Par Hanane Ben

L'Algérie a officialisé ce jeudi 10 septembre 2026 la rupture unilatérale de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Un acte politique majeur qui concrétise l'aboutissement de plusieurs mois d'affrontements sourds et d'avertissements répétés. Face à ce qu’il qualifie de « multiplication des agissements provocateurs ou hostiles », le gouvernement algérien a choisi d'acter l'impasse. 

Dans un communiqué officiel, le ministère des Affaires étrangères affirme qu'« en conséquence, et après avoir épuisé toutes les voies permettant de préserver les relations bilatérales, le gouvernement algérien a pris, ce jour, la décision de procéder à la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis ».

Par ce texte au ton ferme, Alger porte la responsabilité exclusive de la crise à Abou Dhabi, et insiste sur sa propre posture d'apaisement. Le ministère rappelle ainsi que « Face à la multiplication des agissements provocateurs ou hostiles de la part des Émirats arabes unis, l’Algérie a fait montre d’une grande retenue et d’un sens élevé des responsabilités.

Elle n’a cessé, dans un esprit de respect des principes qui régissent les relations entre États, d’appeler leur attention et de les mettre en garde contre les graves conséquences de leur comportement regrettable et injustifiable ». Une formulation pesée pour montrer que la patience diplomatique algérienne a fonctionné comme un préalable nécessaire avant la sanction finale.

Cette ligne de défense vise à démontrer que toutes les portes de la négociation ont été méthodiquement fermées par la partie adverse. La diplomatie algérienne précise en effet qu'« en dépit de ces nombreuses mises en garde, les Émirats arabes unis ont persisté dans leurs agissements qui ont malheureusement atteint les limites de ce qui est admissible ou tolérable dans me cadre de relations entre deux États souverains et ne sauraient rester sans réponse ».

En évoquant la souveraineté nationale, Alger recadre l'enjeu au-delà du simple différend bilatéral : il s'agit de signifier qu'aucun compromis n'était plus possible sans compromettre l'intégrité ou les intérêts stratégiques du pays.

L'exécution de la décision témoigne d'une volonté d'aller vite pour marquer les esprits. Le communiqué indique que l’ambassadeur des Émirats arabes unis a été reçu ce jeudi 10 septembre 2026 au siège du ministère des Affaires étrangères, où cette décision lui a été formellement notifiée, avant de préciser qu’« un délai de 48 heures lui a été accordé pour se conformer à cette décision ». En imposant un tel ultimatum à l'ambassadeur émirati, Alger signale la rupture consommée et ferme immédiatement la porte à toute tentative de médiation de dernière minute.

En persistant dans cette stratégie d'ingérence désormais bien connue, Abou Dhabi confirme ce que beaucoup observaient déjà à bas bruit : une diplomatie de l'ombre activement tournée vers la déstabilisation des souverainetés nationales.