La première édition de l’Université d’été de l’Organisation nationale des journalistes algériens, prévue à Oran du 27 au 29 août courant, revêt une importance particulière, notamment au regard du défi qui exige un dispositif médiatique national capable de construire son propre récit, notamment face aux guerres narratives.

Dans ce contexte, le président de l’Organisation nationale des journalistes algériens, Slimane Abdouche, a souligné, dans un entretien accordé au quotidien "El Khabar" à la veille de cette rencontre inédite, que les médias nationaux sont désormais confrontés à une responsabilité accrue au regard des mutations que connaît le paysage médiatique mondial, appelant à renforcer le professionnalisme et la conscience médiatique et à développer les outils nécessaires au journaliste algérien pour faire face aux guerres narratives et à la désinformation, au service de l’intérêt national et de la préservation de la mémoire et de la conscience collectives.

M. Abdouche a expliqué que le choix du slogan "Les médias nationaux face aux guerres narratives" pour la première édition de l’Université d’été de l’Organisation nationale des journalistes algériens, reflète les profondes transformations qu’a connues l’environnement médiatique.

Le journaliste n’exerce désormais plus son activité uniquement au sein des salles de rédaction traditionnelles, mais évolue dans un espace numérique ouvert où les informations circulent à une grande vitesse et où les informations vérifiées se mêlent aux fausses nouvelles et aux récits orientés, a-t-il dit.

Il a relevé que les guerres narratives vont au-delà de la simple diffusion d’une fausse information, pour parvenir à construire chez le récepteur des perceptions globales concernant des événements, des questions, des Etats, des institutions ou des sociétés. Cette situation impose aux médias nationaux d’être constamment et efficacement présents dans cet espace, à travers la production d’un contenu professionnel et fiable, fondé sur les faits, la vérification et la compréhension des contextes.

Dans ce contexte, l’intervenant a souligné que les médias sont devenus l’une des composantes du "soft power" des Etats, en tant qu’outil contribuant à présenter l'image de l’Etat, à expliquer ses positions, ses opinions et ses politiques et à exercer une influence à l’extérieur, affirmant que le journaliste professionnel joue un rôle central dans la transmission d’informations précises, la compréhension des contextes régionaux et internationaux et la présentation d’une image fidèle de l’Algérie.

Dans le même sens, il a estimé que l’Algérie dispose de compétences humaines et professionnelles en mesure de contribuer à la construction d’un récit national, mais que cela nécessite un travail continu, une grande réactivité face aux événements et la production d’un contenu de qualité fondé sur les faits, les réalités, la mémoire nationale et les règles de la pratique journalistique professionnelle.

Concernant l’Université d’été, M. Abdouche a précisé qu’elle vise essentiellement à assurer la formation et l’échange d’expériences et à ouvrir un débat professionnel sérieux sur l’avenir du journalisme algérien. Il a indiqué que son programme comprend plusieurs axes portant notamment sur les médias et la diplomatie médiatique, la responsabilité éthique face à la désinformation, les guerres narratives, la vérification de l’information ainsi que la formation et la pratique journalistique, avec l’encadrement de journalistes professionnels et d’experts des médias et des différents domaines liés à l’impact informationnel sur le public.