La visite de Mohammed VI en France, visant à sceller un nouveau traité similaire à celui d'Aix Les Bains en 1955, annoncée en grande pompe pour l'automne est de nouveau reportée, selon les médias du régime du Makhzen, relayés par les médias de l'Hexagone, sans pour autant dévoiler les causes de ce nouveau report.
Dans la foulée, les porte-voix du régime du Makhzen annonce la visite du Commandeur en France pour le début de l'année 2027,une date fragilisée avec les élections résidentielles françaises du printemps prochain. Une visite qui pourrait être de nouveau reportée, au profit d'un au-delà, Mohammed VI pourrait finalement être reçu par le successeur d'Emmanuel Macron.
Même si la presse makhzenienne refuse de révéler les vraies raisons de cet énième report, il en demeure que ce report coïncide avec les tensions entre Rabat et Madrid, suite à l'invasion migratoire visant l'enclave espagnole de Ceuta, orchestrée par les services de renseignement marocain le jour de la célébration de la fête du trône et du 27 ème anniversaire de l'accession de Mohamed VI au pouvoir. L'annonce du nouveau report survient le jour de la publication des confessions de l'ancien numéro deux de la DGED, Mehdi Hijaouy, dirigée par Yassine Mansouri, un des éléments clés du scandale de corruption des parlementaires européens appelé Marocgate, et du scandale d'espionnage Pegasus, dont l'une des victimes et le locataire de l'Elysée Emmanuel Macron.
Ce report intervient, il faut bien le préciser dans une conjoncture de tensions entre Paris et Alger, dont la dynamique de concrétisation de partenariats avec des pays européens comme l'Allemagne ,l'Italie et l'Espagne,ne font qu'isoler Paris qui voit ses échanges commerciaux avec l'Algérie reculer en valeur, atteignant 8,6 milliards d’euros sur la période allant d’août 2025 à juillet 2026, contre 9,3 milliards sur l’ensemble de l’année 2025. Ce déclin s’explique notamment par la crise diplomatique ainsi que par les nouvelles orientations économiques de l’Algérie, qui refuse le diktat néocolonial de faire de l'Algérie un marché juteux et une vache à traire au lien de bâtir un partenariat bénéfique .
A ce titre, l'ancienne candidate à la présidentielle française Ségolène Royal, qui souligna il y a deux jours que tous les pays méditerranéens s'entendent avec l'Algérie sauf la France. Pour Ségolène Royal, la France demeure attachée à son narratif colonial et otage du logiciel de la colonisation imposé par les nostalgiques de l'Algérie française et des adeptes du "Paradis Perdu".
Par contre, des pays comme l'Allemagne, l'Italie et dernièrement l'Espagne dirigée par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, mesurant le rôle géostratégique de l'Algérie, sur la scène internationale et régionale et mesurant son poids économique de partenaire fiable aux potentialités énormes, dans une conjoncture géopolitique internationale des plus instables et fluctuantes, se sont tournés vers Alger, dans le cadre de leur Real Politik, à l'instar de Berlin, pour bâtir des partenariats solides avec l'Algérie.
D'ailleurs, le président de la république Abdelmadjid Tebboune s'apprête à se rendre à Madrid pour sceller un partenariat mutuellement avec l'Espagne et consolider le Traité de Coopération, d'Amitié e de Bon Voisinage, signé en octobre 2002, suspendu il y a quatre années suite au revirement de la position de Madrid sur la question de décolonisation du Sahara Occidental.
Un traité, qui avait été reconduit suite à une décision du président de la république Abdelmadjid Tebboune, dans la foulée de la dynamique de réchauffement entre les deux pays, ponctuée par la visite de Pedro Sanchez en juillet dernier, à Alger, le lendemain du sacré de la Roja, vainqueur du mondial nord-américain de l'été 2026.
Le président Tebboune s'était également rendu à Berlin pour concrétiser un partenariat avec l'Allemagne, désormais débarrassée de l'influence française sur le dossier algérien.
Pragmatique et excellant en matière d'exercice de la Real Politik, l'Allemagne se tourne vers l'Algérie pour faire face à la crise énergétique qui la menace, dans le sillage de la rupture de l'approvisionnement énergétique russe.
La concrétisation du mégaprojet « SoutH2 Corridor » fruit d'un partenariat algéro-italien, constitue une belle opportunité pour Berlin et autre pays comme l'Autriche pour surmonter la crise énergétique qui secoue l'Europe.
Aujourd'hui, l'Allemagne voit dans le partenariat avec l'Algérie, devenue un hub africain, une voie pour se redéployer dans le continent africain, à condition de respecter ses engagement en matière de transfert technologique, de délocaliser ses entreprises en Algérie, et de facto se débarrasser du dogme néocolonial français.