Par Hanane Ben
Mohamed Sifaoui, qui a revendiqué en public, être un sioniste et à nouveau cité dans l’affaire du Fonds Marianne. Le Canard enchaîné a, en effet, révélé de nouveaux rebondissements spectaculaires impliquant l’association USEPPM (Union des Sociétés d’Éducation Physique et de Préparation Militaire), dont il était le directeur des opérations. Pour rappel, ce fonds avait été créé par l’État au lendemain de l’assassinat de Samuel Paty pour financer la lutte contre les discours haineux et le séparatisme en ligne.
Mais l’instruction judiciaire, en cours depuis 2023, s’intéresse aujourd’hui de près à la gestion de l’USEPPM. Selon le journal satirique, quatre anciens cadres de la structure font l’objet de soupçons d’escroquerie en bande organisée, de faux et d’usage de faux. Alors qu’ils risquent aujourd’hui des peines de prison, ces derniers affirment avoir agi pour protéger l’association. Pour se défendre, ils pointent du doigt les agissements des deux figures centrales du dossier : Mohamed Sifaoui et Cyril Karunagaran.
Tous deux sont soupçonnés d’avoir détourné des centaines de milliers d’euros de subventions publiques pour se verser des rémunérations indues et s’octroyer des avantages en nature (avances de salaire, appartement de fonction et véhicules). Ces gratifications contrastent fortement avec les résultats réels du projet, qui n’a généré que très peu de contenus sur les réseaux sociaux. Ce manque de transparence et cette absence de travail réel ont d’ailleurs déjà été documentés par des rapports du Sénat français et de l’Inspection générale de l’administration (IGA).
Au-delà des escroqueries financières présumées, de nombreuses voix (chercheurs, associations, opposants de gauche) estiment que cette affaire révèle une dérive idéologique. Selon cette grille de lecture, la lutte contre l’islamisme radical serait devenue un marché lucratif, où l’État finance des acteurs non pas sur des critères de compétence scientifique ou sociale, mais sur leur alignement avec une ligne politique dure.
Certains estiment que ces dispositifs, au lieu de lutter contre le terrorisme, ont servi à cibler, stigmatiser ou surveiller des citoyens de confession musulmane, sous couvert de lutte contre le «séparatisme».
Les travaux de certains universitaires et essayistes français simplifient des réalités complexes, nourrissent une confusion entre l’islam en tant que religion et l’islamisme politique, et servent de caution idéologique à des politiques sécuritaires visant les musulmans.