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March 27, 2026

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Guerre au Moyen-Orient: Inquiétudes au sujet d’une éventuelle militarisation de l’eau

La guerre qui oppose aujourd'hui les agresseurs américano-sioniste à l'Iran, marque un nouveau jalon d'escalade avec l'éventualité de la militariisation de l'eau, via le ciblage des usines de dessalement de l'eau, source indispensable d'approvisionnement hydrique des populations dans les Etats du Golfe.

La guerre qui oppose aujourd’hui les agresseurs américano-sioniste à l’Iran, marque un nouveau jalon d’escalade avec l’éventualité de la militariisation de l’eau, via le ciblage des usines de dessalement de l’eau, source indispensable d’approvisionnement hydrique des populations dans les Etats du Golfe.

Les usines de dessalement, d’une importance capitale dans les pays du Golfe, deviennent des cibles stratégiques. Une destruction massive provoquerait des pénuries d’eau et une crise économique en chaîne. La militarisation de l’eau marque une escalade majeure aux conséquences humanitaires graves. Alors que la guerre entre l’axe américano-sioniste et l’Iran s’intensifie, un seuil critique est en train d’être franchi : celui de l’eau.

Longtemps épargnées, les usines de dessalement sont désormais exposées, voire prises pour cible, transformant l’accès à l’eau potable en levier stratégique. Des installations au Koweït, aux Émirats arabes unis ou encore à Bahreïn ont déjà subi des dommages, révélant une vulnérabilité majeure dans une région où l’eau dépend quasi exclusivement de cette technologie.

Depuis les années 1970, le dessalement est devenu la pierre angulaire de la sécurité hydrique du Golfe. Dans certains pays, comme le Koweït ou le Qatar, il assure jusqu’à 90 % de l’approvisionnement en eau.

Sur ce plan, il faut préciser qu’environ 42% de la capacité mondiale de dessalement réside au Moyen-Orient. Aux Émirats arabes unis, 42% de l’eau potable provient de ces usines, 70% en Arabie saoudite, 86% à Oman et au Koweït c’est 90 %, selon l’Institut français des relations internationales (Ifri) de 2022. Autrement dit, “sans eau désalinisée, il n’y a rien”, comme le résume Esther Crauser-Delbourg,l’économiste française de l’eau, où cette ressource est particulièrement précieuse dans les grandes métropoles de Dubaï, aux Émirats arabes unis, et Riyad, en Arabie saoudite. 

Une note d’analyse de la CIA publiée en 2010 affirmait même que “la perturbation des installations de dessalement dans la plupart des pays arabes pourrait avoir des conséquences plus graves que la perte de toute autre industrie ou matière première”. Le site Wikileaks révélait à son tour, huit ans plus tard, qu’un câble diplomatique américain soutenait que “Riyad devrait évacuer dans un délai d’une semaine”, dans le cas où l’usine de dessalement de Jubail qui l’alimente, ou ses oléoducs, étaient “gravement endommagés ou détruits”.

Dès les années 2000, des analyses américaines alertaient sur le risque systémique qu’impliquerait la destruction de ces infrastructures. Aujourd’hui, ce scénario se rapproche dangereusement de la réalité. Une mise hors service massive provoquerait des pénuries rapides, les réserves d’eau ne couvrant que quelques jours dans la plupart des pays concernés.

Les conséquences iraient bien au-delà de l’eau potable. Le dessalement alimente aussi les centrales électriques, l’industrie et une partie de la production alimentaire. Une rupture prolongée entraînerait donc une crise en cascade, affectant l’ensemble des économies du Golfe. Le recours aux nappes phréatiques, déjà surexploitées, ne pourrait constituer qu’une solution temporaire.

Il convient de rappeler, que lors de la guerre du Golfe de 1990, le Koweït avait vu ses capacités de production d’eau s’effondrer, entraînant des restrictions sévères pendant plusieurs semaines. Mais dans un conflit régional élargi, où plusieurs pays seraient touchés simultanément, les mécanismes d’entraide seraient bien plus limités. En franchissant cette ligne rouge, le conflit ouvre la voie à une militarisation de ressources vitales. L’eau, fondement de toute vie, devient ainsi un instrument de pression, avec des conséquences humanitaires potentiellement catastrophiques et durables.

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