dénoncé leur exploitation, estimant que les richesses du peuple sahraoui font l’objet d’un « pillage » avec la participation d’acteurs étrangers, notamment européens.
De son côté, la professeure de droit international à l’Université de Copenhague Astrid Schieldgaard Pedersen a abordé la question du droit à l’autodétermination au regard de la Charte des Nations unies et des résolutions pertinentes de l’Organisation. Elle a également rappelé l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice en 1975 sur le Sahara occidental, soulignant, selon son analyse, les obligations des États en matière de respect du droit à l’autodétermination et de non-ingérence dans son exercice.
L’ancien ministre danois des Affaires étrangères Mogens Lykketoft a, lui, insisté sur les difficultés auxquelles est confrontée l’application du droit international dans le contexte actuel. Il a établi un parallèle entre les situations palestinienne et sahraouie, estimant que les deux peuples sont privés de leur droit à l’autodétermination. Il a plaidé pour une solution permettant au peuple sahraoui de décider librement de son avenir.
Lors de cette rencontre, Erik Hagen, représentant du Comité norvégien de soutien au Sahara Occidental, a également appelé à renforcer l’action des pays scandinaves sur ce dossier. Il a notamment dénoncé l’exploitation des ressources naturelles du territoire et la participation d’acteurs étrangers.
Les intervenants ont ainsi placé le droit international et le droit à l’autodétermination au centre des échanges, tout en appelant les pays nordiques à maintenir leur engagement sur la question du Sahara Occidental et à soutenir les efforts visant à parvenir à une solution conforme au cadre des Nations unies.
Rédaction Algérie 54