La commémoration, ce mercredi, du 60e anniversaire de la nationalisation du secteur minier, intervient cette année dans un contexte particulier, marqué par une dynamique d’investissement sans précédent et de grands projets structurants concrétisés, appelés à faire du secteur un véritable levier de diversification économique.
Annoncée par le défunt président Houari Boumediene, le 6 mai 1966, la décision de nationalisation concernait 11 mines, notamment celles d’El Ouenza, de Hammam N’baïls, de Boukaïd, de Sidi Kamber et de Miliana, des sites qui étaient jusque-là exploités par des sociétés étrangères, sans prise en compte des intérêts nationaux.
Durant la période coloniale, l’exploitation des ressources minières algériennes était essentiellement orientée vers l’exportation de la matière première (charbon, fer, phosphates, plomb, zinc, marbre), destinée à alimenter l’industrie française.
Ainsi, la récupération de ces richesses au lendemain de l’indépendance figurait parmi les priorités stratégiques des autorités, dans le but de rompre avec le modèle colonial qui faisait du sous-sol algérien une simple réserve au service des intérêts étrangers.
La nationalisation, suivie en mai 1967 de la création de la Société nationale de recherches et d’exploitations minières (SONAREM), a constitué une étape décisive dans le processus de développement socio-économique du pays, inscrit alors dans une dynamique de grands chantiers.
Aujourd’hui, fort d’un gigantesque potentiel, le secteur minier fait l’objet d’une attention particulière, avec d’importants investissements consentis dans le cadre d’une vision prospective portée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à insuffler une nouvelle dynamique au secteur et à renforcer sa contribution à l’économie nationale.
Dans cette optique, des efforts soutenus sont déployés pour relancer ce secteur névralgique, à travers la multiplication des projets, l’amélioration du cadre juridique et la mise en place de structures d’accompagnement, notamment la création d’un nouveau ministère dédié.
Cette volonté s’est concrétisée, cette année, par la réception de plusieurs projets majeurs et le lancement de chantiers stratégiques, dont la mise en service de la nouvelle ligne ferroviaire Gara Djebilet-Tindouf-Béchar, liée à l’exploitation de la gigantesque mine de fer de Gara Djebilet. Inaugurée le 1er février dernier par le président de la République, cette infrastructure de 950 km constitue une réalisation historique achevée dans un délai record de 20 mois.
Ce projet traduit une vision intégrée pour la valorisation des ressources naturelles tout en renforçant l’interconnexion du Grand Sud avec le reste du pays, comme l’avait souligné le président de la République.
L’autre avancée majeure dans le secteur est le lancement récemment des travaux d’exploitation de la mine de zinc et de plomb de Tala Hamza-Amizour, dans la wilaya de Bejaïa. Le lancement de cette mine devrait permettre au pays de produire annuellement 170.000 tonnes de zinc et 30.000 tonnes de plomb, tout en générant près de 780 emplois directs et des milliers d’emplois indirects.
De son côté, le projet de phosphate intégré de Bled El Hadba (Tébessa) connaît une accélération notable des travaux de réalisation, et qui devrait atteindre l’étape de l’exportation du phosphate d’ici mars 2027 au plus tard, notamment avec l’achèvement des travaux du quai minéralier dans le cadre de l’extension du port d’Annaba.
Ce mégaprojet stratégique ambitionne de positionner l’Algérie parmi les principaux exportateurs mondiaux d’engrais phosphatés et azotés, avec une production appelée à atteindre 10 millions de tonnes par an.
Il comprend également la réalisation d’une ligne ferroviaire reliant la mine au port d’Annaba sur 450 km, ainsi que l’extension de ce port pour accueillir des navires de grande capacité devant entrer en service d’ici fin 2026.
Par ailleurs, le secteur des mines a été renforcé aussi par un nouveau cadre institutionnel et juridique, à travers l’adoption d’une loi visant à améliorer l’attractivité des investissements et la création d’un ministère dédié incluant les industries minières.
En parallèle, des industries de transformation des matières minières (marbre, carbonate de calcium, barytine, feldspath, kaolin, bentonite) sont en plein essor, avec pour objectif de positionner l’Algérie comme un acteur de premier plan sur le marché mondial des ressources minières.