Par Z.B
La huitième édition du Grand Prix Assia Djebar du Roman franchit une nouvelle étape. La longue liste de l’édition 2026 compte 26 romans, sélectionnés parmi 155 œuvres soumises dans les trois langues du prix : l’arabe, le tamazight et le français.
La longue liste de la huitième édition du Grand Prix Assia Djebar du Roman a été dévoilée ce mercredi 19 août 2026, à Alger, lors d’une conférence de presse organisée au siège de la Direction générale de l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP).
Cette nouvelle étape du prestigieux rendez-vous littéraire algérien intervient après plusieurs mois de réception, de lecture et d’évaluation des œuvres candidates par le jury de l’édition 2026.
Au total, 155 romans ont été proposés pour cette huitième édition par 53 éditeurs. La répartition linguistique fait ressortir la diversité de la production romanesque algérienne : 79 romans en langue arabe, 13 en tamazight et 63 en français.
À l’issue du processus de lecture et d’évaluation, 26 romans ont été retenus pour figurer sur la longue liste. Ils se répartissent entre 10 romans en arabe, 6 en tamazight et 10 en français.
Une littérature algérienne plurielle
La sélection confirme l’une des particularités majeures du Grand Prix Assia Djebar : mettre en lumière la création romanesque algérienne dans ses différentes expressions linguistiques.
Dans la catégorie des œuvres en langue arabe, la longue liste comprend notamment « Aârach ed-Dam » de Hussein Allam, publié par Dar Khayal, ainsi que « Er-Rissala el-Wahida… wa Roubbama el-Akhira » d’Amelia Friha, édité par Dar Khayal pour l’édition et la traduction.
Figurent également « Er-Rafraf (Siret el-Jebel el-Oustouriya) » de Sara Mohamed Maarich, publié par Nimouris pour l’édition et l’impression, et « Tinhinan : En-Nabaa, wel-Jebel wel-Yaqout el-Azraq » de Leïla Tebani, publié par Dar Khayal pour l’édition et la traduction.
La sélection comprend aussi « Chejarjane wa Qalb Wahid, es-Sira ellati lam Tourwa… » de Mustapha Bougazi, « Iman (el-Ankabout elladhi Sara Zahra) » d’Ahmed Dalil, ainsi que « Dhalal Kouri wa Ajnihat el-Amal (Taghribat Ibn es-Sahra) » de Mabrouk Belnaoui.
S’y ajoutent « Youba eth-Thani (Araïs el-Qaysariya) » de Fadila Melhaq, « Aâm er-Rahma » de Kheïr Chouar et « Chaqat Madame Madi » de Souria.
Cette sélection donne à voir des univers littéraires différents, tout en illustrant la vitalité du roman algérien contemporain en langue arabe.
Un jury représentant les trois espaces linguistiques
La huitième édition est placée sous la présidence de Hakim Miloud, universitaire et poète.
Pour la littérature arabe, le jury réunit Mustapha Madi, professeur en sciences sociales, Hamid Bouhebib, écrivain et poète, ainsi que Cherif Meribai, président de l’Académie algérienne de la langue arabe.
La commission consacrée à la littérature amazighe comprend Ahcène Meriche, poète et écrivain, Kessila Aliq, professeur et chercheur en langue amazighe, et Idir Belali, poète et traducteur.
Pour les œuvres de langue française, le jury est composé de Maïssa Bey, écrivaine, Meriem Guemache, écrivaine et journaliste, et Leïla Hamoutène, écrivaine.
La composition du jury traduit ainsi la volonté de prendre en compte les différentes traditions littéraires qui composent le paysage éditorial algérien.
155 romans au départ
Les chiffres annoncés à l’occasion de la présentation de la longue liste permettent également de mesurer l’importance de la participation à cette huitième édition.
Sur les 155 romans déposés, 79 sont écrits en arabe, 63 en français et 13 en tamazight. Les œuvres ont été proposées par 53 maisons d’édition.
La sélection de 26 romans marque donc une première réduction significative du nombre de candidatures. Le travail du jury doit désormais se poursuivre afin de départager les œuvres retenues et d’aboutir aux prochaines étapes de la compétition.
Au-delà de la récompense, le Grand Prix Assia Djebar entend contribuer à la promotion du roman algérien et à l’encouragement des auteurs et des éditeurs nationaux.
Un prix dédié à la mémoire d’Assia Djebar
Créé en hommage à Assia Djebar, l’une des grandes figures de la littérature algérienne, le prix porte depuis sa création l’ambition de célébrer la création romanesque nationale.
Écrivaine, historienne et enseignante, Assia Djebar a construit une œuvre majeure autour notamment de la mémoire, de l’histoire, de la condition des femmes et de la pluralité des voix algériennes. Elle a été élue à l’Académie française en 2005, devenant la première personnalité d’origine maghrébine à rejoindre cette institution.
À travers le prix qui porte son nom, l’objectif est également de maintenir vivant cet héritage littéraire et de donner davantage de visibilité aux nouvelles générations d’écrivains algériens.
Prochaine étape : la liste courte
Avec la publication de cette longue liste, la huitième édition entre désormais dans une nouvelle phase. Les 26 romans retenus continueront d’être examinés par le jury avant l’établissement de la liste courte, qui constituera une étape décisive avant la proclamation des lauréats.
L’édition 2026 confirme ainsi la place du Grand Prix Assia Djebar parmi les rendez-vous importants de la scène littéraire algérienne, avec une participation qui met en évidence à la fois la diversité linguistique et la richesse de la production romanesque nationale.
De 155 romans candidats à 26 œuvres retenues, le prix ouvre désormais un nouveau chapitre de sa huitième édition, dans l’attente de connaître les œuvres qui franchiront la prochaine étape et, à terme, les trois romans qui seront distingués dans les catégories arabe, tamazight et française.