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April 28, 2026

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Consulat d’Espagne à Alger: l’affaire des visas n’a pas encore livré tous ses secrets

Selon le journal ibérique The Objective, le début de semaine de travail en Espagne ce lundi a été marqué par un climat de stupeur au niveau du ministère espagnol des affaires étrangères dirigé par José Manuel Albares, dans la foulée de l'affaire des visas Schengen ayant secoué le Consulat d'Espagne à Alger, avec l'arrestation vendredi dernier du vice-consul et d'un employé algérien local.

Selon le journal ibérique The Objective, le début de semaine de travail en Espagne ce lundi a été marqué par un climat de stupeur au niveau du ministère espagnol des affaires étrangères dirigé par José Manuel Albares, dans la foulée de l’affaire des visas Schengen ayant secoué le Consulat d’Espagne à Alger, avec l’arrestation vendredi dernier du vice-consul et d’un employé algérien local.

La justice espagnole s’est saisie de l’affaire impliquant le vice consul à Alger, Vicente Moreno , et un employé algérien local a suscité l’inquiétude au ministère espagnol des Affaires étrangères, intervenant quelques années après celle impliquant l’ancien ambassadeur espagnol au Venezuela, Raúl Morodo , et de son fils, qui ont fini par plaider coupable des charges retenues contre eux par le parquet anticorruption en échange d’une réduction de peine pour avoir accepté des millions d’euros de pots de vin.

Selon la même source, l’inquiétude au sein du ministère espagnol des affaires étrangères, découle de plusieurs plaintes internes déposées ces dernières années par Vincente Moreno concernant des irrégularités présumées au sein de la mission diplomatique à Alger, toutes classées sans suite .

Ces irrégularités se sont produites durant le bref mandat de Patricia Serrano comme consule, entre août 2024 et mars 2025, puis de nouveau lors du détachement de six mois de Miriam de Castro , achevé en septembre dernier. Dans les deux cas, « aucune mesure n’a été prise » au consulat espagnol à Alger.

La juge d’instruction espagnole , María Tardón, a ordonné au département des affaires étrangères dirigé par Albares de conserver les dossiers administratifs et les courriels d’entreprise relatifs à l’octroi de ces visas « frauduleux » à Alger, mais après l’ouverture de la procédure et l’arrestation des deux employés du consulat, elle pourrait exiger davantage de documents du ministère des Affaires étrangères au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête.

Pour rappel, les services de la police espagnole ont effectué deux perquisitions à  Sagunto à Valence et  Torrevieja  à Alicante, profitant de la présence en Espagne de Vincente Moreno et de son employé local, Mohamed Boutouchent .

Au total,  10 890 €  en espèces, quatre téléphones portables, deux ordinateurs portables et 17 clés USB ont été saisis. Un bien immobilier à Madrid et plusieurs avoirs financiers ont également été gelés sur ordre du juge   . Après leur comparution, les personnes interpellées ont été remises en liberté sous cinq chefs d’accusation : association de malfaiteurs, blanchiment d’argent, falsification de documents officiels, corruption et fraude aux visas. Elles ont été interdites de sortie du territoire espagnol .

The Objective indique en outre que, l’ambassade d’Espagne en Algérie a également reçu ces dernières années, plusieurs lettres anonymes d’hommes d’affaires espagnols les alertant « directement sur une situation jugée extrêmement grave » au consulat général d’Alger, actuellement dirigé par M. Gauden Villas .

« Le consulat fonctionne dans des conditions qui ne sont plus tolérables », avertissent ces investisseurs, qui dissimulent leur identité sous le nom de Groupe AMMS. « Ce que nous observons depuis des mois est non seulement un affront à notre diplomatie, mais aussi une menace directe pour nos intérêts économiques et stratégiques. »

« Ce sabotage des relations bilatérales n’est pas qu’une simple théorie », affirme par exemple une lettre adressée le 6 avril à M. Villas, avec copie à l’ambassadeur, M. Ramiro Fernández , souligne The Objective.

« Il a des conséquences concrètes et mesurables pour l’économie espagnole. Chaque visa professionnel refusé à un partenaire algérien représente un contrat retardé, un investissement délocalisé , un emploi non créé en Espagne. Les entreprises espagnoles perdent des parts de marché au profit de leurs concurrents français, italiens, turcs ou chinois, simplement parce que leurs partenaires algériens ne peuvent pas se rendre en Espagne pour finaliser des accords, se former ou superviser des projets communs. L’Algérie n’attend pas l’Espagne . Si nous mettons des bâtons dans les roues de nos propres entreprises, nos concurrents rafleront les contrats », reprochent-ils au consul.

« Compte tenu des preuves de sabotage économique, d’obstruction à la migration légale et de contribution indirecte à l’immigration clandestine, nous demandons une enquête judiciaire, une inspection inopinée du consulat et des mesures immédiates pour rétablir un fonctionnement normal et transparent . Rien de moins n’est acceptable », conclut la dernière lettre révélée par le journal espagnol.

D’autre part, il faut noter que le Consulat d’Espagne à Alger faisait l’objet d’une enquête du ministère espagnol des affaires étrangères depuis plusieurs mois en raison d’irrégularités présumées dans des signatures.  .

Par ailleurs, il faut préciser que le vice-consul Vincente Moreno a été impliqué dans une autre controverse en novembre dernier, révélée par le journal THE OBJECTIVE concernant une enquête pour un possible refus irrégulier de visas après avoir découvert que  quelques semaines auparavant, des demandes avaient été rejetées  au nom de la consule Miriam de Andrés  alors qu’elle avait déjà été relevée de ses fonctions par Villas.

Lire: Le vice- consul d’Espagne à Alger mis en cause: un visa Schengen contre 25000 Euros

Et: Que se passe-t-il au Consulat d’Espagne à Oran?

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