Une royauté confrontée au chômage des jeunes, aux inégalités, aux difficultés des services publics et à une contestation sociale persistante, mais dont le régime trouve le temps et les moyens d’approfondir ses liens avec l’entité sioniste : c’est le contraste qui s’impose à quelques jours des élections législatives marocaines du 23 septembre.
 
Alors qu’une partie de la population manifeste contre les choix du régime du Makhzen et réclame davantage d’emplois, de santé, d’éducation et de justice sociale, Rabat poursuit, sous parrainage américain, la consolidation de ses relations avec l’entité sioniste.
 Mercredi 16 septembre à New York, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita et son homologue de l’entité sioniste Gideon Sa’ar ont annoncé une nouvelle étape avec la perspective de transformer les représentations diplomatiques en ambassades et de procéder à un échange d’ambassadeurs. La reprise des vols directs et l’approfondissement des accords économiques figurent également parmi les mesures annoncées.
 
Cette accélération diplomatique intervient alors que la société marocaine dans son ensemble continue de rejeter cette politique. La cause palestinienne reste fortement présente dans les mobilisations et dans le débat public, tandis que les critiques adressées au pouvoir portent également sur les priorités économiques et sociales du royaume. Le choix de renforcer les liens avec l’entité sioniste, en pleine guerre à Gaza, apparaît dès lors comme un choix politique assumé par Rabat, loin de répondre à l'attachement du peuple marocain à la cause sacrée de la Palestine.
 
Le contraste est d’autant plus saisissant que la jeunesse marocaine constitue aujourd’hui l’un des principaux foyers de frustration. Le chômage des 15-24 ans avoisine 27 %, selon les données citées par Reuters, tandis que les formations politiques tentent, à quelques jours du scrutin, de répondre au désenchantement d'une génération qui réclame des perspectives professionnelles et sociales.
 
Les mobilisations de 2025 de GenZ 212 autour de la santé, de l'éducation et de l'emploi avaient déjà exposé cette colère sociale. Elles ont notamment révélé le fossé existant entre les ambitions internationales affichées par la royauté et les préoccupations quotidiennes de la population. Les revendications ne portent pas seulement sur les salaires ou le chômage, mais aussi sur la qualité des services publics et sur la capacité de l'État à répondre aux besoins les plus élémentaires.
 
Le phénomène migratoire constitue un autre révélateur de ce malaise. En juillet 2026, des dizaines de milliers de personnes ont tenté de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta. 
 
 Le renforcement de la coopération du régime du Makhzen avec l'entité sioniste, se poursuit malgré le génocide des palestiniens Gaza .
 
 Depuis 2020, les relations entre Rabat et l'entité sioniste se sont étendues à l'agriculture, aux technologies, à l'eau, au commerce et à la sécurité. Des analyses ont notamment documenté la progression d'entreprises sionistes dans l'agriculture marocaine et les technologies liées à l'irrigation. Pour les opposants à cette coopération, ces accords soulèvent des questions sur la souveraineté économique et l'utilisation des ressources marocaines.
 
Pendant ce temps, les difficultés sociales demeurent. La croissance marocaine ne se traduit pas de manière uniforme dans l'ensemble de la société. Les disparités territoriales restent importantes, tandis que le chômage des jeunes, la faible participation des femmes au marché du travail, le stress hydrique et les difficultés d'accès à certains services publics continuent de peser sur le quotidien.
 
Rédaction Algérie54