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1453 leur est resté en travers de la gorge.

Par Djeha

La force tranquille, « la lumière, la transparence de son regard et par l’espèce de vérité forte, mais intense, tranquille, humble » que dégageait Benoît XVI, selon Pascal Gollnisch directeur général de l’Œuvre d’Orient et Vicaire général de l’Ordinariat des catholiques orientaux en France, dans l’entretien qu’il a accordé au Figaro que je vous joins plus bas, est l’expression d’un échec, d’une certaine forme de « fin de l’histoire ».

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/mgr-pascal-gollnisch-benoit-xvi-n-a-pas-voulu-cacher-la-difficulte-d-un-islam-violent-ou-extremiste-pour-les-chretiens-d-orient-20221231

P. Gollnisch ne semble pas s’être aperçu que les églises et les cathédrales ne sont plus fréquentées que par les touristes et les rares grenouilles de bénitier rivées au pari de Pascal.

A Istanbul, il n’y a plus qu’Istanbul. Le reste ne relève plus que d’une sorte de tourisme culturel à l’usage du troisième âge qui n’est plus à sa place dans les Club Med.

Bien sûr, il y a les nostalgiques de Constantin XI Paléologue, de la vénérable Tour génoise Galata et de Sainte Sophie.

Devenue mosquée en 1453, « neutralisée » par Atatürk en 1934, l’église redevient Ayasofya en juillet 2020 par un Erdogan que j’avoue ne pas parvenir à discerner toutes les acrobaties otano-euro-asiatiques.

Les crises, et celle que l’on vit est de taille majeure, font le tri entre les vrais acteurs et les commentateurs, les décideurs et les bavards impénitents.

Mais revenons à Istanbul.

Avant 1975, 1962, 1959, 1956, 1954… il y a eu 1453.

Istanbul est un monstre urbain de près de 20 millions d’habitants (près du tiers de la population turque) aux frontières de l’Europe et de l’Asie au carrefour de nombreuses mers (Noire, Rouge, Marmara, Azov, Egée…).

Les troupeaux de touristes sont traînés partout, des églises aux mosquées, du Grand aux petits bazars, du Musée de Topkapi aux musées à la gloire de l’artisanat anatolien, des anciennes citernes de la ville récemment restaurées, des palais de faux pachas aux résidences impériales (un peu comme au Maroc où il n’y a jamais eu d’empereurs, sinon des pantins en carton pâte à l’usage des moutons de Panurge)…

Il y a cependant un lieu, outre le musée de la marine à Galata, un musée qu’aucun étranger ne visite: le « musée 1453 », dans lequel est glorifiée la refondation de la ville.

Le musée est opportunément placé au pied des murailles dévastées par le canon Basilic. Ouvert au public turc, aux élèves accompagnés de leurs maîtres et maîtresses, le musée raconte l’histoire du peuple turc et celle de la prise de Constantinople.

L’histoire d’une défaite indigeste pour les Occidentaux entassés sur les rives de la Corne d’or dans les restaurants orientaux et autres pâtisseries où ils se gavent de sucreries hyperglycémiques.

C’est cette déroute, ce tremblement de terre géopolitique qui a tout déclenché.

C’est lui que fait allusion Pascal Gollnisch quand il évoque la mémoire de feu le « panzer cardinal », alias Benoît XVI.

Lire: Mgr Pascal Gollnisch: «Benoît XVI n’a pas voulu cacher la difficulté d’un islam violent ou extrémiste pour les chrétiens d’Orient»

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