Par Hanane Ben

Si la notion de «guerre hybride» est longtemps restée une théorie géopolitique distante pour le citoyen ordinaire, elle s'est aujourd'hui imposée comme une réalité concrète dans la conscience collective algérienne. 

Le rythme effréné des saisies quotidiennes de drogues par nos forces de sécurité, les incendies criminels dévastateurs qui ensanglantent nos étés, ainsi que la guerre électronique féroce menée par les officines et mouches virtuelles marocaines sur les réseaux sociaux ne laissent plus aucune place au doute.

Qu'il s'agisse de frapper notre jeunesse au cœur par les psychotropes, de ravager notre territoire et d'asphyxier nos ressources, ou de tenter de confisquer notre patrimoine millénaire en falsifiant notre Histoire pour réduire l'Algérie à sa seule période post-1962, la stratégie reste la même.

 Cette lecture du terrain fait directement écho aux analyses des institutions de sécurité : l'Algérie fait face à une agression multidimensionnelle et orchestrée, visant à ébranler la cohésion nationale, à saboter sa stabilité et à porter atteinte à sa souveraineté territoriale.

La guerre narcotique: l'Algérie face à l'explosion des saisies de drogue en 2026

L'Algérie fait face à une véritable guerre narcotique orchestrée par le narco-Etat marocain, dont l'objectif premier est de frapper la jeunesse au cœur, d'asphyxier la santé publique et d'ébranler la stabilité même de l'État avec le soutien d'acteurs connus pour leur hostilité à la souveraineté nationale algérienne.

Pour marquer le rythme de cette lutte continue sur la première moitié de l’année 2026, le bilan semestriel consolidé publié par le Ministère de la Défense Nationale à la fin du mois de juin 2026 recense l'arrestation de 1 092 narcotrafiquants à travers le territoire national.

Durant ces six premiers mois de travail intensif mené par l'Armée Nationale Populaire ainsi que l'ensemble des services de sécurité, les forces engagées ont réussi à intercepter plus de 156,5 quintaux de kif traité. Sur la même période, la vigilance aux frontières et sur le réseau routier stratégique a permis de confisquer un volume de 730,46 kilogrammes de cocaïne. Enfin, la menace grandissante des substances psychotropes a fait l'objet d'une riposte sévère avec une saisie record franchissant la barre des 25,6 millions de comprimés.

Durant la période couvrant les mois de mai et juin 2026, l'activité opérationnelle est restée particulièrement soutenue à travers le pays. Le bilan hebdomadaire du MDN s'achevant au 2 juin 2026 fait état de la neutralisation de plusieurs réseaux, conduisant à l'arrestation de dizaines d'individus à travers les différentes régions militaires. Au niveau des quantités confisquées au cours de cette seule séquence de fin mai à début juin, les forces de sécurité ont intercepté 80 kilogrammes de cocaïne ainsi que 162 214 comprimés psychotropes, tandis que d'importants arrivages de kif traité en provenance des frontières ouest ont été stoppés.

 De plus, sur la fin juin, des interventions ciblées à El Bayadh et Mascara ont mené à l'interpellation de 10 narcotrafiquants supplémentaires avec de saisissantes quantités de drogue dure et de résine de cannabis.

Le mois de juillet 2026 a vu une montée en puissance des opérations d'interception dans les wilayas du Sud-Ouest et les régions militaires côtières.

Durant le bilan hebdomadaire s'arrêtant au 28 juillet, les détachements de la 3e Région militaire ont procédé à l'arrestation de 5 narcotrafiquants majeurs avec une saisie directe de plus de 45 kilogrammes de cocaïne. 

Sur la totalité du mois de juillet, la saisie hebdomadaire moyenne de psychotropes s'est élevée à environ un demi-million de comprimés par semaine, démontrant la permanence des flux de contrebande orientés vers l'intérieur du pays. Les opérations combinées menées conjointement par la Gendarmerie nationale et la Sûreté nationale dans les wilayas de Tlemcen, Béchar, Tindouf et Laghouat ont continué d'entraver le passage du kif traité aux zones frontalières.

Le mois d'août 2026 marque un tournant sécuritaire majeur avec deux affaires d'envergure internationale rendues publiques par la justice et les services de sécurité.

Dans une opération historique annoncée par l'APS le 20 août 2026, les forces de sécurité ont démantelé un réseau criminel transfrontaliers organisés, entraînant le placement en détention provisoire de 25 personnes. 

Ce coup de filet spectaculaire a permis de mettre la main sur plus de 10 millions de comprimés psychotropes et plus de 33 kilogrammes de cocaïne. En parallèle, lors des bilans hebdomadaires du MDN courant août, notamment ceux du 12 au 25 août, des dizaines de trafiquants ont été appréhendés à Constantine, Oran et Alger.

À Constantine, un coup de filet spécifique a permis d'intercepter environ 500 000 psychotropes, tandis qu'à Oran, le parquet a officialisé au tout début du mois de septembre la mise hors d'état de nuire de 20 mis en cause associés à la saisie exceptionnelle de 228 kilogrammes de cocaïne réalisée à la fin du mois d'août.

La guerre de la terre brûlée

Cette guerre hybride ne se limite pas à l'inondation du territoire par les stupéfiants. Elle emprunte une pluralité de canaux criminels tout aussi destructeurs, à l'image des incendies criminels qui ont une nouvelle fois frappé le pays cet été. Derrière le feu et les flammes, le mode opératoire obéit à la même logique de déstabilisation : semer la désolation, provoquer des pertes humaines dramatiques, asphyxier des pans entiers de l'économie locale et plonger les populations dans le deuil et la détresse.

Face à cette menace asymétrique, le président Abdelmadjid Tebboune a, à maintes reprises, pointé du doigt la figure de Khayen Edar — ce traître de l'intérieur —, maillon indispensable sans lequel les forces hostiles extérieures ne pourraient agir.

Si débusquer ces complices de l'ombre représente un défi d'une complexité extrême, y compris pour les États les mieux armés sur le plan sécuritaire, la réponse est venue du cœur même de la nation. En prenant pleinement conscience des visées de déstabilisation qui ciblent leur pays, les Algériens ont fait bloc derrière l'État. 

De cet éveil patriotique est né un élan de solidarité populaire exceptionnel. Les images des convois d'aide acheminés depuis l'ensemble des wilayas vers les zones sinistrées ont fait le tour du monde, témoignant d'une unité nationale inébranlable que beaucoup nous envient.

Ceci étant dit, il convient de saluer l'efficacité redoutable des forces de l'ordre — Armée Nationale Populaire, Gendarmerie nationale et Sûreté nationale — qui ont réussi à débusquer et arrêter plusieurs pyromanes, dont des ressortissants de nationalité marocaine impliqués dans ces actes saboteurs.

Cette riposte sécuritaire a été considérablement renforcée par la vigilance exemplaire des citoyens. Devenus de véritables acteurs de la sécurité nationale, de nombreux habitants se sont mobilisés sur le terrain pour guetter le moindre départ de feu suspect.

À plusieurs reprises, cette vigilance populaire a permis de repérer des pyromanes en plein acte et de donner l'alerte aux services de police et de gendarmerie, concrétisant ainsi sur le terrain le lien indéfectible entre le peuple et ses institutions sécuritaires face à la menace.

La guerre culturelle et mémorielle

Au-delà de la menace narcotique et de la pyromanie criminelle, le volet le plus insidieux de cette guerre hybride se joue sur le terrain de la culture et de la mémoire. Il s'agit d'une tentative méthodique d'effacement et de spoliation du patrimoine ancestral algérien, orchestrée par une armée d'activistes et d'officines marocaines et israéliennes sur les réseaux sociaux et la scène internationale.

Falsification de l'histoire millénaire de la Numidie, appropriation abusive de notre patrimoine vestimentaire et musical, provocations lors d'événements culturels, réécriture révisionniste de la Guerre de libération et insultes répétées envers nos glorieux Chouhada : la stratégie est claire.

L'objectif est d'instiller le doute chez les Algériens et de bafouer notre identité pour tenter d'étouffer une réalité dérangeante — celle d'un voisin sans profondeur historique cherchant désespérément à se bâtir une légitimité aux dépens d'une nation au passé glorieux.

Mais fort heureusement, l'empreinte des luttes anticoloniales et le sacrifice suprême de la Guerre de libération nationale sont gravés au plus profond de la mémoire collective. Des plus anciens aux plus jeunes, la fierté d'appartenir à la nation algérienne constitue un rempart infranchissable contre lequel se brisent toutes ces tentatives d'ingérence et de réécriture. Nos ennemis en sont d'ailleurs bien conscients.

C'est précisément parce qu'ils se heurtent à ce sentiment national inébranlable que leurs stratégies de déstabilisation ont dû changer de visage au fil des étapes.

Mais qu'il s'agisse de pressions géopolitiques, d'agressions narcotiques ou de spoliation culturelle, chaque plan hostile vient inexorablement s'effondrer face à la résilience d'un peuple uni et à la fermeté d'un État souverain.