La bataille des Ghoualem, ou Sidi Ghalem, qui s’est déroulée du 18 au 20 juillet 1956, est l’une des batailles emblématiques de l’histoire de la Révolution algérienne dans la wilaya V historique.

Les moudjahidine y ont inscrit un exploit héroïque qui restera gravé dans la mémoire du peuple algérien pour toujours.

La grandeur de cette bataille, qui a eu lieu dans la région montagneuse de Sidi Ghalem, près de Tafraoui (au sud de la ville d’Oran), réside dans le fait qu’elle a constitué un tournant décisif dans l’histoire de la lutte contre le colonialisme français. Elle a été une forte réponse à la légende de "l’armée française invincible", a indiqué à l’APS le doyen de la faculté des sciences humaines de l’université d’Oran 1 et spécialiste de l’histoire de l’Algérie, Pr. Ahmed Bendjebbour, à l’occasion de la commémoration du 70e anniversaire de cette bataille.

Les factions de moudjahidine de l’Armée de libération nationale ont conduit cette importante bataille dans la wilaya V historique, qui coïncidait avec la fête de l’Aïd El-Adha.

Les moudjahidine ont réalisé un exploit héroïque en infligeant de lourdes pertes à l’occupant français en hommes et en matériel.

Selon le même spécialiste, le relief montagneux de la région a fait de ce village un bastion imprenable pour les moudjahidine et un corridor principal pour les convois d’armes et de munitions vers l’Est, ainsi qu’une étape pour les factions de l’ALN en route vers la Dahra et l'Ouarsenis.

En raison de ce relief montagneux, de la hauteur de cette région et de la présence de la base aérienne de Tafraoui, celle-ci est devenue, dès les premiers jours de la Révolution algérienne, l’une des principales bases d’Oran pour l’intervention rapide de l’occupant, contre les positions de l’ALN, détruisant et brûlant les villages et hameaux de toute la région Ouest, ainsi que les zones du l'Ouarsenis et de la Dahra.

Cela a nécessité une planification rigoureuse de la part des chefs de la Révolution pour mener des attaques à grande échelle contre la base aérienne mentionnée, affirme le même intervenant.

La bataille a commencé dans la nuit du 18 juillet 1956, lorsque les factions de l’Armée de libération nationale, dirigées par le commandant "Boubernous", ont surpris les troupes de l’armée française sous le commandement du général "O’Neill" en attaquant la base aérienne de Tafraoui, infligeant de lourdes pertes à l’ennemi.

Le responsable français a alors fait appel à d’énormes renforts et équipements d’autres régions pour faire face aux moudjahidine.

Malgré le déséquilibre des forces, les moudjahidine ont montré un courage rare et une profonde conviction en la justesse de leur cause, ce qui leur a permis de réaliser des victoires inattendues.

Le 19 juillet, qui coïncidait avec l’Aïd El-Adha, et sans aucun respect pour cette fête religieuse, les troupes françaises ont mené une opération de ratissage dans la région, arrêtant des citoyens et les conduisant dans des centres d’interrogatoire où ils ont été torturés, certains ayant même été tués.

Pour venger leurs frères, les moudjahidine ont déclenché un deuxième combat, poussant l’armée française dans la région à demander encore des renforts.

Les combats intenses se sont poursuivis jusqu’au 20 juillet, où les bruits des bombardements aériens et des tirs d’artillerie se mêlaient aux cris d" Allah Akbar" des citoyens et des moudjahidine héroïques, qui ont montré un courage exceptionnel et une habileté tactique dans la conduite de la guerre de guérilla, transformant la région des Ghoualem en un véritable enfer pour les forces de l’armée française, a ajouté Pr. Bendjebbour.

Les sources historiques indiquent que les moudjahidine ont inscrit un exploit héroïque lors de cette bataille, infligeant de lourdes pertes aux troupes françaises, avec la mort de plus de 300 soldats français et la destruction de deux avions de chasse français, tout en faisant tomber le prestige des forces coloniales dans le secteur oranais, a fait savoir l’historien.

En contrepartie, la région a sacrifié ses meilleurs enfants pour la patrie, avec plus de 400 martyrs, qui ont donné leur vie pour la liberté et l’indépendance de leur pays.

Cette bataille restera gravée en lettres d’or dans la mémoire collective du peuple algérien, notamment chez les habitants d’Oran, qui se rappellent de ses exploits lors des occasions nationales comme symbole de sacrifice et de résistance, ayant ouvert la voie à l’indépendance et au rétablissement de la souveraineté nationale.