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April 27, 2026

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Tensions entre l’Espagne et les USA: Inquiétudes à Madrid au sujet de l’argent du lobbying du régime du Makhzen

Opportuniste à outrance, le régime du Makhzen compte bien mettre à profit et à son avantage les récentes tensions entre l'Espagne et les USA, et ce n'est pas un hasard de calendrier si on enregistre une offensive makhzenienne en matière de lobbying en terre américaine.

Opportuniste à outrance, le régime du Makhzen compte bien mettre à profit et à son avantage les récentes tensions entre l’Espagne et les USA, et ce n’est pas un hasard de calendrier si on enregistre une offensive makhzenienne en matière de lobbying en terre américaine.

Sur ce registre les deux parties, concernées par des conflits régionaux et des convoitises territoriales et expansionnistes du régime du Makhzen se livrent à une la lutte non déclarée , dans le but d’influencer la partie américaine dans la prise de décision, de promouvoir le tourisme ou les accords commerciaux.

Pour mieux comprendre les enjeux d’influence, Algérie54 est allée consultée l’organisation Open Secrets qui suit de près cette question . Ses données sur ce type d’investissement étranger aux États-Unis révèlent l’écart considérable entre les sommes que les autorités espagnoles et marocaines y consacrent. Ainsi, le régime du Makhzen a investi ces dernières années, 58,9 millions d’euros pour le lobbying aux USA en vue de promouvoir sa politique hostile à l’égard de ses voisins comme l’Espagne et l’Algérie, alors que Madrid n’a alloué que la dérisoire somme de 6,9 millions d’euros pour promouvoir sa politique.

L’an dernier, le régime du Makhzen a alloué 3 489 833 dollars à la promotion de ses intérêts aux États-Unis. Parallèlement, les dépenses espagnoles n’ont atteint que 588 590 dollars, et ce montant ne provient même pas de l’ensemble du gouvernement espagnol. Seul le gouvernement catalan a déboursé ces fonds, le seul montant enregistré en 2025 par Open Secrets (qui fonde son suivi sur les données du Département de la Justice américain). 

Si l’on considère les dix dernières années, l’écart est encore plus marqué. Depuis 2015, les autorités espagnoles ont investi 6,9 millions de dollars pour influencer l’opinion publique américaine. Dans le cas du Maroc, ce chiffre atteint 58,9 millions de dollars . Rien qu’en 2021, le régime makhzenien a plus que doublé le montant total des fonds transférés d’Espagne vers les États-Unis durant cette période. 

En réalité, le plus gros investissement espagnol ne provient d’aucun organisme officiel, mais d’Ifema en 2024. Du côté marocain, c’est le groupe étatique OCP – spécialisé dans le secteur des phosphates – qui arrive en tête des paiements destinés à promouvoir ses intérêts en Amérique du Nord, avec une somme de plus de 12,7 millions de dollars il y a six ans . 

Le régime du Makhzen s’appuie sur diverses institutions pour exercer une influence dans différents pays par le biais d’organisations culturelles, politiques et économiques . Cependant, aux États-Unis, le rôle politique de ces manœuvres est « clair », souligne l’expert espagnol Alejandro López, directeur de Decoding War . Le financement des campagnes électorales y est « particulièrement sensible à ces dynamiques ». 

De plus, Rabat n’a pas besoin d’exercer une influence politique directe. Si l’on consulte le site web officiel de son office du tourisme , les autorités marocaines présentent la ville sahraouie occupée Dakhla, comme « un petit paradis situé entre les eaux de l’Atlantique et les sables du Sahara Occidental ». Or, Dakhla n’est pas marocaine ; c’est une ville du Sahara Occidental, occupée par le régime du Makhzen depuis 1975. 

Ainsi, les investissements annuels réalisés par l’office du tourisme susmentionné pour promouvoir ses intérêts auprès du public américain dépassent le cadre économique pour entrer dans le domaine purement politique. Par la promotion du tourisme, le Maroc poursuit également ses ambitions coloniales au Sahara Occidental . 

Le rôle fondamental joué par les États-Unis dans la normalisation entre le régime du Makhzen et l’entité sioniste n’est pas passé inaperçu . Dans le cadre de l’accord conclu en 2020. La même année a vu l’ investissement de plusieurs millions de dollars réalisé par le groupe étatique OCP afin de promouvoir ses intérêts aux États-Unis. Cette entreprise exporte les  phosphates qu’elle extrait du territoire sahraoui occupé.

Si l’on s’intéresse à la manière dont le Maroc cherche à influencer la politique d’autres pays, le scandale Moroccogate en est un parfait exemple : des membres du Parlement européen ont perçu des paiements en échange de la défense des intérêts marocains. Ce scandale aurait eu moins d’impact aux États-Unis qu’au sein de l’Union européenne.

« Aux États-Unis, l’état actuel de la politique et la manière dont les partis et les candidats sont financés font que ce genre de relations présentant des conflits d’intérêts politiques potentiels ne sont pas si scandaleuses », observe l’expert espagnol Alejandro López, auteur du livre « La Guerre du Détroit » sur le conflit entre l’Espagne et le Maroc.

Concernant la stratégie espagnole face aux manœuvres de Rabat en matière de contrôle des médias, l’analyste géopolitique évoque une diplomatie plus traditionnelle, à l’écart du lobbying marocain . Il s’agirait d’un modèle moins agressif, selon lequel le nouveau statu quo permettrait d’influencer les décisions commerciales et migratoires sans attiser les tensions par la pression. Le lobbying est un moyen pour les États qui n’ont pas d’autres moyens efficaces d’influencer d’autres pays.

 Opportuniste à outrance, le régime du Makhzen profite aujourd’hui de la mauvaise passe que traversent les relations entre Madrid, membre de l’OTAN, avec l’administration Trump, pour proposer ses services à remplacer la péninsule ibérique, dans le cadre de sa politique expansionniste visant les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla , en pariant dans un proche avenir, sur un soutien de Washington

Ainsi, et au moment ou les relations entre Washington et Madrid sont tendues et le Pentagone cible l’Espagne, un allié avec lequel il envisage de rompre les liens, le Maroc s’ouvre à une collaboration accrue avec les Américains. Ces bouleversements géopolitiques servent les objectifs expansionnistes du régime du Makhzen, qui vise à renforcer ses capacités militaires.

L’ allégeance du régime du Makhzen aux plans hégémoniques trumpiens franchit une nouvelle étape avec la signature d’une nouvelle feuille de route stratégique qui définira leurs relations pour les dix prochaines années. Un feuille de route qui intervient après celle signée par l’entité sioniste.

Le nouvel accord vise à renforcer considérablement la coopération en matière de défense et de cybersécurité entre les deux pays. Il prévoit notamment un échange de technologies militaires, selon une analyse du Progress Center for Policies de Londres.

Les initiatives de défense du Maroc sont toujours suivies de près en Espagne . Par conséquent, la nouvelle stratégie conjointe avec les États-Unis n’est pas passée inaperçue à Madrid. Un accord de cette ampleur soulève de nombreuses inquiétudes, surtout venant d’un régime expansionniste qui cherche à étendre son influence sur des territoires espagnols situés en Afrique du Nord.

Face à cette opportunité, le régime du Makhzen passe à l’action. « Le Maroc essaie toujours de tirer profit de chaque situation », déclare Carlos Echeverría, directeur de l’Institut espagnol pour la sécurité et la culture . Le Maroc tente toujours de tirer profit de chaque situation pour servir ses propres intérêts.

Par conséquent, Echeverría souligne que l’Espagne doit surveiller les avancées marocaines, mais aussi « gérer ses relations avec les États-Unis et empêcher qu’elles ne se détériorent » .

Dans ce contexte, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) a lancé l’opération African Lion , une série d’exercices militaires annuels se déroulant au Maroc, au Ghana, au Sénégal et en Tunisie. Ces exercices mobilisent plus de 10 000 soldats issus de vingt pays différents et illustrent la coopération militaire entre les États-Unis et leurs partenaires dans la région.  

En prévision des exercices militaires de cette année, le Maroc a été intégré au système Link-16 , utilisé par l’OTAN et ses alliés comme réseau de communications tactiques en temps réel. Cela représente une nouvelle étape dans la coopération militaire entre Washington et Rabat.

Ce système étant jusqu’à récemment réservé aux membres de l’Alliance atlantique . Ainsi, indirectement, les Américains s’emploient à intégrer le Maroc à la structure militaire de l’OTAN.

Les graves accusations de l’ancien ministre espagnol de la Défense

L’ancien ministre espagnol de la défense, Federico Trillo, a affirmé, mardi 21 avril à Barcelone, que les attentats du 11 mars 2004 à Madrid auraient été commis par des « commandos » composés d’individus d’origine marocaine,envoyés par le Maroc et opérant, selon lui, sous le contrôle ou l’influence des services secrets français.

Ces déclarations ont été faites lors de la présentation de ses mémoires, Memorias de anteayer, (Mémoires d’avant-hier) à l’Ateneo de Barcelone, un cercle culturel et intellectuel. Elles ravivent une controverse ancienne autour de l’interprétation des attentats de Madrid, longtemps objet de débats politiques en Espagne.

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