Par Fatma Zohra Hamza
Les prisonniers politiques sahraouis, détenus depuis plus de 17 ans, dans les geôles marocaines, sont les victimes de la vengeance préméditée du régime du Makhzen.
Ces 19 détenus d’opinion, croupissent derrière les barreaux, sans procès équitable dans des conditions de détention inhumaines imposées par l’administration pénitentiaire de l'occupant marocain ; leur vie est en danger, ils réclament justice !
Le collectif d’avocats du groupe de prisonniers politiques de Gdeim Izik, dénonce les pratiques de torture perpétrées par l’occupant Marocain.
L’état actuel, très préoccupant, de ces prisonniers politiques met à nu, 17 ans de tortures et de violation flagrante du droit international, du droit même à la vie, 17 ans de crimes commis en toute impunité par le régime du Makhzen .
De la torture à l’isolement, le système marocain a tout fait pour briser la volonté de ces militants, allant même jusqu’à orchestré un plan, soigneusement appliqué par l’administration carcérale, pour leur faire perdre la raison.
Depuis la violation du cessez-le-feu par le Maroc, a Guerguerat, en 2020, le Makhzen a donné des instructions, à l’administration pénitentiaire pour reprendre « l’humiliation avec des insultes politiques très ciblés, sans arrêt » contre des prisonniers politiques « gardés en isolement durant 17 ans, je vous laisse imaginer l’impact psychologique sur mes clients » explique Olfa Ouled, avocate française du groupe de Gdeim Izik.
Ils sont en isolement cellulaire prolongé « ce qui se passe en ce moment c’est qu’ils commencent à ne plus faire de distinction, entre les jours ni même l’espace, l’impact de ces pratiques reste extrêmement préoccupant, il s’agit des pires tortures qu’un être humain puisse subir » poursuit-elle.
Il existe vraisemblablement, une volonté de vengeance affichés de certains gardiens ; insultes et passage à tabac documentés par les témoignages des familles, recueillis suite aux rares appels téléphoniques passés à ces détenus.
« Ces tortures avaient pour objectif de leur extorquer des aveux pour des choses qu’ils n’ont absolument pas commises, puisque je le rappelle jusqu’à présent nous n’avons aucun élément matériel, seulement ces procès verbeux qui consignent des aveux extorqués sous la torture » explique l’une des avocates du collectif maître Olfa Ouled.
La réalité est sans équivoque : il s’agit bien d’un schéma constant, des traitements inhumains et dégradants qui deviennent des tortures par ce qu’elles ont pour vocation à humilier ces prisonniers ces détenus d’opinion politique.
L’objectif affiché et assumé du royaume du Maroc et « de les rendre complètement fous » s’indigne l’avocate Olfa Ouled.
La vie de ces prisonniers compromise par l’ONU !
Le Makhzen fait fi, des grands traités internationaux relatifs aux droits de l’homme- qu’il s’agissent du pacte international relatif aux droits civils et politiques signé en 1979 ou même de la convention contre la torture ratifiée en 1993- il applique une politique de répression de torture et de privation de soins, contre ces détenus politiques.
A la question de savoir, si un jour, nous assisterons à lancer un jugement contraignant contre le régime du Maroc pour mettre fin à ces violations ? la réponse est clairement NON. Maître Olfa , évoque des décisions onusiennes sans aucune force juridique contraignante, qui offre l’immunité à un système colonial répressif.
Les décision du Comité contre la torture ou du groupe sur la détention arbitraire de l’ONU annoncées depuis 2016 -des décisions qui peuvent s’apparenter à des décisions judiciaires, mais ce n’est pas le cas puisque elle ne sont pas rendues par un juge- restes lettre morte, la raison : ces organismes onusiens ne disposent pas des outils juridiques nécessaires pour contraindre l'occupant marocain à les appliquer, qu’il s’agisse de la décision du regroupement dans un seul établissement situé dans les territoires occupés du Sahara Occidental des prisonniers ou encore du respect de leurs droits fondamentaux garanti par le droit international.
L’impuissance de ces organismes de l’ONU, compromet la survie de ces prisonniers.
Certains membres du groupe de prisonniers de Gdeim Izik, qui se trouvent actuellement dans les prisons de : Ait Melloul 2, Tiflet 2 et Knitra, sont en grève de la faim illimitée, entamée depuis le 23 septembre, pour dénoncer les mesures punitives et le traitement inhumain dont ils sont victimes.
Ils ont décidé de se battre pour leur dignité et pour l’humanité ; face aux exactions du régime du Makhzen dont l’objectif est de briser leur volonté.
Isolés du monde, forcés à vivre comme des "animaux" ; ces 09 prisonniers politiques :Ahmed Sebai, El Hussein Zaoui, Mohamed Bachir Boutenkiza, Mohamed Lamin Haddi, Abdallah Bahah et Hassan Dah poursuivent leur grève de la faim, tandis que Mohamed Bani a été contraint de suspendre sa grève après une grave détérioration de son état de santé et son transfert à l'unité médicale de la prison d'Ait Melloul 2 sans oublier Naâma Asfari, dont l’état de santé est très préoccupant, selon l’association de protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines.