Il y a des engagements qui changent de forme sans jamais changer de sens. Celui de Mohamed Debbah en est un. Après avoir consacré sa plume à la mémoire nationale, au MALG, aux réseaux de transmission de la Révolution et à la Déclaration du Premier Novembre, l’ancien combattant et diplomate revient aujourd’hui sur sa propre trajectoire.
Une autobiographie qui sonne moins comme un regard sur le passé que comme une nouvelle étape d’un engagement : transmettre aux jeunes générations ce qu’une vie au service du pays peut porter comme expérience et comme mémoire.
Une vie au service de l’Algérie, c’est le titre de cet ouvrage dans lequel Mohamed Debbah retrace un parcours commencé très jeune, dans les années de la Révolution. À 17 ans, il rejoint les réseaux de transmission et découvre, dans la clandestinité, l’importance de l’information, de la discrétion et de la rigueur. Une première mission au service de la lutte de libération, qui va marquer durablement son itinéraire.
L’indépendance ne mettra pas fin à cet engagement. Elle lui donnera une autre forme.
Le jeune militant devient cadre de l’État et rejoint la diplomatie algérienne. Commence alors un long parcours qui le conduira de Belgrade à Tunis, de Madrid à Abidjan, puis à Washington et Paris. Des capitales, des contextes et des missions différents, mais une même ligne de conduite : représenter l’Algérie, défendre ses intérêts et porter sa voix dans un environnement international en pleine mutation.
À Belgrade, dans le contexte du mouvement des non-alignés, puis dans les capitales africaines, européennes et américaine, Mohamed Debbah est confronté aux réalités d’un État nouvellement indépendant qui doit construire sa diplomatie et affirmer sa place dans le monde.
À Paris, entre 1992 et 1996, sa mission intervient dans une période particulièrement sensible des relations algéro-françaises. Là encore, il s’agit de maintenir le dialogue, de suivre les évolutions politiques et médiatiques et de défendre les positions de l’Algérie.
Mais derrière cette carrière diplomatique, il y a surtout un fil conducteur : le service du pays.
C’est ce même fil que l’auteur retrouve lorsqu’il prend la plume pour revenir sur la guerre de Libération et préserver la mémoire de ceux qui l’ont vécue. Ses précédents écrits consacrés au MALG, aux réseaux radio et à la Déclaration du Premier Novembre traduisaient déjà cette volonté de ne pas laisser disparaître les témoignages d’une génération.
Avec son autobiographie, Mohamed Debbah franchit une nouvelle étape. Il ne raconte plus seulement une page de l’histoire nationale : il y inscrit son propre parcours, ses expériences et les missions qui ont jalonné sa vie. Combattre, représenter, transmettre. Trois temps d’une même fidélité à l’Algérie. Et peut-être, aujourd’hui, une dernière mission : faire de la mémoire une passerelle entre ceux qui ont vécu l’histoire et ceux qui auront à en porter l’héritage.