Badwill, selon New York Times
Pour sa part, le média américain New York Times a évoqué "une aubaine" bien saisie par l'UBS en rachetant la banque rivale Crédit Suisse pour un peu plus de 3 milliards de dollars ce printemps, à la demande du gouvernement suisse, les analystes et les investisseurs ont déclaré que le prix représentait une forte décote. Mais le gain réalisé durant le second trimestre de l'exercice 2023, dément les défis auxquels l'UBS est confrontée alors qu'elle s'apprête à finaliser le plus grand rachat d'une banque depuis la crise financière de 2008.
L'énorme profit d'UBS provient du « badwill », un phénomène comptable dans lequel une entreprise achète un actif à un prix inférieur à sa valeur, conduisant à un gain non monétaire qui reconnaît essentiellement la valeur réelle de l'actif. (Cela est également connu sous le nom de « goodwill négatif ».) UBS a annoncé que son bénéfice sous-jacent pour le trimestre n'était que de 1,1 milliard de dollars.
Et pour mieux comprendre ce "badwill" comme l'a bien décrit le média américain NYT, Algérie 54, est allée interroger l'expert et analyste international, Nouredine Legheliel, connu pour sa maîtrise des questions financières et la pertinence de ses analyses financières.
D'emblée, Nouredine Legheliel estime que contrairement aux gains engrangés par la banque suisse, les anciens actionnaires du Crédit Suisse à savoir la Saudi national Bank avec 9,88% des parts et des voix de vote . Qatar Holding LLC avec 6,78% de parts ...Olayan ,un groupe financier saoudien avec 5% des parts , sont les grands perdants et à moindre envergue le fonds d'investissement américain Black Rock avec 2,82 % de parts ...
Outre les actionnaires saoudiens, on peut y ajouter les oligarques russes , victimes de la banqueroute du Crédit Suisse. Sur ce registre, il convient de rappeler, que les oligarques russes, qui avaient déposé plusieurs milliards de dollars au niveau du Crédit Suisse, ayant aussi acquis des parts au niveau de l'abaque helvétique, feront les frais de la banqueroute et des sanctions imposées à la Russie dans la foulée de la guerre en Ukraine.
Pour Nourredine Legheliel, l'article du New York Times évoquant la magie de "Badwill" Badwill, illustre bien ce rarissime dans le monde de la finance , ou on achète une entreprise dont le prix est vraiment sous le prix réel ...
Et de poursuivre "C'est largement sous évalué ,ce qui laisse supposer que cette affaire de rachat du Crédit Suisse reste un mystère et une "arnaque" savamment élaborée entre Suisses, sachant que seuls les étrangers qui étaient les principaux actionnaires de la banque en banqueroute ,citons.les saoudiens . les qataris .. et a un degré moindre les américains"
Et pour mieux expliquer les contours de ce rachat, Nouredine Legheliel souligne" UBS avait proposé aux actionnaires du Crédit Suisse ...23 actions du Crédit Suisse contre une 1 seule action de UBS ...les qataris qui ont perdu le plus dans cette affaires ayant acheté des actions du crédits en 2010 à raison de 57 francs suisses avant de les revendre a UBS pour 0,87 Franc Suisse ..."
En conclusion, la Suisse que beaucoup présente comme un pays modèle est-t-il devenu un Etat receleur, dont la justice est impuissante face aux lobbys de la finance, et des subterfuges pour capter l'argent des oligarques de certains pays qu'on qualifie de parias, et que la "Suisse" des droits de l'homme ferme les yeux lorsqu'il s'agit de se plier devant la gourmandise de ses banques, dont UBS, en est la meilleure illustration via son "Badwill".