La réalisation d'une paix durable en Afrique nécessite de transformer les richesses naturelles du continent en prospérité partagée, de renforcer sa souveraineté économique, de mobiliser les ressources nationales, de lutter contre les flux financiers illicites et de garantir un accès équitable au financement du développement, a affirmé la vice-présidente de la Commission de l'UA, Selma Malika Haddadi.
Dans un message lu samedi au nom du président de la Commission de l'UA, Mahmoud Ali Youssouf, à l'occasion de la 12e édition du Forum de haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique, organisée dans la ville éthiopienne de Bahir Dar sous le thème "Les voies de la paix en Afrique : souveraineté économique et transformation géopolitique", Mme Haddadi a insisté sur la nécessité d'approfondir l'intégration régionale, notamment à travers le renforcement de la coordination entre l'UA, les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux, ainsi que la mise en place de financements stables et prévisibles.
Elle a également appelé à intensifier la diplomatie préventive et à assurer la mise en œuvre durable des engagements pris, afin de renforcer la capacité du continent à faire face aux menaces transfrontalières et à faire avancer l'initiative africaine visant à "faire taire les armes".
La vice-présidente de la Commission de l'UA a, par ailleurs, souligné l'importance de concrétiser l'intégration régionale à travers "la mise en œuvre effective de l'Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l'amélioration des infrastructures frontalières, la facilitation de la libre circulation des personnes et des marchandises, ainsi que le renforcement de la coopération dans la lutte contre les trafics illicites et la criminalité organisée".
Abordant la dimension numérique, Mme Haddadi a mis en avant la nécessité de renforcer la souveraineté numérique de l'Afrique, d'investir dans l'innovation et de développer les capacités numériques du continent.
Elle a également appelé à lutter contre "les cybermenaces, la désinformation et les nouvelles formes de dépendance, tout en garantissant une participation effective des femmes et des jeunes à l'élaboration des processus de paix, à la gouvernance et à la définition de l'avenir du continent".
En conclusion, Mme Haddadi a affirmé que la "souveraineté de l'Afrique doit se traduire par la prospérité de ses peuples, que les capacités de ses institutions doivent déboucher sur des actions concrètes et que les efforts de consolidation de la paix doivent produire des améliorations tangibles dans la vie des citoyens, sur la base de la confiance, de la dignité et de la responsabilité partagée".
La 12e édition du Forum de haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique, ouverte le 23 octobre et qui doit s’achever dimanche, avec la participation de responsables, de décideurs et d'experts, vise à examiner les moyens de renforcer la souveraineté économique, de promouvoir l'intégration régionale et de soutenir les efforts en faveur d'une paix durable sur le continent.