L'entreprise espagnole Marina d'Or réclame au Maroc 360 millions d'euros, comme indemnisation et accuse Rabat d'entraver la construction de deux grands complexes immobiliers, « Nouvelle Cité de Tamesna » et « La Perle de Tanger », en ne respectant pas ses engagements.
L'entreprise espagnole et le Maroc ont tenu une audience d'arbitrage en mai dernier et le délai pour soumettre les conclusions écrites expire dans les prochaines semaines.
Les deux parties ont assisté à l'audience préliminaire en mai dernier et, selon des sources espagnoles, elles doivent déposer leurs conclusions finales avant la fin de l'année.
Suivront ensuite les conclusions relatives aux frais, puis la sentence arbitrale, attendue en 2027.
Initialement, le montant estimé dépassait 400 millions d'euros, mais il a été revu à la baisse et devrait encore évoluer en raison des intérêts.
Plus précisément, Marina d'Or a prévu la construction de la ville satellite « Nouvelle Ville de Tamesna » pour désengorger Rabat, la capitale, et d'un complexe mixte (résidentiel, commercial et hôtelier) à Tanger, baptisé « La Perle de Tanger ».
Ces deux projets s'inscrivaient dans une initiative lancée par le Maroc il y a plus de vingt ans pour désengorger les grands centres urbains en créant de nouvelles villes satellites. Marina d'Or a décidé d'y participer en investissant dans les deux projets, prévoyant de financer la construction par la vente des nouveaux logements aux futurs résidents.
Selon Marina d'Or, « l'inaction » du gouvernement marocain dans la « fourniture des équipements et des infrastructures » et le « blocage administratif résultant de conflits internes entre les autorités » ont fini par faire échouer les deux projets immobiliers . Marina d'Or réclame 407 millions d'euros au Maroc pour deux investissements ratés.
La demande d'arbitrage , déposée en 2022, est fondée sur les garanties de protection des investissements établies dans le Traité bilatéral sur la promotion et la protection des investissements signé entre l'Espagne et le Maroc le 11 décembre 1997, qui comprend une clause d'arbitrage international devant le CIRDI, qui est le tribunal devant lequel la procédure est administrée, comme indiqué sur son site web.