Les textes d’application des dispositions prévues par la nouvelle loi sur les marchés publics, visant à faciliter l’accès des startups à ce type de marchés, seront publiés prochainement, a annoncé, jeudi à l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah.
Lors d’une plénière consacrée aux questions orales, présidée par Toufik Guezout, vice-président de l’APN, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, M. Ouadah a précisé que ses services “sont en phase de finaliser les textes d’application relatifs à l’article 41 de la loi sur les marchés publics de 2023”, lesquels, a-t-il dit, “ouvriront les portes des marchés publics aux startups”.
Selon l’article 41 de la nouvelle loi sur les marchés publics, le service contractant a recours à la procédure négociée directe exclusivement dans sept (07) cas. Parmi lesquels figure, “quand il s’agit de promouvoir les start-up labélisées, telles que définies par la législation et la réglementation en vigueur, prestataires de services dans le domaine du numérique et de l’innovation, à condition que les solutions présentées soient uniques et novatrices”.
Cette démarche, précise le ministre, s’inscrit dans le cadre de l’amélioration de l’écosystème des startups en Algérie, qui connaît “une évolution notable” depuis 2020, ce qui a permis de porter leur nombre de 200 à 13.000 startups à la fin de l’année 2025.
Les nouveaux mécanismes de financement des startups commencent aussi à porter leurs fruits, l’année 2025 ayant enregistré les premières opérations de sortie du Fonds algérien des startups (ASF) du capital des entreprises qu’il finance, après les avoir aidées à franchir avec succès la phase de lancement, a-t-il ajouté, indiquant que ce fonds, créé en 2020, poursuit actuellement ses missions de financement et d’accompagnement de plus de 100 entreprises.
Le ministre a, en outre, souligné la nécessité de l’adhésion des entreprises économiques, de manière plus forte, au financement des start-up, notamment à travers la création de fonds d’investissement, d’incubateurs et d’accélérateurs. Sur le plan organisationnel, un label “Scale-up” a été créé pour les entreprises ayant dépassé la phase de démarrage, a rappelé M. Ouadah qui a, par ailleurs, relevé l’importance du programme “Kick Start” destiné à transformer les projets innovants en start-up. Le ministère compte lancer une nouvelle session “dans les quelques semaines à venir”, avec la participation d’au moins cinq incubateurs à financement public au programme, a-t-il ajouté.
Efforts continus pour traiter le dossier des projets en difficulté
Pour ce qui est du financement des micro-entreprises, le ministre a précisé que le dispositif d’appui à l’entrepreneuriat a connu un sursaut qualitatif après sa révision, qui exige désormais aux porteurs de projets de suivre une formation au sein des centres de développement de l’entrepreneuriat.
A ce jour, 300 centres de développement de l’entrepreneuriat ont été créés, dont 110 dans le secteur de l’Enseignement supérieur et 180 centres dans la formation professionnelle, a-t-il précisé. S’agissant des micro-entreprises en difficulté, le ministre a assuré que le dossier fait l’objet d’un suivi quotidien et rigoureux, selon une approche scientifique, afin de permettre l’accompagnement des porteurs de projets pour surmonter leurs obstacles, notamment en matière de financement.
Après avoir souligné que la plateforme numérique dédiée au traitement des dossiers des projets en difficulté a recensé environ 11.000 projets relevant de l’ex-dispositif “ANSEJ”, M. Ouadah a fait observer que plus de 10.000 dossiers ont déjà été traités, soit 90 % du total, dont la majorité a été transmise aux banques pour un traitement à l’amiable et efficace, selon une perspective purement économique.
Sur le plan pratique, 5.200 porteurs de projets en difficulté ont reçu une réponse favorable, les efforts se poursuivent pour trouver des solutions aux dossiers restants au “cas par cas”, a-t-il fait savoir, faisant état du rejet de 500 dossiers, représentant moins de 5% de l’ensemble des demandes.
Concernant les projets en difficulté relevant de la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC), plus de 65.000 cas ont été recensés, lesquels font actuellement l’objet d’étude par l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (NESDA), sur la base de critères économiques, a ajouté le ministre.