Les travaux de la 4e session de la Commission gouvernementale mixte algéro-tchadienne ont pris fin, mardi à Alger, par la signature du procès-verbal de la session par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, conjointement avec le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger de la République du Tchad, M. Abdoulaye Sabre Fadoul.
S’exprimant à l’issue de la cérémonie de signature, M. Attaf s’est félicité “des résultats satisfaisants et encourageants” issus des rencontres bilatérales entre les ministres, lesquels se sont traduits par des programmes d’action sectoriels visant à intensifier la coopération bilatérale et à en élargir les perspectives prometteuses.
“Les réunions de ce jour interviennent en concrétisation des orientations des dirigeants des deux pays frères, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et son frère le président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno”, a précisé M. Attaf, soulignant que ces directives “visent à insuffler une dynamique renouvelée aux relations algéro-tchadiennes dans toutes leurs dimensions”.
“Je crois, en toute sincérité et objectivité”, a-t-il dit, que “nous avons largement réussi la mission qui nous a été confiée, au regard des résultats positifs ayant couronné nos travaux aujourd’hui”.
Le ministre d’Etat a passé en revue ces résultats à travers trois niveaux principaux. Le premier niveau concerne le renforcement du cadre institutionnel de la coopération, avec l’accord sur la réactivation de la Commission mixte et la création d’un mécanisme bilatéral de consultations politiques.
A ces deux mécanismes gouvernementaux s’ajoute le Conseil d’affaires algéro-tchadien, activé hier, et qui devrait contribuer au développement de partenariats économiques fructueux et constructifs entre les opérateurs économiques des deux pays frères, a poursuivi le ministre d’Etat.
Le deuxième niveau concerne l’enrichissement du cadre juridique des relations algéro-tchadiennes, “quantitativement et qualitativement”, selon M. Attaf, qui a dévoilé que les travaux ont permis de préparer 27 nouveaux accords dans leur mouture finale, se traduisant essentiellement par “l’encadrement juridique d’un nombre important de domaines de coopération essentiels, qu’il s’agisse des secteurs souverains, des domaines économiques ou encore des domaines liés à la dimension humaine de nos relations bilatérales”.
Le troisième et dernier niveau consiste à définir les priorités de la coopération bilatérale avec engagement, clarté et ambition. M. Attaf a indiqué qu’il a été convenu d’accorder une attention particulière à trois axes. Le premier concerne “le développement du partenariat bilatéral dans les domaines des hydrocarbures, des énergies renouvelables et des mines, avec un accent sur le transfert de compétences, le développement des capacités et la valorisation des ressources naturelles dont disposent les deux pays”.
Le deuxième axe porte sur “la consolidation des liaisons entre les infrastructures des deux pays en développant le transport aérien et en allant de l’avant vers la réalisation des grands projets structurants, à leur tête la route transsaharienne et la liaison principale de fibre optique transsaharienne”.
Dans ce cadre, il a tenu à rappeler l’importance que revêt le port de “Djendjen” (Jijel) en tant que portail commercial vers les pays de la région sahélo-saharienne, à leur tête la République du Tchad, pays frère.
Le troisième axe concerne la “promotion de la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la formation professionnelle, de la qualification des ressources humaines et de la santé, ainsi que l’encouragement des initiatives médiatiques et culturelles visant à rapprocher nos deux peuples, et le développement de la dimension humaine des relations algéro-tchadiennes”.
M. Attaf a indiqué que l’ensemble des résultats s’appuient sur des consensus politiques “solides” entre les deux pays, sur “la nécessité de renforcer la coopération régionale pour faire face aux défis qui s’imposent aujourd’hui dans la région sahélo-saharienne, au premier rang desquels le fléau du terrorisme (..) et sur l’urgence impérieuse de relancer et de dynamiser le rôle de notre organisation continentale et de renforcer ses efforts visant à trouver des solutions africaines aux problèmes africains, loin de toute ingérence étrangère”.
Ces consensus s’appuient également sur “la nécessité de réhabiliter la primauté du droit international, de la place de l’Organisation des Nations unies (ONU) et du rôle de l’action multilatérale internationale afin de relever les défis croissants sur la scène internationale et de préserver l’humanité de toutes les menaces et dangers qui la guettent, dans un système international où seule la force prévaut, où seule la violence fait foi, et où la domination et l’hégémonie sont le seul arbitre”, a-t-il dit.
De son côté, le ministre tchadien a indiqué qu'”aujourd’hui, nous avons signé le procès-verbal de la session, et demain seront également signés plusieurs accords et mémorandums d’entente dans divers secteurs, afin de couronner cet événement d’une importance capitale pour la République du Tchad et, bien entendu, pour l’Algérie également”.
La signature des accords “ne signifie pas la fin du processus, bien au contraire, le véritable travail débutera à partir de la signature des accords négociées”, a déclaré, M. Abdoulaye Sabre Fadoul, ajoutant que pour concrétiser les projets convenus, la volonté sincère que nous avons perçue ici à Alger doit se poursuivre et se renforcer afin d’aboutir à des résultats palpables”.
Le ministre tchadien a souligné, à ce titre, l’importance pour chaque secteur ministériel de mettre en place des mécanismes de suivi continu et une communication permanente entre les ministres des deux pays, l’objectif étant de “garantir l’entrée en vigueur des projets et des accords”, précisant que “l’ambition des dirigeants des deux pays est de renforcer les relations historiques unissant nos deux pays frères”, une volonté qui exige, “des projets concrets et un suivi rigoureux”, a-t-il soutenu.
Evoquant les potentialités économiques des deux pays, à l’instar des ressources animales considérables que recèle le Tchad, il a indiqué que “l’Algérie n’aura plus besoin d’importer de la viande d’un autre pays”, car, a-t-il dit, “nous sommes en mesure de satisfaire ses besoins et ceux de la région toute entière”.
Saluant l’expertise algérienne, M. Fadoul a rappelé qu'”il y a de nombreux cadres tchadiens, diplômés des universités algériennes, qui occupent aujourd’hui des postes importants”, et “cette coopération en matière de formation, a-t-il affirmé, se poursuivra”.
Et d’ajouter: “nous aspirons, également à tirer profit de l’expérience algérienne dans les secteurs des hydrocarbures et des mines, et de ce qui a trait au ciment et aux médicaments. Nous appelons, aussi, à la nécessité de parachever la route transsaharienne afin de relier nos pays aux marchés mondiaux”.