Le secrétaire général de la Ligue des oulémas, prêcheurs et imams des pays du Sahel (LOPIS) Lakhmissi Bezzaz, a considéré que « la visite du Pape Léon XIV en Algérie est intervenue à un moment géopolitique d’une grande importance », affirmant que « cette visite a suscité un large intérêt en raison des messages et des significations qu’elle porte, dépassant le simple cadre protocolaire pour atteindre des dimensions humaines et civilisationnelles profondes. »
Le Dr Lakhmissi a indiqué, lors de son intervention ce mercredi dans l’émission « « L’invité de la matinale » de la chaîne 1 de la Radio algérienne, que « cette visite reflète la place qu’occupe désormais l’Algérie sur la scène internationale, en tant que pont de rencontre entre les deux rives de la mer Méditerranée et tribune active pour la promotion des valeurs humaines communes. »
Il a précisé que les déclarations du pape porte-parole du Vatican à la veille de la visite, affirmant que le Pape s’adressera au monde islamique depuis l’Algérie, « portent une forte signification quant au rôle central que joue désormais le pays, non seulement dans son environnement régional, mais aussi dans les espaces euro-méditerranéen et africain. L’Algérie y apparaît comme le cœur de l’Afrique du Nord et un pilier de l’équilibre et de la stabilité. »
Il a ajouté que le choix de « l’Algérie comme première étape de la tournée africaine du Pape n’est pas fortuite », mais « reflète la conscience de son poids historique et politique, ainsi que de sa stabilité, ce qui en fait un terrain propice au lancement de projets favorisant le dialogue et la diffusion des valeurs de paix et de réconciliation, notamment sur un continent qui compte près de 20 % des fidèles catholiques. »
Le Dr Lakhmissi a également souligné que « le succès de l’Algérie dans la présentation d’un modèle de société cohérente, préservant son identité culturelle et spirituelle tout en restant ouverte à l’autre, repose sur un riche héritage de valeurs et un patrimoine civilisationnel ancien, enraciné profondément dans l’histoire, loin de toute vision réduisant l’État à une création récente. »
La référence religieuse nationale modérée, source d’admiration et d’inspiration
L’invité de la Chaîne 1 a également mis en avant que « cette diversité se manifeste dans la symbolique historique de la civilisation amazighe, ainsi que dans la pluralité religieuse, dans le cadre d’une référence nationale marquée par la modération et l’équilibre, fondée sur le rite sunnite malékite, ce qui renforce la culture de coexistence et d’ouverture. »
Il s’est également attardé sur la dimension symbolique de la visite, qui a été l’occasion d’évoquer des figures historiques d’influence mondiale, telles que saint Augustin, représentant une profondeur civilisationnelle commune entre les deux rives, ainsi que l’Émir Abdelkader, devenu un symbole universel de tolérance, notamment après son célèbre geste en 1860 lorsqu’il protégea des milliers de chrétiens au Levant.
Le modèle algérien de réconciliation et de concorde est applicable dans la région du Sahel africain
Concernant la situation dans la région du Sahel africain, le Dr Lakhmissi a indiqué que « les conflits que connaissent certains pays sont en partie dus à une mauvaise instrumentalisation de facteurs qui devraient constituer des sources de richesse et de diversité, comme la religion, parfois exploitée pour attiser les divisions. »
Il a estimé que la visite du Pape en Algérie porte un message clair : la religion peut être un facteur de stabilité et de paix, et non l’inverse ». Il a cité en exemple « le modèle algérien, qui combine une majorité musulmane avec un respect effectif de la liberté de culte, garantissant aux non-musulmans la pratique de leurs rites dans un climat de sécurité et de sérénité. »
En conclusion, l’intervenant a affirmé que « l’Algérie adresse, à travers cette visite, un message fort de tolérance religieuse à destination du continent africain, soulignant sa capacité à contribuer à l’ancrage d’une culture de dialogue et de coexistence dans la région du Sahel, loin des discours de haine et de confrontation, vers des horizons plus larges de compréhension et d’intégration. »
Source: Radio algérienne