Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a plaidé pour une "gouvernance efficace" face aux défis liés à la transition numérique et à l'intelligence artificielle, en vue d'assurer une transformation mondiale profonde vers le "bien commun".
Dans une contribution au quotidien Le Soir d'Algérie, M. Baddari a relevé que cette avancée technologique "interconnecte le monde, transforme les communications et le commerce, et remodèle nos perceptions et nos modes de vie et de pensée". Selon lui, "nous entrons dans une phase de transition inter-civilisationnelle marquée par une transformation profonde du monde du travail avec toutes les conséquences que cela implique".
Se référant à l'histoire des civilisations, il a rappelé que "si la maîtrise des mers a longtemps défini la puissance des empires, nous assistons aujourd'hui à un basculement stratégique majeur". Désormais, a-t-il mentionné, "la souveraineté technologique repose sur la maîtrise des données, des infrastructures numériques et des algorithmes de l'information mondiale".
Pour M. Baddari, "cette virtualisation du monde n'est pas une simple évolution technique, mais un changement de paradigme où le contrôle des flux immatériels devient le nouveau socle de la géopolitique contemporaine, exigeant des nations une résilience accrue face aux risques de prédation technologique".
Il a averti, toutefois, que ces avancées "imposent une gouvernance efficace afin de limiter les dérives et d'orienter les usages vers le bien commun".
Dans ce sens, le ministre a qualifié la politique de non-alignement de l'Algérie de "parangon de la neutralité positive", un principe qui constitue "un facteur de stabilité essentiel face aux tensions géopolitiques et aux guerres générées par ces transformations globales".
Il a souligné que l'Algérie "puise sa force dans une identité civilisationnelle plurielle, un socle, forgé au fil des siècles", ajoutant qu'elle est "le produit d'héritages multiples notamment amazigh, arabo-islamique, phénicien, numide, romain, andalou, africain et méditerranéen".
Cette profondeur historique a "façonné une personnalité algérienne dont peu de peuples dans le monde peuvent se prévaloir", permettant, ainsi, au pays de prôner une approche fondée sur "une politique de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays", a-t-il expliqué.
Pour le ministre, c'est précisément par ce biais que l'Algérie "contribue aujourd'hui à la réhabilitation des principes fondateurs de la civilisation mondiale".
S'appuyant sur les théories de Malek Bennabi et d'Ibn Khaldoun, il a rappelé que "les civilisations naissent, croissent et disparaissent" et que "la phase actuelle, marquée par la virtualisation du monde, appelle à une réflexion profonde sur les valeurs pour "sanctuariser l'avenir des générations futures".