L'armée espagnole est sur le qui-vive suite aux informations faisant état de menaces proférées par les services du régime du Makhzen à l'égard de soldats marocains d'origine marocaine et leurs familles établies au Maroc.
Dans la foulée de l'échec de l'invasion migratoire du 30 juillet dernier, les services des renseignements du régime du Makhzen ont tenté de prendre contact avec des militaires espagnols d'origine marocaine,lors de leurs séjours au Maroc, révèle la presse espagnole.
Les commandements militaires de Ceuta et Melilla comptent un pourcentage important de personnel d'origine marocaine. Dans certaines unités, ce pourcentage dépasse 50 %. Ces militaires sont autorisés à se rendre au Maroc pour rendre visite à leurs familles pendant leurs permissions, mais ces déplacements ont été marqués par des interactions inquiétantes.
Des soldats stationnés dans les enclaves espagnoles deCeuta, Melilla et dans d'autres régions en Espagne continentale ont fait part de ces faits au sein de leurs unités. Ils reconnaissent avoir été contactés par des agents de la Direction générale des études et de la documentation (DGED ) marocaine, dirigée par Yassine Mansouri, qui les interrogeaient sur la situation dans leurs casernes. Certains d'entre eux, notamment des femmes, ont renoncé à ces voyages en raison des pressions exercées sur leurs familles par les services de renseignement makhzeniens.
Le régime du Makhzen ne cherche même plus à le dissimuler. Ses services de renseignement, qui il y a des années approchaient discrètement ces soldats lors de leurs déplacements dans le pays pour des raisons familiales , le font désormais ouvertement. Sans aucune retenue. Ce qu'ils rapportent à leurs supérieurs à leur retour dans leurs unités est généralement similaire : des inconnus qui connaissent leur identité et leur demandent de coopérer en répondant à des questions précises sur leur travail. Des détails sur leurs unités, leurs commandants ou des changements prévus dans leurs casernes.
Selon des sources militaires citées par les médias espagnols , des menaces sont proférées, parfois, contre les familles des soldats espagnols d'origine marocaine . Ces menaces vont de possibles démêlés avec la police à la possible disparition de bétail ou d'autres biens appartenant à ses proches.
Dans certains cas, la situation est devenue telle que certains militaires ont décidé de ne pas se rendre au Maroc pendant leurs permissions afin d'éviter toute situation compromettante. C'est particulièrement vrai, selon les mêmes sources , pour les femmes militaires , sur lesquelles la pression exercée par la DGED est encore plus forte.
Environ 30 % des militaires enrôlés à Ceuta et Melilla sont des citoyens espagnols d'origine marocaine. Cependant, dans certaines unités, notamment le Groupe de soutien logistique et les unités du génie et des transmissions , ce chiffre dépasse les 50 % . L'état-major de l'armée de terre espagnole est conscient que, dans le contexte actuel, cela engendre des risques et des vulnérabilités, mais la nécessité de maintenir les effectifs prime.
Par ailleurs, le Centre de renseignement des forces armées (CIFAS) est conscient que certaines vulnérabilités pourraient être exploitées par la Direction générale des études et de la documentation (DGED ) ou la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN) du Maroc.
Les noms, prénoms et dates de naissance sont vérifiés par rapport à ceux de personnes ayant principalement servi dans des unités des villes autonomes, comme le 2e duc d'Alba Tercio de la Légion à Ceuta ou le 52e groupe régulier de Melilla.