La famille du défenseur des droits humains et prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari a vivement contesté, jeudi, le communiqué publié par la Délégation générale marocaine à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion, affirmant qu'il « ne reflète ni la réalité de son état de santé ni sa situation en matière de droits humains ».
 
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, la famille indique que Naâma Asfari poursuit sa grève de la faim illimitée, entamée le 8 juin dernier et désormais entrée dans sa septième semaine, afin de dénoncer, selon elle, la privation de ses droits fondamentaux malgré les décisions rendues par le Comité des Nations unies contre la torture et le Groupe de travail sur la détention arbitraire.
 
La famille affirme que l'interdiction imposée au détenu d'utiliser le téléphone depuis le 13 juillet constitue une nouvelle mesure de représailles destinée à l'isoler de ses proches et de son équipe de défense. Elle rappelle également que son épouse, Claude Mangin-Asfari, est privée de tout droit de visite depuis janvier 2019 et soutient que des mesures similaires visent d'autres prisonniers politiques sahraouis incarcérés à Kénitra et à Tiflet.
 
Le communiqué dénonce en outre le transfert de Naâma Asfari vers un établissement hospitalier extérieur le 15 juillet, sans information préalable de sa famille ni de ses avocats, regrettant l'absence de toute communication officielle sur son état de santé.
 
La famille réitère son appel aux autorités marocaines afin qu'elles appliquent les décisions des mécanismes des Nations unies, répondent aux revendications du prisonnier et mettent fin aux mesures de représailles dont il ferait l'objet.
 
Elle exprime également sa solidarité avec les prisonniers politiques sahraouis Mohamed Lamine Haddi, Hassan Dah, Ahmed Sbaï et Mohamed Bani, ainsi qu'avec l'ensemble des détenus du groupe de Gdeim Izik, appelant au respect de leurs droits fondamentaux.
 
Estimant que l'état de santé de Naâma Asfari suscite une vive inquiétude, la famille tient les autorités marocaines pour pleinement responsables de sa sécurité et de son intégrité physique. Elle appelle les Nations unies et les organisations internationales de défense des droits humains à intervenir d'urgence afin de garantir sa protection, d'assurer la transparence sur son état de santé et de veiller à l'exécution des décisions onusiennes le concernant, ainsi que celles relatives aux autres détenus du groupe de Gdeim Izik.
 
Rasha Selmi