La Compagnie algérienne de dessalement de l’eau (ADC) prévoit de lancer prochainement des études de faisabilité, en partenariat avec des institutions et des centres de recherche universitaires, portant sur l’exploitation de l’hydrogène vert, la valorisation des eaux souterraines sahariennes ainsi que celle de la saumure issue du dessalement, a indiqué mardi à Alger un responsable de cette filiale du groupe Sonatrach.
S’exprimant en marge de la 2e édition du Colloque national sur le dessalement de l’eau de mer (CDEM 2026), le directeur du développement de l’ADC, Sofiane Zamiche, a annoncé le lancement, au cours de cette année, d’une étude de faisabilité destinée à explorer les possibilités d’exploitation de l’hydrogène vert.
Cette étude permettra d’identifier les modalités optimales de contribution de l’ADC au développement et à la production de cette énergie en Algérie, a-t-il précisé, soulignant que l’hydrogène vert constitue “un secteur prometteur” qui mérite une attention particulière au regard de son potentiel stratégique dans la transition énergétique et le développement durable.
Par ailleurs, l’ADC ambitionne également de valoriser la saumure, principal sous-produit du dessalement de l’eau de mer, a-t-il indiqué, annonçant à ce titre la signature prochaine d’une convention-cadre avec l’Observatoire national de l’environnement et du développement durable (ONEDD), relevant du ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie.
Cette convention permettra aux deux parties de collaborer étroitement sur les aspects environnementaux liés à la gestion et à la valorisation de la saumure, a expliqué M. Zamiche.
Dans ce cadre, il a fait état d’une première expérience technique menée avec succès au niveau de la station de dessalement de Corso (Boumerdès), où les équipes ont procédé à la caractérisation de la saumure afin d’identifier les différents minéraux qu’elle renferme, une étape qu’il a qualifiée d'”indispensable” en vue de leur valorisation industrielle.
“Nous allons travailler sur un premier prototype permettant de définir les conditions réelles de valorisation de cette ressource. Parallèlement, des concertations seront engagées avec les opérateurs économiques nationaux afin d’étudier les possibilités de commercialisation des produits qui en seront issus”, a-t-il affirmé.
L’exploitation des ressources hydriques du Sahara algérien figure également parmi les axes d’intérêt de l’entreprise. A ce propos, M. Zamiche a annoncé la signature, dans les prochains jours, d’une convention-cadre avec l’Université d’Ouargla, qui dispose, selon lui, d’une base de données exhaustive dans ce domaine.
Ce partenariat permettra de mettre à profit l’ensemble des données disponibles sur les ressources hydriques du Sud, notamment celles relatives à la profondeur des nappes phréatiques et aux caractéristiques physico-chimiques des eaux, afin de concevoir des systèmes de filtration et de traitement adaptés aux spécificités locales.
S’agissant de la première tranche du deuxième programme complémentaire de dessalement de l’eau de mer, portant sur les usines de Tlemcen, Chlef et Mostaganem, le même responsable a fait état d’une “cadence soutenue” des travaux sur le terrain.
Décidée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, cette première tranche prévoit la réalisation de trois grandes usines d’une capacité de production de 300.000 mètres cubes par jour chacune dans les wilayas de Chlef, Mostaganem et Tlemcen.
Abordant la question du développement durable et de la transition énergétique, M. Zamiche a réaffirmé “l’engagement de l’entreprise à s’inscrire pleinement dans cette démarche de manière progressive et structurée”, soulignant que l’ADC a lancé plusieurs études approfondies afin d’y contribuer.
Dans cette perspective, l’entreprise ambitionne d’intégrer les énergies renouvelables à ses projets de dessalement, notamment à travers le recours à des installations photovoltaïques et à d’autres solutions de production d’énergie propre au niveau de ses sites de production, a-t-il ajouté.
De son côté, Abdelhamid Acheli, sous-directeur au ministère de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, a mis en avant l’intérêt d’intégrer les solutions innovantes dans les chaînes de valeur du dessalement de l’eau.
L’objectif fixé par le ministère consiste à impliquer entre 12 et 16 entreprises locales dans chaque segment d’une station de dessalement, a-t-il expliqué, citant, à titre d’exemple, le remplacement annuel et la réutilisation des membranes des stations, une activité qui pourrait être prise en charge localement par des start-up algériennes au lieu de recourir à des entreprises étrangères.
Organisée par Ecology Green Impact Company (ECOGIC), sous le haut patronage du ministère de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, la 2e édition du Colloque national sur le dessalement de l’eau de mer a réuni des experts, des représentants d’institutions, des dirigeants d’entreprises ainsi que des chercheurs autour du thème : “Innovation au coeur du dessalement : optimisation énergétique, technologies avancées, digitalisation et énergies renouvelables pour un modèle durable et résilient”.