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May 23, 2026

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La Palestine imposera au monde une équation incontournable

Les militants pro-palestiniens le constatent au fil du temps : la Palestine n’est pas encore intégrée dans la projection qu’ont les citoyens de l’avenir du monde. Ces derniers sont distraits par de multiples préoccupations quotidiennes, et quand ils ont la possibilité de lever le nez du guidon, les médias de grands chemins les accrochent avec des sujets accessoires.

Par Daniel Vanhove

Les militants pro-palestiniens le constatent au fil du temps : la Palestine n’est pas encore intégrée dans la projection qu’ont les citoyens de l’avenir du monde. Ces derniers sont distraits par de multiples préoccupations quotidiennes, et quand ils ont la possibilité de lever le nez du guidon, les médias de grands chemins les accrochent avec des sujets accessoires.

Parfois émerge un dossier chaud, quand il est impossible de le garder sous silence, mais rarement du sujet qui devrait préoccuper l’ensemble des habitants de la planète chaque jour, tant que la situation en Palestine n’est pas réglée de manière équitable. Cette terre, déclarée ‘’trois fois sainte’’ pour les trois religions monothéistes qu’elle abrite n’a pas l’attention qu’elle mérite alors que des milliards de croyants chrétiens et musulmans s’en revendiquent. Les juifs n’y étant qu’une insignifiante poignée.

Les injustices flagrantes et la barbarie coloniale qui s’y déroulent aux yeux du monde entier via les réseaux sociaux et les témoignages que chacun peut suivre violent toute limite. Il n’y a plus de mots pour décrire les souffrances infligées à une population abandonnée à elle-même, qui réalise à quel point elle est sacrifiée au nom d’intérêts qui la dépassent.

Hagarde, séquestrée, affamée, en guenilles parfois, elle suit de loin les discours grandiloquents à propos de projets d’une Palestine fantasmée qui n’existe pas, de la part de gens encravatés, fleurant bon l’eau de toilette, logeant dans des hôtels luxueux, comme les stars d’une revue en papier glacé. Et glacés, les Palestiniens le sont de devoir assister et comprendre qu’ils ne peuvent compter sur personne d’autre qu’eux-mêmes. Peu importe le niveau de souffrance subie. Peu importe les carnages. Peu importe la dévastation. Peu importe le nombre de tués, de femmes et d’enfants mutilés et assassinés. Peu importe même leur génocide en cours… Pour eux, rien ne change. Tout empire.

Nous vivons désormais dans une société de l’instantané. Depuis peu, les moyens de communication ont évolué au point de transformer profondément les rapports non seulement entre individus, mais aussi au monde dans son ensemble. Les jeunes générations se mobilisent encore pour certains évènements, mais il leur faut des résultats immédiats. Et l’engouement que certaines causes peuvent susciter retombe parfois aussi vite qu’il est né. La Palestine n’y échappe pas.

Les images qui nous en parviennent sont insoutenables. L’horreur est absolue. Le régime colonial qui s’y déploie sans que nos gouvernements n’interviennent pour y mettre fin est depuis longtemps indéfendable. Et oblitère ainsi toute référence décente à une justice digne de ce nom, ses règles et ses divers principes qui ne trouveront plus écho auprès des citoyens bassinés à longueurs d’interventions officielles au nom des ‘’valeurs démocratiques’’ qui fondent nos États de droit, quand est tolérée une injustice infamante sous leurs yeux. Si nos responsables politiques ne revoient par leurs copies, ils risquent un soulèvement général contre tout ce qu’ils tentent de préserver derrière tant d’hypocrisies. Et soit ils devront changer leur boussole, soit les citoyens les dégageront, avec le risque d’être jugés pour complicité active avec l’entité génocidaire.

Chacun peut observer que les Palestiniens ne demandent que justice dans le traitement qui leur est réservé, se référant régulièrement au Droit international dont se targuent nos États… quand ça les arrange. Déjà à l’époque de la 2è Intifada (septembre 2000 – février 2005) le Feu président Yasser Arafat suppliait les États du monde d’intervenir face à la brutalité de l’occupant israélien, afin d’épargner la population civile palestinienne des crimes de l’armée d’occupation.

(De septembre 2000 à janvier 2005, une estimation pointe 3.180 Palestiniens et 1.010 Israéliens tués). Sans résultat. Au point qu’excédés de tant d’injustices laissées sans réaction de la part de nos États, des bénévoles de différents pays se sont engagés dans les ‘’Missions civiles d’observation’’, espérant ainsi répondre à la demande du président Arafat et servir de boucliers entre la population palestinienne et l’armée sioniste. Des dizaines de milliers de bénévoles de tous pays se sont ainsi succédé sur le terrain, des années durant, pour combler la carence coupable de leurs États. De nombreux témoignages en attestent et ont rapporté les faits, permettant que l’incessant drame palestinien ne soit évacué, ni passé sous silence et oublié. Mais, est-ce bien le rôle de citoyens anonymes, pleins de bonne volonté certes, mais sans le moindre pouvoir contre un régime colonial ? N’est-ce pas-là, la signature d’une forfaiture de nos propres gouvernements ? Faut-il rappeler à nos responsables que plusieurs d’entre ces bénévoles ont été blessés et quelques uns même, tués par l’armée sioniste ? Avec quel résultat sur le terrain ?

Et voici que cela recommence. Ces derniers jours, une énième Flottille civile naviguait vers Gaza, afin d’y apporter de l’aide humanitaire bloquée aux rares points de passage entre Gaza et les territoires occupés par le régime israélien, malgré des accords de ‘’cessez-le-feu’’ (inexistant dans les faits, tout comme au Liban) mis en place par l’intermédiaire de l’administration américaine de D. Trump, et qui prévoit l’entrée quotidienne de cette aide par camions.

Or, sur les 600 camions négociés, seuls quelques dizaines pénètrent dans l’enclave où les conditions déjà infra-humaines d’une population exsangue s’aggravent chaque jour. La Flottille d’une cinquantaine de bateaux était chargée de provisions et de médicaments afin de suppléer à ces manquements graves. Avec à bord, plusieurs centaines de bénévoles.

Le régime de terreur israélien a une fois de plus attaqué la Flottille, confisqué les bateaux et leurs chargements, et arrêtés les bénévoles. Ces derniers ont été amenés dans divers centres de détention, y ont été insultés, humiliés et dans tous les cas, maltraités.

La réaction des gouvernements occidentaux a été immédiate. Chacun y est allé de son commentaire pour fustiger les pratiques israéliennes. Le peuple palestinien endure une politique brutale d’éradication depuis 78 ans, et un génocide depuis plus de 30 mois, avec un nombre de victimes de plusieurs dizaines (centaines?) de milliers, et nos États poursuivent leur collaboration avec le régime génocidaire, sans sourciller.

Mais dès lors que quelques citoyens de nos pays se trouvent malmenés par le régime raciste israélien, chaque responsable politique monte au créneau et trouve sa petite formule pour condamner les pratiques des responsables israéliens à l’égard de nos compatriotes (https://french.palinfo.com/actualites/2026/05/20/354489/). On pourrait se féliciter de ces réactions officielles, mais si ce n’est une fois encore une justice à ‘’géométrie variable’’, qu’est-ce que c’est ? Ces voix ordinairement silencieuses se font bruyantes, mais au lieu d’intervenir après coup, pourquoi nos gouvernements ne prennent-ils pas les mesures qui s’imposent et cessent cette immunité aveugle au profit d’un régime colonial indéfendable, et que leurs pratiques rendent complices ?! Si des mesures adéquates avaient été prises il y a longtemps, tout ceci n’arriverait pas.

Et la paix dans la région y prévaudrait peut-être, en lieu et place des atrocités qu’un peuple écrasé depuis bientôt 80 ans subit de la part d’un régime odieux, sous les regards fuyants de ceux qui savent mais regardent ailleurs, n’interviennent pas et poursuivent leur business avec des criminels de guerre. 

La paix en Palestine et la justice qui doit être rendue à sa population sont le point cardinal sans lequel le monde restera toujours en ébullition. Si ce nœud finit par vous lasser et en avez assez de ce problème, tant pis. Il n’est pas prêt de se dénouer.

Jusqu’au jour où nous serons suffisamment nombreux et déterminés pour imposer à nos gouvernements un changement de paradigmes au profit d’une justice digne de ce nom, et non plus à ‘’géométrie variable’’. Gravez ceci dans vos cœurs et vos têtes : désormais, aucune paix n’est plus possible sans justice ! C’est la nouvelle équation que nous imposent les Palestiniens, et leurs soutiens.

Par Daniel Vanhove

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