Dr. Benali
«L’histoire se répète toujours deux fois: la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce». Mais avec le Makhzen «L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie».
Décidément, le mois de Septembre et Octobre, qui suit, semblent être les mois sacrés de la trahison chez « El-mamlakah Esharifa », comme si le début de l’automne obéissait à un rituel immuable : les feuilles tombent mettant à nu ce que le feuillage avait si longtemps dissimulé. Mais comme on dit souvent « Si tu n’as pas de pudeur, fais ce que tu veux » ( إن لم تستحي فافعل ما شئت ).
La trahison et la traîtrise sont devenues un véritable sport national chez le Makhzen, exercées aussi bien à l’encontre de ses adversaires que de ses propres alliés. Cette pratique pernicieuse, révélatrice d’un opportunisme politique récurrent, se manifeste notamment à travers les éléments suivants (sans ordre chronologique) :
1- Septembre 1956 : Le montage de l’opération du détournement de l’avion (hijacking) et du kidnapping des cinq dirigeants du FLN (Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf) : Cet événement historique n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une opération clandestine minutieusement planifiée par l’antenne de Rabat des services de renseignement français (SDECE) avec le concours de complicités et de trahisons au sein de l’entourage du makhzen.
Le 22 octobre 1956, le sultan Mohamed V et les cinq dirigeants du FLN devaient initialement se rendre ensemble à Tunis pour un sommet trilatéral avec le président tunisien Bourguiba. Pour des « raisons inconnues », les dirigeants du FLN sont finalement montés seuls à bord d’un appareil civil de la compagnie Air- Atlas.
Au moment de leur départ de Rabat, ils ont été salués par le prince héritier, Hassan II, aux côtés du capitaine Jean-Marie Offel de Villaucourt, un officier de liaison français, chargé des déplacements sensibles de la couronne marocaine. Cet officier, un ancien serviteur du palais, avait d’ailleurs accompagné Mohamed V lors de son exil à Madagascar.
Tout était parfaitement orchestré pour le kidnapping : les cinq héros du FLN devaient initialement prendre le même avion que Mohammed V, mais… ; le capitaine français était présent à leur départ ; le commandant de bord de l’avion (DC-3), René Édouard, était un français ; enfin, l’avion, bien que portant le drapeau marocain, était immatriculé en France. Selon le droit international, l’avion dépendait donc juridiquement de la souveraineté française, offrant un prétexte légal pour son interception par l’armée française.
Et comme la trahison, la traitrise et la perfidie sont une marque déposée au Maroc, le makhzen, après avoir participé dans l’arrestation des cinq leaders du FLN, avait permis à la France, suite à des accords bilatéraux, de conserver l’usage des bases aériennes contre les troupes de l’ALN. Parmi les bases qui illustraient parfaitement la complémentarité du soutien logistique français depuis le territoire marocain, on trouve :
-
La Base École 707 de Marrakech (BE 707) :
Cette base fournissait la compétence humaine, les avions et l’entrainement au largage des « bidons spéciaux » (Napalm) avant d’être immédiatement projetés sur le théâtre algérien pour bombarder les positions de l’ALN et les villages.
-
La Base Aérienne 153 d’Oujda M :
Située à proximité immédiate de la frontière algérienne, cette base était une plaque tournante pour surveiller et intercepter les incursions et frapper les troupes de l’ALN le long de la frontière algéro-marocaine.
-
La Base Aérienne 155 de Casablanca-Cazess :
Servant principalement de hubs logistiques et de transport, cette base assurait le transit des troupes, le ravitaillement technique des flottes aériennes engagées en Algérie et la maintenance lourde des appareils avant leur déploiement vers les aérodromes opérationnels d’Algérie.
2- Septembre 1963 : L’incursion des forces armées marocaines en territoire algérien : Alors que les institutions et l’appareil militaire étaient encore en cours de consolidation juste après le recouvrement de la souveraineté de l’Algérie, Hassan II, invoquant des revendications territoriales présentées comme relevant de la souveraineté marocaine et s’inscrivant dans la logique expansionniste du projet du « Grand Maroc » de Allal El-Fassi de 1956, ordonna à ses troupes d’entreprendre une progression en direction de Béchar et de Tindouf. Le Makhzen semblait miser sur le vide sécuritaire qu’aurait pu laisser le retrait des forces françaises, sous-estimant toutefois la capacité de réaction de l’Algérie.
Contrairement à ces prévisions, l’Armée nationale populaire (ANP), héritière de l’Armée de libération nationale (ALN), était présente dans la région et entendait s’opposer à toute tentative de modification des frontières.
Le 8 octobre 1963, la confrontation prit une tournure plus grave avec les affrontements autour du poste de Hassi Beïda, situé dans la région de Béchar, qui devint l’un des principaux foyers de l’escalade militaire. Pour l’Algérie, la confrontation dépassait la seule question du contrôle de territoires contestés. Elle mettait directement à l’épreuve la souveraineté d’un Etat indépendant, dont les frontières étaient désormais défendues au nom de l’intégrité territoriale et du principe d’intangibilité des frontières.
A rappeler que durant le référendum d’autodétermination algérien du 1er juillet 1962, des membres du parti Estiqlal de Allal El-Fassi ont infiltré la région de Tindouf pour demander, sous la menace, les habitants à dénoncer leur appartenance à l’Algérie. Mais lors du référendum, les habitants de la région ont voté massivement « Oui à l'indépendance » ; ce qui avait mis fin aux rêves du makhzen
3- En septembre 1965 : En 1965, Hassan II a transmis à l’entité sioniste les enregistrements des discussions secrètes d’un sommet arabe crucial tenu du 13 au 17 septembre 1965 à Casablanca, entre les dirigeants arabes où ils discutaient de leur préparation à la guerre contre l’entité sioniste. Ces renseignements avaient pesé lourd dans l’évaluation des rapports de force précédant la guerre des Six Jours en 1967.
Le déroulement de cette collaboration ou traitrise marocaine s’est orchestré dans une opération baptisée « Opération Oiseaux » (ou Tsiporim = ציפורים en hébreu). Avec le soutien technique des services israéliens, le Mossad et le Shin Bet, cette opération, menée sous la direction de Hassan II et de ses hauts responsables sécuritaires, consistait à enregistrer secrètement l’ensemble des débats à huis clos des dirigeants arabes pour en fournir l’accès aux services de renseignement israéliens.
Les informations stratégiques contenus dans des bandes audio et enregistrements ont été capitales aux forces israéliennes qui ont lancé l’attaque préventive du 5 juin 1967.
En contrepartie de cette aide, le Mossad a fourni au Maroc des technologies sécuritaires et a assisté logistiquement les services français et marocains dans l’enlèvement de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka, le 29 octobre 1965 à Paris, son assassinat la nuit du 2 au 3 novembre 1965 et la disparition de son corps, soit à peine un mois après le sommet.
Servilité oblige, le Maroc, contrairement aux pays arabes n’a pas participé aux combats de juin 1967 avec des forces militaires. Mais, il a envoyé au Golan syrien lors de la guerre de 1973 un bataillon d’infanterie et une unité blindée que Hassan II considérées comme menace pour sa personne
4- Septembre 2026, l’entité sioniste et le makhzen ont annoncé le 16 septembre 2026 leur accord pour élever leurs missions diplomatiques respectives au rang d’ambassades. Cet évènement ne peut pas être considéré comme une surprise, car il s’inscrit dans la continuité des accords d’Abraham signés le 12 décembre 2020, rétablissant des liens officiels via des bureaux de liaison.
En réalité cela, ne peut être qu’une officialisation d’une liaison artificieuse qui a duré pendant des décennies entre l’entité israélienne et une autre se prétendant musulmane mais sionisée et dirigée par une personne se prénommant « amir el-mou’minine ». Peut-être que « amir el-moudminine » lui collerait bien.
Même sionisé et valet régional, le makhzen n’a pas échappé au mensonge et à la tromperie israélienne, car il a été esté en justice pour réparation et indemnisation de juifs marocains ayant rejoint l’entité israélienne.
5- En effet, c’est en 2019 qu’une initiative politique et gouvernementale relative à l’indemnisation des juifs des sept pays arabe (le Maroc, l’Irak, la Syrie, l’Egypte, le Yémen la Tunisie, la Libye) et l’Iran ayant rejoint l’entité sioniste, a été portée par la ministre Gila Gamliel, en collaboration avec le Conseil de sécurité nationale israélien, sous le gouvernement de Benyamin Netanyahou. Ce dernier avait déjà commencé à réclamer réparation, en 2014, en application à la Loi sur la préservation des droits à l’indemnisation des réfugiés juifs des pays arabes et d'Iran (Law for Preservation of the Rights to Compensation of Jewish Refugees from Arab Countries and Iran), adoptée par la Knesset le 22 février 2010.
L’adoption d’un tel texte visait :
-
D’une part, à obtenir réparation pour les biens et propriétés abandonnés par les communautés juives ayant quitté les pays arabes après la création de l’entité sioniste en 1948, et d’autre part, à annuler les appels au droit de retour des réfugiés palestiniens et à l’indemnisation dont les palestiniens ont été victimes, et dont le montant a été évalué par l’Autorité palestinienne à environ de 100 milliards de dollars.
-
A ne pas signer un accord de paix ou règlement politique au Moyen-Orient sans que la question de l’indemnisation des biens et avoirs des réfugiés juifs des pays arabes et l’Iran, estimés à environ 250 milliards de dollars, ne soit officiellement incluse et garantie dans les négociations.
L’Algérie, n’a pas été citée par cette initiative pour des considérations liées au décret Crémieux du 24 octobre 1870.
Concernant le Maroc, et outre la demande d’indemnisation, un audit international avait listé les propriétés, les terrains et les avoirs financiers abandonnés ou vendus à la hâte par la communauté juive marocaine, dans les années soixante, que le gouvernement israélien n’a pas rendu publics pour que le « projet ne perde de sa visibilité politique ».
Le Maroc, contrairement à d’autres pays du monde arabe, n’a jamais promulgué de loi de confiscation générale des biens des juifs ayant rejoint l’entité sioniste ou de déchéance de nationalité contre sa communauté juive. C’est ainsi que le départ de dizaines de milliers de juifs en direction de l’entité sioniste a créé des situations juridiques complexes qui évoluent aujourd’hui de la manière la plus délicate . L’afflux de requérants israéliens ces derniers temps, en tant que marocains, venus récupérer leurs biens ou celui de leurs ascendants a ouvert une boîte de Pandore judiciaire qui se heurte à une tragédie humaine sur le terrain, dont l’éviction des familles marocaines qui ont habité, entretenu ou acheté ces espaces au fil des générations, et qui se voient aujourd’hui spoliées ou expropriées et jetées à la rue.
6- Qui sont ces requérants ? Il s’agit d’une composante marocaine de confession juive qui a rejoint l’entité sioniste avec la complicité du makhzen, pour soutenir la « stratégie démographique israélienne » visant la captation de la main-d’œuvre et d’un poids démographique dont les dirigeants israéliens avaient impérativement besoin pour occuper l’espace et consolider la stratégie territoriale.
L’Aliyah, ou l’exode à partir du Maroc, s’est fait en quatre vagues de 1948 à 2016, concernant les 274 180 personnes. Mais sur le plan de la filiation et de la descendance, l’impact de cette émigration est massif. La communauté maroco-israélienne représente aujourd’hui environ un million de personnes, ce qui fait d’elle la deuxième plus grande communauté juive de l’entité sioniste par pays d’origine, soit 10 % de la population totale du pays.
Le Maroc demeure aussi le premier pays au sein du monde arabo-musulman à avoir alimenté la démographie israélienne.
Si l’exode a été justifié par « certains », le point noir de cet événement reste « l’opération Yakhin », entamée suite à un accord secret entre le makhzen, des représentants du Mossad et l’organisation Hebrew sheltering and Immigrant Aid Society (HIAS) en 1961, juste après l’intronisation de Hassan II au mois de mars de la même année.
Cet accord secret entache l’histoire de la monarchie d’un déshonneur profond. En acceptant de monnayer, per capita, le départ de ses sujets juifs contre des compensations financières et sécuritaires, Hassan II a affiché déjà sa position sur la question palestinienne puisque le Mossad, déjà présent au Maroc depuis 1950, est devenu le conseiller de l’ombre des services de renseignement marocains naissants et partenaire sécuritaire stratégique de la monarchie marocaine.
Selon Yigal Bin Nun, historien, chercheur et universitaire israélien d’origine marocaine, l’opération de l’évacuation des Juifs du Maroc se négocia à « un prix par personne ». Au début de l’opération, c’était entre 50 et 100 dollars per capita, mais dès que la demande s’éleva, le prix passa de 200 puis 250 dollars par têtes.
Pour montrer leur bonne volonté, les israéliens ont versé un acompte initial de 500 000 dollars, suivi de versements réguliers directement transférés sur un compte personnel de Hassan II en Suisse.
En général, le cout de l’opération Yakhin a été évalué à 50 millions répartis comme suit :
-
19 150 000 dollars, constituants selon Yigal Bin-Nun la somme contractuelle brute des 97 005 juifs ayant quitté le Maroc, versée au compte personnel de Hassan II en Suisse.
-
30 millions de dollars, représentants les frais annexes pour le bon déroulement de l’opération, comme les pots-de-vin et gratifications financières versés à des fonctionnaires proches du palais et commissions versées à des personnalités locales possédant des intérêts dans le secteur des transports.
Enfin la communauté juive d’origine et sa descendance, représentant une force électorale majeure, vote pour les partis politiques de la droite et l’extrême droite comme le Likoud et le Shas.
Malgré son soutien à la droite pour se positionner sur la scène politique interne, elle est confrontée, en tant que Séfarade ou Mizrahie, à une discrimination flagrante et racisme de la part d’une grande partie de l’establishment israélien et en premier par Netanyahou et son entourage composée d’Ashkénaze-Khazar.
A titre illustratif, presque la majorité des juifs d’origine marocaine est indiquée de « matériel humain de second choix », « marocains attardés », « babouin » et « marocain attardé ».
7- Septembre 2015 : La question libyenne : Au moment où l’Algérie cherchait à maintenir la stabilité de la Libye en appelant à une solution politique inclusive, ouverte à toutes les composantes de la société libyenne, sans ingérence étrangère, sans militarisation du conflit et sans prédominance d’une faction militaire sur une autre, une intrigue se préparait à Skhirat durant le mois de septembre 2015 et dont les acteurs sont le makhzen, Tag3ane (Mohamed Ben Zayed) et Bernardino Léon l’émissaire de l’ONU pour la Libye qui avait dirigé les travaux des rencontres du 13 et 21 septembre 2015.
Si les relations maroco-émiraties, deux Etats sionisés, s’inscrivent dans une proximité politique ancienne, illustrée notamment par la participation de Mohammed ben Zayed à la Marche verte de novembre 1975, dans le contexte de l’occupation du Sahara occidental, les relations entre Bernardino Léon et les autorités émiraties soulèvent une tout autre question, celle de l’intérêt financier personnel. Le Représentant spécial et Chef de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye, Léon, a été gratifié à la fin par Abou Dhabi au poste de président de l’Académie Diplomatique des Emirats Arabes Unis fin 2015, assorti d’une rémunération de 50 000 dollars par mois.
Il n’est pas exclu que Léon connait aussi les dessous de l’affaire des 50 milliards des fonds libyens transférés aux Emirates. Il a été en Libye au moment de cette affaire et entretenait de très relations étroites avec Aref Nayed, alors ambassadeur de Libye aux Emirats, tel que mentionné dans le courriel confidentiel publié par le quotidien britannique « The Gardien ».
8- Septembre 2026 : Ce mois marque l’offensive d’une alliance arabe sionisée engagée dans une campagne agressive contre l’Algérie. Alors qu’Alger venait d’annoncer officiellement, le 10 septembre 2026, la rupture de ses relations diplomatiques avec les Emirats, le makhzen, membre de cette alliance a immédiatement répliqué par le biais d’une violente campagne médiatique menée par des organes de presse marocains, ouvertement soudoyés et soumis aux directives des Abou Dhabi.
Au sein de cette coalition hostile, la famille Haftar s’implique et prend une direction claire en poursuivant un agenda géopolitique précis visant à enclaver et isoler l’Algérie. Cette alliance adopte une posture de plus en plus radicale à l’égard d'Alger, comme en témoigne sa participation active aux discussions multilatérales tenues à Abou Dhabi le 27 septembre 2026. Ces tractations ont directement réuni Netanyahou et les représentants de dix pays arabes, incluant un émissaire du makhzen, Yassine Mansouri, ainsi que Saddam Haftar, agissant en qualité de légat de son père depuis Benghazi.
Il n’est pas exclu que Saddam ait été aussi rappelé à l’ordre par Netanyahou par crainte qu’il ne signe le mémorandum d’entente libyo-turc sur la délimitation des zones de juridiction maritime en Méditerranée orientale, signé, à Istanbul le 27 novembre 2019 avec Tripoli.
Depuis que Haftar et ses fils ont entamé un réexamen et un rapprochement vis-à-vis de l’accord maritime de 2019 avec la Turquie, l’entité sioniste perçoit cela comme une menace directe pour la sécurité de ses projets énergétiques en Méditerranée orientale, notamment le projet de gazoduc EastMed, reliant l’entité sioniste à l'Europe.
Il est très clair que ces développements interviennent directement après l’éviction du président de longue date du Parlement libyen, Aguila Saleh, et l’élection d’Al-Saliheen Abdul-Nabi, qui occupait auparavant le poste de président de la commission d’amitié parlementaire libyo-turque.
En Octobre 2026 se concrétise cette tentative d’encerclement de l’Algérie avec la visite de Khaled Haftar au Maroc, du 11 au 15 octobre. Si l’objet officiellement annoncé par Rabat et Benghazi met en avant une coopération militaire classique et la formation des cadres, les coulisses de ce déplacement révèlent des visées géopolitiques bien plus agressives. Selon eux, ce rapprochement militaire permet au makhzen de consolider l’axe de pressions dirigé contre Alger.
Cet assaut diplomatique s’est immédiatement prolongé sur le terrain du soft power économique avec la visite de Belkacem Haftar à Rabat, le 17 octobre 2026. Reçu par le ministre marocain des Affaires étrangères, Bourita, le directeur du Fonds libyen de reconstruction, Belkacem, apporte la déclinaison financière de cette même stratégie anti-algérienne. En étendant ses investissements et ses grands travaux dans la région stratégique du Fezzan (Sud-Libyen), Belkacem Haftar utilise l’arme économique pour verrouiller la frontière algérienne sous la supervision des capitaux d’Abou Dhabi. Cette parade politico-financière confirme l’imbrication des intérêts du makhzen et des réseaux émirato-sionistes, déterminés à instrumentaliser toutes les branches de la famille Haftar pour asphyxier l’Algérie.
Cependant, cette rencontre Bourita-Belkacem provoque de sérieuses secousses régionales en étant très mal perçue par l’Egypte. Le Caire redoute d’être exclu du programme de reconstruction de l’Est libyen, qu’il considérait comme sa chasse gardée, et y voit une offense diplomatique flagrante du Maroc.
Et pour sceller ce jeu perfide, Mansouri, chef du renseignement extérieur marocain, s’est rendu, le 22 Octobre 2026, en Libye où il s’est entretenu avec Saddam Haftar, certainement pour une action contre l’Algérie, conformément aux orientations et objectifs d’Abou Dhabi visant à contrer toute coopération renforcée entre Alger et Niamey, qualifiée d’« axe anti-Emirats » au Sahel par des régimes arabes sionisés.
Cette parade militaro- financière confirme l’imbrication des intérêts du makhzen et des réseaux émirato-sionistes, déterminés à instrumentaliser toutes les branches de la famille Haftar pour asphyxier l’Algérie. Cet agenda visant à isoler l’Algérie s’étend désormais au Sahel à travers l’instrumentalisation, par l’axe Emirats-Haftar, de l’opposition armé nigérienne (le MPLJ de Moussa Kounaï et FPL de Mahmoud Sallah) pour contrer l’influence d’Alger au Niger, une manœuvre de déstabilisation qui intervient en réaction directe aux récents succès diplomatiques algériens, marqués notamment par la signature d’un accord militaire stratégique avec le Niger ainsi que la relance effective des relations bilatérales avec le Mali.
Dans le même cadre de cette parade, le makhzen sera appelé à créer un MUJAO-bis pour saboter le projet gazier, en rappelant les anciens du MUJAO, évoluant actuellement au sein de l’EIGS.
Dans cette stratégie dirigée contre l’Algérie, la triade ainsi constituée par les accords d’Abraham projette d’utiliser la famille Haftar, et plus particulièrement Saddam. Ce dernier entend préserver les acquis de son clan dans la région Est de la Libye, en contrepartie d’un soutien des Emirats arabes unis, de Washington, de l’entité sioniste et potentiellement du makhzen, afin d’appuyer sa future candidature à la présidence libyenne si le processus électoral en Libye se débloquera.
Pour atteindre leurs objectifs et s’assurer de précieux appuis stratégiques, le makhzen et le clan Haftar se montrent disposés à exécuter l’agenda global des Emirats dans la région, en contrepartie d’un soutien multiforme. A titre d’illustration, Abou Dhabi s’est déjà massivement investi aux côtés de ses partenaires en finançant et en fournissant le logiciel espion Pegasus au makhzen, tout en garantissant un appui militaire massif et continu au clan Haftar via la livraison d’armements sophistiqués et de systèmes de défense. Sur le plan diplomatique, cet engagement émirati s’est également traduit par la reconnaissance officielle de la souveraineté marocaine Sahara occidental.
Le soutien multiforme émirati n’était pas gratuit, mais avec des concessions :
-
Le clan Haftar a déjà accordé un territoire pour la construction de base aérienne d’al-Khadim.
-
Le makhzen a octroyé à Abou Dhabi les droits d’exploitation foncière sur une superficie massive de plus de 553 000 hectares dans la région de Dakhla (Sahara occidental) dans le cadre d’un partenariat industriel.
Enfin, je me limite à cela, pour revenir dans une deuxième partie et éponger la sueur.
Et comme toujours, « Si la trahison devient la vertu des aliénés, la traîtrise gangrène le cénacle et le vice se propage, l’amputation s’impose »