Pr Hanane Ben

La tragédie qui a frappé l’établissement de l’enfance assistée de Mohammadia continue d’ébranler nos âmes. Sous le choc, le peuple algérien peine à surmonter ce drame absolu où onze vies ont péri dans les flammes.

Face à l'incompréhension générale, la douleur revient en boucle et la catastrophe reste impossible à digérer. Sur place, les autorités ont réagi rapidement, tandis que sur les réseaux sociaux, le temps est exclusivement au deuil.

Depuis deux jours, chacun exprime sa tristesse comme il le peut ; les mots désertent nos pensées et les formules de circonstance semblent bien dérisoires.

Pourtant, au milieu de la stupeur, un puissant élan de solidarité s’est levé. Des appels aux dons ont inondé la toile, et des centaines de citoyens se sont immédiatement dirigés vers l’hôpital de Zéralda pour prêter main-forte. Dons de sang, de vêtements et de produits de première nécessité ont afflué pour soutenir les rescapés de ce terrible incendie.

Pendant ce temps, les photos de ces anges partis trop tôt brisent le cœur de quiconque les contemple. Leurs petites frimousses souriantes et innocentes, partagées sur les écrans, ne souriront plus à personne, leurs voix s'étant éteintes à jamais. Parmi les victimes, la soignante de 52 ans, qui a courageusement tenté d'intervenir pour sauver un nourrisson, a, elle aussi, payé le prix fort de son dévouement.

Nous accordons toute notre confiance aux autorités compétentes pour déterminer avec exactitude le fil des événements de cette nuit tragique, et mettre en lumière les graves négligences qui ont mené à un tel désastre humanitaire.

Dès son retour d'Allemagne, le président de la République s'est d'ailleurs rendu directement de l'aéroport d'Alger au chevet des blessés à l'hôpital des grands brûlés de Zéralda. Un geste fort qui présage une exigence absolue de vérité et une demande de rapport détaillé pour situer les responsabilités.

Si leurs jouets, leurs cahiers et leurs cartables sont partis en fumée, le souvenir de ces enfants restera à jamais vivace dans nos âmes et nos cœurs.